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 Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18

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MessageSujet: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mar 16 Aoû - 20:02


Ladislav Faust Basarab
Hasta Siempre



Nom, Prénom(s) : Basarab, Ladislav Faust.
Âge : Plusieurs siècles.
Date & Lieu de naissance : Un certain jour d'une certaine année en Transylvanie.
Conte : Faust et Dracula.
Personnage : Faust, Méphistophélès et Dracula.
Orientation & Statut : Hétérosexuelle et célibataire polygame.
Groupe : Les écrivains.
Un camp en particulier : Celui des touristes.
Pouvoirs :
- Immortalité : Bloqué dans sa jeunesse, incapable de mourir, le temps n'a donc aucun effet sur lui. Ses cellules ne sont pas humaines, il est déjà mort, ainsi son corps se régénère et c'est de là que vient son insatiable envie de sang. Il a besoin de sang pour accélérer le processus mais ses cellules feront le travail quoiqu'il arrive. Malgré tout son corps est sensible à la chaleur diurne, il ne meurt pas à la moindre lueur mais son être commence à prendre feu dès qu'il s'expose au Soleil. Dès lors, il lui suffit de rester à l'ombre bien que la journée lui donne des nausées et autres inconvénients. Bien évidemment, lui couper la tête le tue et la seule légende qui marche sur lui est le pieu dans le coeur. Le reste, c'est de son invention suite à son ennui.

- Transformation d'autrui : En mélangeant son sang à celui d'une de ses victimes, il peut transformer cette dernière en vampire. Le processus prend plusieurs mois, variant de 3-4 mois à 1 an. Il garde une connexion forte avec ses goules, un certain contrôle psychologique basé sur une sorte d'attraction inévitable. Le processus est effroyable, incroyablement douloureux et rares sont les personnes qui y survivent.

- Physique surhumain : Il n'est pas humain, relevant plus d'un animal prédateur qu'autre chose, ses sens sont donc plus développés. Sa vitesse, sa force, son aura, tout est différent, plus accentué et allant donc vers le ressenti qu'on pourrait avoir face à un prédateur.

- Sans obstacle : Il est capable de marcher sur les murs et le plafond. Il lui faut cela dit un support, ne pouvant léviter dans l'air comme si de rien n'était.

-

FEAT JOSEPH GILGUN



Que penses-tu de la politique actuelle des choses ?
Es-tu au moins au courant de ce qui se trame ?
Je viens d'arriver, vomissant les restes d'un repas dégueulasse et tombant sur un drôle de type tenant son bébé dans un bras, sa chèvre naine dans l'autre. Je lui ai posé la question, il m'a ramené chez lui, un peu parce que je le suivais aussi et là, avec ce qui semblait être son épousée, il m'ont dit :
« Je vais t’expliquer, c’est simple. Il était une fois une vieille et méchan-… elle est vieille ? "
" Sûrement ! " répondit son acolyte blonde.
" Bon méchante sorcière, trop triste et jalouse bouhouhou ! Oh et si je faisais une malédiction ! Et BAM une malédiction et tout les gens qui sont dans les livres ils sont ici. "
" Mais tout le monde la connait c’t’histoire… "
" Mais pas lui ! Tu vas te taire un peu ! Merde ! Je disais quoi ? Une malédiction. Donc ils vivent la même journée pendant 28 ans ! et là, y’a le shérif qui voulait être shérif à la place du shérif ! Elle fait des trucs de super-héros et là tout s’arrange ou presque. Bon en fait on s’en fou. C’est ce qui se passe maintenant qui est énorme ! En gros, maintenant les lapins d’Alice tu sais, bah ils boivent plus le thé. Non, maintenant, ils gardent des portes. Les portails tu sais ? Entre les deux mondes. Enfin c’est ce qu’on dit ! Sauf que y’en a qui apparaissent comme ça et partout. Genre ça te préviens pas ! Des portails ! Alors ouesh, ils gardent, ils gardent ! bof bof ! Mais bon officiellement c’est ça. En plus, y’a des trucs horribles qui en sortent. Des monstres énoooormes ! Donc y’a eu des conflits dans l’autre monde et Alice à volé une bouteille. Regina elle était en colère, elle s’est énervé sur Robin. Et la vieille Granny à arrêter ses chaussons aux pommes ! Ils étaient trop bons ses chaussons aux pommes. "
" Mais non, c’est pas comme ça que ça s’est passé. Tu mélanges tout ! Et qu’est-ce que cette bouteille vient faire dans cette histoire ? " se leva t-elle subitement, en appuyant son étonnement de geste de la main.
" Moi j’aurais plutôt demandé ce que ces chaussons aux pommes font dans cette histoire. Ça ! Ça n’a aucun sens ! " répliqua le bouclé.
" Bref ! Et pourquoi qu’on doit lui parler de tout ça ? "
" Parce qu’il ne sait rien. C’est mon ami. C’est moi qui l’ai trouvé ! Dans la rue ! Il est à moi, je l’ai vu en premier. Alors, les conflits de l’autre monde, tu les connais toi ? Laisse moi t’expliquer. Attends, qu’est-ce que c’était déjà. Y’a le mec sans bras avec ses dragons qui fait la guerre à Cora, la reine de je sais plus quoi. C’est la mère de la méchante reine jalouse… Sorcière ? Reine ? Bref, Régineuh ! Puis y’aurais le peuple des poissons qui eux voulaient pas finir en sushi, alors ils se sont défendus. Et BAM première guerre mondiale chez vous. Mais en vrai, y’a eu une nouvelle menace, et ceux qui se détestaient, bah… Ils se retrouvent avec le même ennemi commun. Suspense ! Vont-ils finir par se serrer les coudes ? La suite au prochain épisode. Et donc bizarrement, y’a des portails qui apparaissent et des vieux chelous sur une charrette qui t’amène dans des château en ruine alors que tu demandes l’Olympe. Personne ne sait d’où ça vient. Mais moi ce que j’en pense, et ce que j’ai pu entendre de mon oreille réelle dans votre monde imaginaire, c’est que ça coïncide avec ces nouvelles menaces ! Ou alors c’est depuis que les Lapins s’occupent officiellement du portail. Je pencherais plus sur un complot des lapins. Ils doivent être syndiqués les bâtards. »

Dès lors, à la suite de cette explication, tout devenait étrangement moins clair et limpide qu'au départ. Des noms que je ne connaissais pas survenaient de nulle part, des situations étrangères se plaçaient dans une intrigue absurde et je me retrouvais à acquiescer chacun de leurs mots sans vraiment comprendre ce qu'il m'arrivait. Pourtant concentré, je commençais à regretter mes siècles enfermés dans mon château, n'ayant aucun indice sur cette malédiction. Tout ce que je savais, c'était que j'avais senti Mina, quelque part, encore en lutte contre mon emprise. Les quelques détails que j'arrivais à comprendre étaient que ce monde comme l'autre s'était retrouvé bloqué dans une toute petite période de 28 ans. Que pour si peu, des gens chouinaient comme des gamins et qu'ils voulaient se venger d'une certaine sorcière, vieille ou non ça je ne le savais toujours pas. Inapte à savoir ce que pouvait bien être un shérif ici, j'avais simplement abandonné toutes les références qui ne faisaient écho à rien de semblable à mes connaissances. Gardant en mémoire alors que ce monde était étranger au mien, reconnaissant les lapins entre le premier qui ne comprenait rien et le deuxième que j'avais violemment éjecté dans ma fuite pour vomir, je réalisais doucement que j'étais dans une toute autre époque. En pleine crise et au devant de jeu politique sans grand intérêt, je me retrouvais perdu et confus dans un monde capable de détruire mon ennui. Je souriais un peu, satisfait du bordel dans lequel je m'étais fourré, heureux même de voir un peu de distraction animer mon cadavre. Je reconnaissais alors en ces deux autochtones, deux compères utiles et agréables, bien tombé, je me laissais embarquer dans mes douces pensées d'avenir. L'éternité se ravivait d'un battement de coeur presque audible. C'est alors dans un flou total que je me cramponnais aux quelques informations que j'en avais retiré, je terminais de quelques mot, poliment.
" Est-ce que l'on pourrait reprendre depuis le début s'il-vous-plaît ? "

Remerciement:
 


Anecdotes & Caractère

Sombre Provocateur Dangereux Toqué Puissant Mégalomane Éloquent Déluré Lunatique Impulsif Savant Mauvais Violent En totale dualité Absurde Immoral Lubrique Maladroit Charismatique Effrayant Bestial Prédateur Coquin Taquin Mauvais joueur Caractériel Libre Manipulateur Cynique Irrationnel Bavard Ennuyé Las Froid Arrogant Prétentieux Jaloux Possessif Imperturbable Inconscient Insolent Déviant Hors des réalités Insensible Faussement émotif Improbable Capricieux Chaotique Bordélique Vil Malin Machiavélique Malfaisant Moqueur Sadique Paranoïaque Cruel Instable.

Il est amnésique, son premier souvenir est celui de sa transformation. Depuis, il traîne une souffrance monstrueuse qu'il ne peut s'empêcher de répandre à autrui. Assoiffé, en perpétuelle colère, il s'est assagit avec le temps, contrôlant mieux son côté sauvage mais il n'en reste pas moins un vil prédateur impulsif et violent.

Il s'est déjà suicidé de plusieurs façons, n'ayant plus vraiment le contrôle sur sa douleur, c'était des expériences pour combler l'ennui.

Il s'ennui à crever. Il est en constante recherche de distraction, souffrant de son manque d'existence. Alors il se met dans des situations chaotiques pour avoir l'impression de vivre.

En parfaite dualité, il possède un côté sombre, violent, dangereux qui se contraste avec un côté plus simplet, éloquent, charmeur.

Il a développé une angoisse permanente à force d'être persécuté. Allant même jusqu'à des phobies qu'il créé lui-même sur l'occasion précise et qu'il oublie dans la foulée avant de s'en souvenir et d'être sûr et certain d'en être affecté.

C'est un cadavre, il ne ressent rien physiquement, ni le froid, ni la chaleur. Il faut que ce soit visuel, c'est pour ça qu'il pourrait rester au soleil et cramer entièrement s'il avait les yeux bandés.

Il a peur du noir.

Il possède un savoir et une culture assez impressionnante bien qu'il soit spécialisé dans les faits inutiles dont tout le monde se fout.

Il déteste les animaux.

Il préfère le salé au contraire des moustiques.

Il est toujours sous un parapluie, avec des lunettes de soleil pour être toujours à l'ombre. Il porte aussi des grands chapeaux ridicules et des ponchos pour recouvrir sa peau et ne pas cramer aux lueurs du jour.

Il empalait les gens devant son château parce qu'il trouvait que ça ressemblait à des fleurs mangeables. Aimant les fleurs, ça lui paraissait tout à fait logique et appétissant.

Étant un vampire et n'ayant plus d'âme, il est souvent complètement hors des réalités et des normes humaines. Sa morale est totalement différent et sa logique paraît logique que pour lui.

Il a de nombreux TOC.

Il ne connaît rien du monde moderne, n'est pas au courant de tout ce qu'il se passe car il s'y intéresse pas réellement. Il a passé sa vie dans son château, sa seule sortie était pour aller en Angleterre et ne vivant que la nuit, il n'avait pas beaucoup d'interaction si ce n'était le meurtre sauvage et aléatoire.



Pseudo : Dies Iræ.
Prénom : Zadig.
Âge : 6 ans.
Loisirs : Traîner avec des dauphins et diriger mon armée de pingouin.
Crédits de la fiche : Dies Iræ.
Code du règlement : OK by Regina
Que penses-tu de NKL ? : Barbatruc.
Besoin de parrain/marraine ? : Atchoum.



Dernière édition par L. Faust Basarab le Mar 23 Aoû - 0:27, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mar 16 Aoû - 20:02

Merci de prendre en compte le -18 ans signifié dans le titre. Cette fiche comporte des passages qui peuvent choquer, outrer ou heurter la sensibilité d'un public non-averti.




Histoire
Angleterre, XXème siècles.


Alea Jacta Est
" J'ai le plus profond respect du mépris que j'ai des Hommes. " - Pierre Desproges
« Savez-vous pourquoi les Hommes déposent des fleurs sur les pierres tombales ? »

Elle semble sourire à chacun de mes mots. Son regard profond s'éternise parfois dans quelques plissements de concentration. Elle me nargue d'un air hautain avec cet air si familier à la luxure, digne de la richesse, et gravé sur son minois soigneusement pomponné pour l'occasion. Elle n'est pas sotte mais elle a ce visage naïf, ces traits si féminins qui lui avouent un certain charme doux et apaisant. Le genre de charme qui donne aux femmes cette fragilité si commune à leur genre, tellement qu'il nous force, nous êtres masculins, à veiller sur elles, à les protéger. Pourtant elle semblait fière, indépendante, assez blessée par la vie pour résister aux éternels tourments de l'existence. Sa tête bascule pour la négation et elle écoute attentivement la suite.

« Parce que ce sont les pires êtres qui peuplent ce monde. »

Un rictus s'affirme sur mes paroles vomissant de dégoût une vérité acerbe. Soudainement, le silence se forme et la tablée entière est attentive, retenant un souffle Il y a un peu de surprise dans le regard de la jeune demoiselle mais je ne ressens aucune animosité dans le fond de ses pupilles bleues. Elle ne m'en veut pas car elle le sait tout aussi bien que moi. Même si elle s'est toujours mentie pour nourrir quelques rêves utopiques, elle est lucide et bien réaliste sur la nature humaine. Les regards se posent un à un sur moi et toutes les personnes présentes s'arment de mépris. Ils font partie de ces gens, ces gens désagréables qui pourrissent le monde, persuadés de n'être rien d'autre qu'un modèle de vertu. Alors que le silence emprisonne les restes de la bienséance, j'en profite pour continuer le début de ma tirade.

« L'expérience de la mort les touche et soudain ils se rappellent qu'ils ne sont pas immortels. Que l'éternité survivra à leur existence, à celle de leurs gamins et même aux gamins de leurs gamins. La fatalité les capture et ils pleurent. Ils déversent leur tristesse car les jours qu'ils ont connus sont désormais éteints. Leur quotidien se transforme en une souffrance coupable et ils pleurent encore plus jetant l'excuse parfaite de la disparition d'un proche. »

Je m'approche de la table pour y déposer mes coudes et me tenir bien en face de la jeune fille. Elle est la seule captive dans l'oppression car elle ne fait pas partie de ces gens-là. Le monde l'a dévoré et son écoute légitime alors toute la douleur qui pèse sur son âme. Elle aussi elle déteste les autres. Enfermée dans sa jolie bulle, elle se permet de rêver car elle ne souhaite déranger personne. Dans son coin, silencieuse, cachée derrière un livre ou dans l'anonymat d'une foule en mouvement, elle espère voir les signes du destin et poursuit l'idéal de ses fantasmes. Elle se sent libre et même dans la débauche ou la pauvreté, elle trouverait de quoi rire. Car c'est tout ce qui compte non ? Pouvoir rire et être heureux, jouer comme un enfant ou tomber amoureux chaque jours pour vivre le goût d'une éternelle jeunesse. Pourtant sur ce beau tableau elle a vécu les cassures de la réalité. L'échec, la peur, la douleur, elle a vu les âmes humaines en face et l'obscurité l'a tellement effrayé qu'elle s'est convaincue de n'exister que dans une illusion d'optimisme.

« Les Hommes sont des êtres conscients. Ils n'ont aucune excuse pour leur arrogance, leur mépris ou leur fierté. Ils choisissent d'enfermer leurs peurs en eux, ils choisissent la violence. Tout ce qui subsiste autour est une illusion dont ils se servent pour excuser leurs actes car plus que tout autre chose les Hommes sont coupables. Coupables d'orgueil, d'envie, de paresse, de luxure, de gourmandise et de colère. Trouvez-vous ça vraiment cynique ? »

La peuplade a de nouveau retenu un souffle et la plupart se reconnaisse dans chacun des sept pêchés capitaux. Peut-être paniquent-ils un peu, persuadés jusque là d'avoir réussi à cacher leurs véritables natures. Ça ne leur viendrait pas à l'esprit, non, qu'on les démasque si aisément. Trop prétentieux pour croire qu'il existe plus malin, trop mégalomane pour remettre en doute leurs raisonnements soi-disant immuables. Elle sort une cigarette et même si la foule écoute, il n'y a qu'elle qui est visée par la question. Elle fume une première bouffée et elle s'enfonce un peu dans la chaise qui lui a été donné pour le repas, elle s'enfonce dans sa bulle subissant l'exécrable danse de mon éloquence frappée de réalisme.

« Ne serait-ce pas un peu triste si ça ne l'était pas ? »

Timidement, elle sort une réponse effroyablement banale et j''affiche alors un sourire carnassier sur mon visage. Amusé, un peu moqueur et régalé par la réplique utopique de la demoiselle. Un si beau rêve devenu, par les actes et les paroles des Hommes, une naïveté aberrante. Ceux qui pensent encore, ceux qui espèrent encore, qu'un jour l'Homme se repentira de sa nature ne sont alors que des idiots confus dans l'erreur. En un instant, mon regard se noircit, mon visage se détend et le calme froid de mon aura s'installe sur mes traits. Ma voix aussi se pose légèrement dans un ton plus grave, il n'y a plus aucun bruit et elle se demande pourquoi la chaleur de mon affection s'échappe d'entre ses doigts.

« Vous êtes une idiote. »

Elle réalise soudain le jeu. La comédie disparaît et elle se fait frapper par la réalité qui l'emporte à nouveau dans un gouffre abyssal. Tétanisée, elle se rend compte de la supercherie, l'hypocrisie d'un regard coquin, d'un sourire en coin ou d'une parole intéressée. Et mes mots se poursuivent tandis qu'elle tombe un peu plus dans ce vide chaotique qui l'attire indéniablement vers la fatalité de son existence. Elle cherche un soutien à droite, à gauche, autour d'elle, n'importe qui pourvu qu'il soit en armure ou qu'il soit sur un cheval blanc, n'importe qui pourvu qu'il puisse préserver un semblant d'illusion.

« Il n'y aura aucun jugement. Aucune rédemption. Abandonnez vos espoirs et vos rêves que nourrissent vos idoles irréelles. Non, il n'y aura aucun ange pour sauvez vos existences qui gangrènent ce monde. Il n'y aura que le résultat du désespoir que vous avez engrangé, le résidu sombre de vos souffrances les plus absolues. Il n'y aura que moi dans mon absurde vengeance futile. J'emporterai vos âmes, boirai votre sang et je vous maudis pour avoir cru à votre immortalité. »

Ma colère s'arme sur le ton de mes mots qui s'envolent et englobent la totalité de l'assemblée. Leurs regards se sont affolés et ils se sont tous crispés sur la véracité de l'absurde. Mes mains glissent sous la table et je la fais virevolter dans un élan de rage qui laisse tout le monde sans voix. Stupéfaits, ils se taisent et écarquillent leurs yeux dans un effroi de surprise. Les plats, les assiettes, les verres, les couverts, tout décolle et flotte dans les airs et me voilà plongé dans l'impression de voir la scène au ralenti. Je ne sais même plus d'où me vient toute cette colère, toute cette haine, la seule chose dont je me souviens c'est cette douleur inégalable. Je vois la sauce éclater sur les robes, la nourriture tâcher les costumes hors de prix tandis que le fiasco ne fait que commencer. Pour le moment, il n'y a que l'impolitesse qui marque l'instant, et quand vient cet effroyable silence après le trépas des bruits fracassés, la tempête arrache la vie d'un seul mouvement. À peine a-t-il ouvert la bouche pour se trémousser et se complaire dans une plainte virile qu'il pensait immuable que mes mains viennent se serrer contre sa gorge. La foule retient son souffle tandis qu'il perd le sien dans le creux de ma force qui lui ôte la vie sans une once d'hésitation, seulement un rictus de dégoût accroché à mes lèvres. Ébahie, l'assemblée se disperse dans la peur mais personne n'échappe au courroux d'une vengeance qui n'a nul autre but que l'extrême violence pure et gratuite. Une fois le maître de maison gisant au sol dans sa propre bave, je plante à plusieurs reprises le ventre de sa jeune fille à l'aide d'une fourchette, la laissant choir à genou dans l'écoulement de son sang. J'attaque ensuite les invités, malheureux riches bonshommes et bonnes femmes qui se trouvent être des pauvres dommages collatéraux à l'incommensurable haine me submergeant. D'un coup de crocs acérés je décroche la trachée de la jolie brune avant de frapper sur la jambe de son mari. L'os à vif, le craquement rompt les hurlements d'effrois qui règnent, personne n'aide personne, ils ne fuient pas, leurs destinées s'arrêtent ici car ils savent tous qu'il n'existe plus aucune issue. Nulle pirouette pour les sortir indemne, nulle corruption pour les sauver. Ils font face à leurs propres vices, et ils hurlent, impuissants, se laissant crever bien conscients que c'est tout ce qu'ils méritent. Mes yeux se posent enfin sur la jeune demoiselle, seule survivante de ce festin, le sang de ces semblables humains coulant encore sur mes lèvres, peignant le bas de mon visage dans cette couleur pourpre si significative.

« Ah oui. Alors ? Vous savez ? Pourquoi les Hommes déposent des fleurs sur les pierres tombales ? »

Paniquée, elle ne peut pas répondre et mes pas s'approchent doucement d'elle. Je la regarde fixement et un sourire urbain s'affiche sur mon visage. Gentil, doux, calme, je lui tendais ma main comme si je m'approchais pour la sauver, comme si je débarquais sur mon cheval blanc et mon armure brillante. Comme si l'illusion du rêve était encore possible.

« Lorsqu'ils ne pleurent plus et qu'ils se rendent compte de cette fatalité, ils prennent conscience de leur nature. Ils rationalisent et se sentent, enfin, coupables. Alors ils commémorent, déposant des fleurs dans l'espoir de laver leurs péchés. Puis ils oublient, souffrent en silence et laissent le temps passer car même si les Hommes déposent des fleurs sur les pierres tombales...
Il n'existe aucun cimetière fleuri. »


J'attrape son bras pour la relever et l'étreindre. Je l'enlace alors que le sang des autres ont tâché mes vêtements. Elle pleure dans mes bras, retenue sans force car elle est bien trop apeurée pour réagir. Il n'existe aucun remède contre la folie, aucune réaction qui fonctionne, et puis ça faisait bien longtemps qu'elle avait abandonné l'idée de vivre vieille et en paix. Je relâche un peu le geste et mes mains capturent la beauté de son visage, elle ferme les yeux et elle est résolue. Une de mes mains dégagent ses cheveux de son cou et je plante mes crocs dans sa peau pour arracher sa carotide et boire l'effusion gargantuesque de son sang qui me recouvre. Elle meurt sur le coup, sans souffrance, juste dans l'absurde et le malheur.
Il n'y aura aucun jugement, aucune rédemption. Non, il n'y aura que le démon en moi qui consume les âmes et maudit les Hommes.





Transylvanie, XVème siècles.

Dies Iræ
" La vie n'est qu'une longue perte de ce qu'on aime. " - Victor Hugo
Mon enfance était-elle heureuse ? Affreuse ? Mes parents étaient-ils bienveillants ? Violents ? Existe-t-il dans ce monde une personne capable de reconnaître mon existence ? De me tenir le visage, les yeux larmoyants et de ne pouvoir énoncer alors qu'un long silence ému par des retrouvailles nostalgiques. Ou alors mon existence est-elle aussi vide que mon âme ? Consumée entièrement par les ténèbres qui dansent allègrement dans les gesticulations de mon être cadavérique. Au final, la futilité de mon passé est balayé par l'unique souvenir qui s'arme sur les images horrifiques de mes cauchemars éveillés. Combien de temps avais-je été enfermé dans cette pièce sombre ? Privé de lumière, affamé et torturé comme un vulgaire déchet qu'on laisserait pourrir sur place. À croire que ma vie ne valait pas la peine d'être sauvegardée, qu'elle ne représentait rien d'autre qu'une menace pour ces hommes aux regards haineux. Et ils étaient nombreux, laissant choir sur moi des yeux assombris par la haine, déclarant une violence absurde sur mon être fragilisé par la faim, la peur et l'agonie. Ils n'offraient rien d'autre qu'une condescendance à son apogée, brisant mes os et faisant couler mon sang avec le même plaisir sadique qu'ils prenaient lorsqu'ils égorgeaient un porc pour leurs festins fastueux. Après tout je n'étais rien d'autre qu'une énième vie perdue entre leurs griffes, rien d'autre qu'un insecte sous l'ombre impétueuse de leur doigt prêt à s'abattre sans hésitation sur moi. Mes yeux s'ouvrent sur le souvenir exécrable de leurs souffles arrogants caressant mes plaies encore vives. J'ai perdu le sommeil depuis ce jour, il s'est envolé avec mon passé, emportant mon âme et ce qui pouvait rester d'une humanité déjà bien abîmée. Que me restait-il alors quand la mort est venue écraser mon être ? La peur ? La douleur ? La haine ? Non. Le désir ardent de répandre sur ce monde un chaos inébranlable.

Dès que je ferme les yeux, le souvenir revient. Il y a d'abord ce néant absurde, ce noir complet qui envahit mon espace. Le temps s'écoule sans que je puisse sentir le sable glisser entre mes doigts, j'ai cette terrible impression de chuter, incapable de sentir la masse de mon corps sur le sol humide. Puis il y a cette vive odeur nauséabonde, mélangeant alors les fluides corporels au sang  qui semble fuir inlassablement de mes blessures. Je suis vivant, je peux sentir l'indicible douleur parcourir la totalité de mon corps inerte, les plaies ouvertes et les os brisés qui arrachent alors ma peau à chaque tentative d'un mouvement vain. Aucune pensée n'agite mon esprit cassé, noyé dans un océan rouge d'un chagrin envahit d'une souffrance constante comme s'il n'existait plus rien autour de moi. Lentement, mes yeux se sont habitués aux éternels visages rieurs, mes membres ne réagissent plus aux tortures perpétuelles et mes mots se sont éteints sur ma mine dépitée et détruite. Plus rien ne devient possible, le rêve s'est échoué sur une réalité qui a dévoilé la nature humaine dans son pire habitacle. Le vêtement de la haine revêtant alors les sourires narquois de ces hommes avides et sauvages. Ne sont-ils que des brutes ? Non, ils ne sont que des Hommes et comme tout être vivant, ils agissent selon leurs instincts. Voilà le résultat de l'existence, la loi du plus fort règne sur la vie des Hommes et rien n'est assez terrible pour ces êtres ambitieux. Bien conscient du mal qu'ils déploient sur ce bas monde, ils sont coupables et pour ça ils méritent alors le châtiment d'un mal bien plus grand.

Plus qu'une simple philosophie, qu'une simple réflexion, c'est une fatalité qui s'ouvre devant moi. Enfin, peut-être n'était-ce qu'une excuse pour trouver un peu de justice à mes tourments, mais c'est devenu bien plus qu'une simple prédiction.

Je crois que j'ai toujours eu cette présence autour de moi. Cette sensation d'oppression qui m'étouffait et qui alimentait alors les affres odieux de mes colères. L'amnésie peut bien effacer les souvenirs, me faire oublier mon passé, mes proches, octroyer le temps qui passe mais elle ne peut rien faire face à ma certitude d'avoir toujours été en colère. Cette amertume dans le fond de ma gorge et cette violence qui bouillonne en moi. Elle ne peut réduire la personne que j'étais, elle ne peut que ralentir le processus de mon destin. Le chaos. Voilà à quoi mon existence est prédestinée, lancée sur les routes sinueuses d'une abominable vengeance sur ces êtres inférieurs. J'ai été choisi, tel l'élu d'une force malveillante qui ne répond qu'à ceux qui ont vu les horreurs de l'humanité. Il n'y a pas d'échappatoire, il n'existe que la fatalité d'embrasser le choix de cette voix qui résonne et ordonne. Ce n'est pas de la folie, c'est la réponse de la nature aux atrocités humaines. Un être sorti des ténèbres pour consumer une âme à son trépas, le faisant renaître pour abattre alors le courroux d'un véritable monstre. Il était là, caressant ma peau pour la faire frissonner de plaisir lorsque le sang jaillissait, fracassant ma conscience pour la faire taire et laisser alors exploser l'immense gratuité d'une méchanceté absolue. Il a fait naître le machiavélisme peu à peu et il s'est emparé de tout ce qui pouvait me retenir. Moi qui voulait tout avoir, moi qui voulait tout savoir, j'ai reçu alors la plus belle des réponses. Un silence froid et chaotique sonnant le glas des pluies diluviennes s'écoulant, ad vitam æternam, sur mes désirs cartésiens.

Ce jour-là, il était là, sa respiration haletante dans le creux de mon cou. Rieuse comme toujours, la présence englobait mon être tandis que mes tortionnaires me traînaient hors de ma cellule. La faible lueur des torches suffisait à brûler mes yeux dans un éclat lumineux me laissant aveugle pendant quelques instants. Mon corps se balançait sur les dalles froides qui frappaient mon dos et je ne gesticulais plus, habitué par ces allers-retours fréquents, à ces souffrances futiles et banalisées. Je savais qu'il n'y aurait que hurlement et douleur à la fin de ce tragique chemin, priant chaque jour des idoles qui n'existaient que dans les contes et dans les fantasmes des désespérés pour qu'elles me laissent enfin crever.
Deux hommes accrochaient mes mains au mur et les chaînes retenaient alors mon corps incapable de tenir debout, mes jambes déjà brisées depuis longtemps. L'un d'entre eux tenait mon visage et son regard se confrontait alors au vide de mon expression. Il souriait, hâtif de me voir crier à nouveau, dans un sadisme brutal et puissant je pouvais sentir son impatience. Il empoignait alors une torche du mur pour l'éteindre sur mon ventre et provoquer les premiers hurlements qui terrassèrent le silence de la pièce. L'écho enchantait les couloirs et ils laissaient la porte ouverte pour bien montrer à tous les autres prisonniers l'effroyable vérité qui se cachait au sein du cachot. Ici régnait la terreur et le désespoir, il n'y avait ni miracle, ni libération. Non, ici, il n'y avait que l'expression la plus pure d'une souffrance ultime. Il recommençait alors avec une deuxième torche, plongeant mon être dans l'obscurité et plantant plus férocement le bout de bois dans ma chair qui avait fondu légèrement. Le sang ne coulait pas, la blessure cautérisée par les flammes mais l'homme était bien assez satisfait de mon visage bloqué dans le cri d'une douleur qui, au contraire des torches, ne voulait s'éteindre. Il riait un peu, claquant mes joues pour me faire reprendre conscience, il me forçait alors à répéter l'alphabet pour me tenir en éveil. Déjà conscient qu'une erreur signifiait plus de souffrance, je devais me concentrer malgré les sévices qui continuaient. Tout était prévu, tout était calculé, à nouveau, ils lacéraient ma peau, plantaient des sabres dans le creux de mon ventre avec une précision chirurgicale. Ils savaient où faire mal tout en évitant la mort, ils savaient où frapper et parfois des médecins venaient pour opérer rapidement quelques premiers soins. C'était peut-être le pire dans tout ça, ce maintien dans un état entre la vie et la mort, cette existence absurde qui s'éternisait dans une agonie sans fin.

Il m'est apparu comme une masse sortant de l'obscurité. Il n'avait pas de forme, il n'y avait aucun visuel, seulement des mots qui semblaient jaillir des ténèbres. C'était comme si ses paroles se mêlaient à la souffrance. Il soupirait, chuchotait, dans un ton moqueur, presque jovial. Personne semblait pouvoir entendre le résonnement de son offre, il n'y avait que moi, l'écho de sa proposition et la révélation de son existence.


« Ferme tes yeux et laisse toi envahir. Le ressens-tu ? Cet effroyable désir d'arracher tes chaînes et d'offrir à ce monde le châtiment qu'il mérite ? »

Un rire faisait écho au souffle qui caressait ma peau. Je levais la tête avec les forces qui me restaient, et je pouvais déjà me sentir mourir. Me disait-il de me laisser faire ? De laisser la mort m'emporter ? Moi qui pensait que je devais l'attendre, peut-être était-ce elle-même qui venait me rendre visite. Alors j'écoutais, persuadé d'avoir enfin reçu le droit de me noyer dans le néant de l'existence perdue.

« Oui, abandonne toi à ce désir absolu. Accumule toute ta douleur et laisse la envahir ton être. Tiens-toi prêt, engrange le chaos et répands la terreur. Je te donnerais l'éternité et tu te transformeras en ce monstre qui réside dans les tréfonds de tes désirs malsains. Je consumerais ton âme pour que tu puisses renaître. Va, démon, et détrône l'humanité car il n'existe qu'une place pour régner sur ce monde. »

Trop faible pour résister, trop souffrant pour ne pas céder à la tentation, je consens au contrat sans même savoir ce que j'accepte. Je ferme les yeux, et je sens mon âme se compresser. La douleur des tortures n'est rien face aux hurlements qui agitent mon être. Les hommes reculent en voyant la hargne qui bouscule mon corps enchaîné. Ils regardent, hébétés, la naissance d'un démon assoiffé en pensant, naïvement à un excès de rage voir de folie. C'est comme si l'obscurité pénétrait dans chaque pore de ma peau, rongeant alors ces petits 21 grammes pour ne laisser qu'un néant bientôt silencieux. Ils se pensent alors en sécurité, regardant mon cadavre inerte comme le résultat d'une torture trop bien réussie. Ils soufflent un peu et l'effroi coupe leur élan de sérénité tandis que ma tête se relève, le regard sombre et les yeux injectés de sang. Un sourire carnassier sur les lèvres, l'expression d'une bête enragée gravée sur un visage fou, les voilà apeurés par le résultat de leur œuvre. Les plaies se referment doucement et ils paniquent tandis que j'arrache les chaînes qui me retiennent. Ils s'affolent et se décomposent au devant du charisme terrifiant d'un monstre bien réel. Lentement le néant disparaît et la conscience apparaît comme une nouvelle naissance, il n'y a pas de mots pour sortir de mes lèvres et l'unique pensée qui réside dans mon esprit est ce désir incommensurable de dévorer leurs êtres. D'un mouvement vif je me dévoile juste à quelques centimètres de l'homme qui chute au sol, le coup sec part et mon pied vient fracasser son genou qui se plie sous la force de mon élan. Je saute sur l'autre homme arrachant sa clavicule de mes crocs, finissant par boire son sang et déchiqueter ses muscles. Le liquide pourpre s'écoule sur mon torse nu et la barbarie de mon aura dévastatrice ne fait qu'augmenter dans le regard perdu du dernier homme incapable de fuir. Je le pousse contre le mur, attrape une torche que je colle sur son entre-jambe, l'empêchant de crier je fourre mes doigts dans le fond de sa bouche, poussant sa langue pour qu'il s'étouffe dans sa propre douleur, supprimant sa capacité à appeler une quelconque aide. Tenant son genou d'une main, la première victime rampe pour tenter de fuir, il sait bien qu'il va mourir mais l'espoir absurde de son instinct de survie déborde, et il hurle dans sa langue natale.

« Dra..Drac...Draculæ ! »

Le démon.
Je jaillis sur son dos, jetant son casque, je m'agrippe à sa crinière que je tire en arrière. Attrapant le poignard qui pend sur sa ceinture, je l'égorge comme le vulgaire porc qu'il est, tailladant sa peau et prenant le temps de lui arracher la tête dans une hargne narquoise, lacérant sauvagement sa peau. Il n'y a aucune illumination sadique dans mes yeux, il n'y a aucun sourire sur mes lèvres, il ne réside alors plus aucun bruit non plus. Le silence suivant l'écho d'un requiem orné de cri et de douleur, l'absence soudaine de toute tristesse, de toute émotion humaine, uniquement l'expression sauvage d'une nouvelle créature nocturne faite de peur et de violence.

Alors j'ouvre mes yeux et le souvenir s'éteint, la douleur est encore là, elle, vivante à l'intérieur de mon corps déjà mort. Je regarde les murs froids de mon château, le silence pesant sur cette malédiction qui a donné vie à mon trépas. Cette soif de sang qui perdure à refuser la satiété, ce désir malsain de voir brûler le monde en sachant que rien ne me rendra le simple sentiment d'exister. Condamné à l'ennui, enfermé dans l'absurde existence d'une créature prédatrice. Je me languis dans une solitude impatiente lorsque enfin, je me rends compte que ce jour-là j'ai troqué mon âme contre une souffrance éternelle.





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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mar 16 Aoû - 20:02

Histoire
Transylvanie XXème siècles.


Desiderata
" Le temps est disloqué. Ô Destin Maudit ! Pourquoi suis-jené pour le remettre en place ? " - W. Shakespeare (Hamlet)
Les années passent. L'éternité se dessine comme une évidence et bientôt, la violence ne suffit plus à satisfaire le divertissement exaltant que chaque être recherche. La chasse devient inintéressante car le jeu est inégale, aucun échec, aucune crainte, aucune sensation capable de faire frissonner le cadavre que je suis et l'ennui se voit devenir maître de mon quotidien. À nouveau je me demande combien de temps est passé depuis ce jour-là ? Combien de temps depuis que la peur règne sur le petit village où j'ai assis ma domination ? Il me fallut des années pour m'habituer à cette soif constante, à ces élans de violences qui s'éprenaient si soudainement de mes pulsions malsaines, restreindre la sauvagerie pour contenir la bête qui s'animait en moi. Encore aujourd'hui, une goutte de sangs suffit à faire briller mes yeux et le contrôle s'échappe faisant disparaître le rôle de l'éloquent gentleman que je m'efforce de tenir. Les inconvénients surpassent les avantages et je me vois subir cette souffrance jour après jour tandis que l'espoir de l'existence s'efface si facilement, comme si le vent emportait mes traces dans le sable, comme si la tempête supprimait mes pas dans la neige. Plus rien ne me suit, les époques s'enchaînent et même mon reflet a disparu car il n'existe dans mon cœur que le chaos haineux d'une vengeance qui a perdu sens depuis bien trop longtemps. Le mythe s'est étendu et les rares personnes qui osent s'aventurer dans mes territoires finissent par être empalées à l'entrée de la ville. Pourquoi restent-ils ? Parce qu'ils préfèrent la peur au trépas, ils se protègent par des subterfuges futiles qui ne marchent que par l'expression de mes caprices qui arrivent simplement à divertir mes envies de comédie. L'humanité est effroyablement naïve, assez idiote pour croire qu'une créature capable de vous arracher un membre à la seule force de ses crocs fuirait sérieusement devant des gousses d'ail. L'aube étant la seule réelle limite à la survie de mon éternité, perdre ma tête serait probablement tout aussi efficace mais tant que personne n'essaye, personne ne saura vraiment si ça marche. Dépité, je regarde les existences se suivre, imaginant mes propres histoires en observant de mes hauteurs toutes ces silhouettes inconscientes de leurs chances. Un peu de compagnie et quelques élues se font mordre, contaminées par mon sang qui les transforme peu à peu à mon image.
Puis comme tout, je me lasse et je finis par les empaler aussi comme dans un hobby absurde d'une décoration malsaine. Puis on s'habitue à cette effroyable routine et tout devient banal. Alors survient l'angoisse, cette affreuse paranoïa logique après ces longues décennies de persécution, on se fait au silence de la solitude et chaque petit bruit est un sursaut qui réagit comme un réflexe de défense, l'amusement disparaît et la violence s'estompe au profit d'un ennui toujours plus vivant, toujours plus présent, toujours plus agaçant.

Le temps passe encore et je m'occupe en me faisant érudit, capturant la culture comme pour devenir une sorte de sage qui se spécialiserait dans les faits que personne ne connaît et dont tout le monde se fout sincèrement. Je meuble le vide de mon espace pour envahir mes murs dans un bordel monstrueux, recouvrant le sol de tout et n'importe quoi, tellement habitué à marcher sur les murs qu'il m'est impossible de rester bloquer quelque part. Alors j'essaye de mettre plus de piment dans mes chasses nocturnes, me donnant des handicaps, puis, vexé d'échouer, je finis par me laisser avoir et je les tue de frustration, énervé contre moi-même. L'ennui occupe chaque instant de mon errance et je n'ai même pas le luxe de pouvoir vagabonder sur les routes, incapables de survivre aux chaleurs diurnes, condamné à suivre les routes dans la nuit, inapte à avoir ne serait-ce qu'une heure de retard sous peine de ne devenir qu'un tas de cendre s'envolant au gré du vent. De toute manière, bien trop peureux pour m'aventurer trop loin, bien trop capricieux pour perdre le confort agréable de mon immense demeure vide.
Alors, chaque nuit, je me suicide, faisant un classement des douleurs que je peux tester sur mes victimes le soir même. Je deviens maniaque, je fais des classements pour tout et n'importe quoi et je suis aujourd'hui capable de dire quelle est mon assiette préférée alors que je suis bien conscient que toutes celles que je possède sont exactement les mêmes. Mon quotidien se forme dans l'étrange bizarrerie de phobie diverse et variée, comme si mon esprit se façonnait sur tout ce qu'il pouvait pour créer un semblant de sentiment d'existence. La folie s'engrange sur l'illogique et au devant d'une assurance poussée à son extrême où chacune de mes réactions ne répondent alors à aucune autre logique que la mienne. En manque de distraction, c'est l'épistolaire qui répond à mes attentes, brisant ainsi ma solitude j'envoie au hasard à travers le monde des lettres alléchantes dans l'impatience d'une réponse positive. L'humanité bien assez sotte pour croire aux fantasmes délurés d'une créature pleine d'ennui, les réponses affluent et la parade des visites s'enchaînent.

Après la fuite de certaines convives à la vision effroyable des têtes empalées sur la route du château, je restreins la peur à son minimum, gardant la surprise de mon visage pâle et de mes crocs à l'enfermement de mes invités dans l'enceinte de mon domicile qui devient alors une prison dorée pour les âmes apeurées. Quelques damoiselles pour jouer à la dinette, quelques damoiseaux pour offrir dramaturgie et spectacle à mon ennui sur l'entraînement constant de ma sociabilité qui stagne dans un régime de peur et ne donne aucun résultat correct. Les tentatives s'enchaînent et l'ennui revient à la charge, perdurant alors une violence sanglante qui s'ajoute à un palmarès en perpétuelle évolution. Un soupçon de colère, une pulsion vive, un désir insatiable, tout est un prétexte pour écourter les emprisonnements et personne n'est alors capable de casser l'immuable routine de mon errance en manque d'existence. Pour subvenir à mes envies, je pose une récompense, attirant tous les désespérés avec la fourbe lance de l'appât du gain, une petite fortune à la clé, attisant alors curiosité et courage, j'attire une nouvelle salve d'une humanité déjà bien rabaissée par mon égard mégalomane d'être supérieur.

Cherchant un élu capable de supprimer la mélancolie d'un pauvre cadavre en peine, c'est à ce moment-là qu'il est apparu. Il était bien habillé, probablement natif d'une noblesse lointaine, éloquent dans son écrit, ses mots transpiraient la bonne conduite et la politesse. Le jeune homme apparaissait sans peur, assez enthousiaste à l'idée d'acquérir si facilement une fortune qui lui permettrait de se marier me disait-il. Éblouit par les paysages de la région, c'est avec émerveillement qu'il est venu frapper à ma porte, prêt à répondre à mes attentes, à signer un contrat qui le rendrait riche, consentant alors à rester chez moi quoiqu'il advienne pour une durée de quelques mois seulement. Ça semblait tellement beau que nombreux étaient les jeunes garçons assez téméraires pour tenter l'expérience. Aucun n'avait connu le succès, ils avaient tous tentés de fuir dans les premiers jours, incapables de contenir l'effroi suintant sur leurs fronts en sueur.

La porte s'ouvre sur la surprise du pauvre jeune homme qui ne peut que suivre sa témérité et pénétrer dans le sombre château. Le froid et l'humidité le prend directement et je peux le voir frissonner, bien caché dans les ombres omniprésentes de l'enceinte de ma demeure. Il y a peu de place pour avancer, mais il se fraye un chemin, laissant l'écho de son appel résonner à ses premiers mots. Sa patience le laisse calme et imperturbable, il avance tranquillement à travers les meubles et les bouquins, sans grande gêne, il escalade même un peu pour atteindre les marches. Je l'observe attentivement, le jeu n'est amusant que s'il dure un peu, je ne voudrais pas qu'il parte si vite arrivé. Ainsi je le laisse visiter, vagabondant à travers les salles, fouillant dans l'espoir de trouver vie dans l'obscurité, le regardant abandonner certains endroits trop bordélique et représentant trop d'effort pour se frayer un quelconque chemin. Il finit par s'asseoir dans la salle à manger, un peu essoufflé et paisiblement avachi au bout d'une longue table stéréotypée. Pour ne pas le perdre, c'est à cet instant que je décide d'apparaître. Les bras grands ouverts, un sourire sur les lèvres, je me cambre dans une révérence parfaitement effectuée.


« Monsieur Harker, bienvenue dans mon humble demeure. Veuillez excuser le retard de ma présentation. »

Il se redressa rapidement, posant son regard sur moi comme pour me détailler. Très vite, il arqua sa surprise sur le dessus de ses yeux.

« Vous êtes malade ? »


Il ne fit aucun détour, son regard jugeant de haut en bas mon être, remarquant immédiatement la couleur si blanche de ma peau, pas de réflexion sur mes canines, simplement la réaction la plus logique, cherchant le rationnel dans l'inexplicable.

« Simplement mort, rien de bien grave. »


Le sérieux de ma réponse ne semblait pas le dérouter, il ne rétorqua aucune moquerie, prenant simplement ma sincérité comme une preuve suffisante pour que ce soit une vérité indéniable. Il était rare de ne recevoir rien d'autre comme réflexion, mon intérêt grandissait alors qu'il haussait les épaules, voguant sur un autre sujet, recentrant son égocentrisme comme tout être humain qui se respecte.

« Vous avez parlé d'argent, voyez-vous, je vais me marier et... »

« Oui, oui, on fera ça à la fin de votre séjour et ça dépendra de votre survie. »

Je le coupais avec un ton sec et un regard froid qui le laissa de marbre. Encore une fois, il n'y eut aucune peur dans ses yeux, simplement la compréhension logique de ma réponse, après tout il savait qu'il ne recevrait sa fortune dès son entrée, il semblait alors pertinent qu'il devait la gagner aux termes du contrat déjà établi. Ce fut à mon tour d'arquer un sourcil, un peu dérouté par l'aisance du jeune Harker, presque irrité par l'insolence de ses réactions impassibles. Était-il plus stupide que les autres ? Ou avait-il connu le mystique dans son passé ? Ce n'est pas sans curiosité que je m'approchais de lui, tournant autour de lui, le reniflant un peu et le faisant gesticuler pour déclencher un sursaut, une réaction, quelque chose qui le rangerait dans la même catégorie que tous ses prédécesseurs. Mais rien ne vint, toujours aussi imperturbable, son visage inexpressif n'afficha non plus aucune peur lorsque je sortais mes crocs devant lui dans un cri hasardeux suivant une pause de mes actes étranges. Même la surprise ne le dérangeait pas, il se contenta de bâiller avant de demander où serait ses appartements pour les mois à venir. À partir de là, ce fut échec sur échec, et si mon divertissement se trouvait fort ravi de ces conclusions, ma frustration elle, bouillonnait lentement. Je le laissais me surprendre en train de marcher sur les murs, parcourant paisiblement le plafond dans des réflexions absurdes, quelques goules le pourchassaient à travers la maison et bien qu'il courait pour ne pas finir en jouet telle la souris face au chat, il ne fuyait pas le château, ne montrant aucun signe d'effroi ou de malaise.
Je commençais à regretter l'invitation, il se jouait de moi et jusque là, ça avait toujours été moi le dominant. Je remettais les têtes empalées, je l'envoyais au village pour qu'il rencontre les villageois terrifiés, rien ne le faisait trembler, il souriait toujours bêtement dans un haussement d'épaule qui atténuait alors chaque récit horrifique qu'il entendait. Le regard poissonneux, l'expression vide de son visage inexpressif, l'absurde bêtise de sa stupidité prenait le dessus et aucune peur ne le faisait transpirer. Les jours s'écoulaient, les semaines, et vint alors le terme de son séjour.

« Je crois que c'est mon dernier jour, comte. »

« Oui, oui, on a compris. »

Je soupirais derrière lui, ne sachant pas vraiment comment il avait su que j'étais là, pourtant invisible dans son miroir tandis qu'il se rasait tranquillement. Il souriait toujours, racontant sa vie et comment était sa délicieuse promise qu'il allait épouser, triomphant de sa quête pour la gloire de son royaume et surtout la fierté de son père. Il se confessait alors, avouant qu'il ne connaissait pas la peur. Forcé d'admettre sa raison, je préférais le croire trop idiot pour la connaître. Ce n'était qu'un jeu, peut-être que je n'avais pas été capable d'être à la hauteur des rumeurs parcourant le pays, mais là encore, je préférais l'illusion à la réalité. Il fanfaronnait, chantonnant sa sérénité comme pour appuyer sa victoire d'une arrogance plus que suffisante pour blaser mon être. J'avais perdu et je n'étais pas vraiment un bon perdant. À vrai dire, je n'étais pas non plus un bon gagnant, j'aimais jouer mais j'aimais surtout écraser lamentablement mes adversaires sans qu'ils puissent avoir une seule chance de réussite. C'était un jeu qui devait être gagné d'avance, et aussi improbable que ça puisse être, il avait réussi là où tous les autres avaient échoués. Alors que le jeune Harker continuait de parler, encore et encore, je m'avançais, grimaçant et bougeant mes mains comme pour l'imiter dans une puérilité sans précédent. Il finit par me faire attendre le point de non-retour.

« Vous savez, comte, je pensais vraiment que ça serait plus complexe que ça. »

Comme je le disais, je n'aimais pas perdre. Ma main se posait alors à l'arrière de son crâne et d'un coup vif, j'envoyais son crâne valser contre le petit miroir accroché au mur. Le sang jaillissait de son front et un petit sursaut de douleur crispa son visage. Il lâche le rasoir au sol, un peu sonné tandis que je m'accrochais à ses cheveux pour continuer de fracasser son visage contre le mur. Bientôt, la plaie sur son front s'écartait, je pouvais alors sentir son crâne se fissurer au rythme de mes coups qui tabassaient sa tête contre la pierre de plus en plus violemment. Vexé, frustré, maladivement énervé par l'échec, je poursuivais la violence jusqu'à afficher sur son visage une douleur inévitable. Je le laissais chuter au sol pour terminer le travail en piétinant de rage son profil qui finissait par craquer sous la force de ma colère. Alors qu'il ne restait qu'un cadavre en sang gisant sur le sol de ma chambre d'invité, je reprenais mon souffle et, avec, mon calme. Un sourire satisfait sur les lèvres, ça concluait ma phase invitation, et par la même occasion, ma période, désormais nostalgique, de l'épistolaire.



Requiem
" L'éternité c'est long. Surtout vers la fin. " - Woody Allen
Après la visite du petit Harker, j'avais repris un certain goût à la violence pure et gratuite, il avait réussi à faire naître en moi une envie vaniteuse de justifier cette peur qui semblait jusque là évidente. Il y avait alors ce désir nouveau de justifier l'effroi déjà posé à son paroxysme, comme si je ressentais le besoin vital d'imposer à nouveau une crédibilité qu'il m'aurait enlevé. Je savais pourtant qu'il était spécial, un peu comme une exception confirmant une règle immuable et universelle, mais il n'empêche qu'il avait réveillé en moi une sorte de colère d'orgueil qu'il fallait assouvir à n'importe quel prix. Je reprenais alors, pendant un temps, ce règne de terreur que j'avais su faire éclater lors de mes premières années de renaissance. C'était comme retrouver une jeunesse qui s'était assagie avec le temps, avoir de nouveau une vigueur assez folle pour perpétuer une crainte nocturne qui ferait cauchemarder plusieurs générations. Mais ça ne comblait l'ennui que pour quelques jours, quelques semaines tout au plus, rapidement la lassitude reprenait le dessus et c'était à nouveau une perpétuelle folie qui assombrissait un gouffre sans fin. Encore une fois je me retrouvais à chuter vers des abysses qui me semblaient bien trop communes maintenant. La terrifiante banalité, la routine qui s'active alors pour reprendre les reines d'un quotidien horriblement las et nonchalant. Voilà encore la lumière de l'extase qui s'estompait doucement pour ne laisser choir devant mes yeux fatigués qu'un noir complet pour lequel aucun chaos serait suffisant pour allumer une étincelle dans le vide du néant de mon existence. Quelques troubles venaient étioler la santé de mon mental, l'éternité m'apparaissait horriblement longue et sauter du toit pour exploser quelques centaines de mètres plus bas était alors simplement douloureux et son rétablissement devenait absurdement pénible.

Retour à l'ennui, à cette éreintante sensation de vide et de silence sur l'apogée de ma solitude. L'effroyable constat de mes échecs qui s'empilaient malgré l'aigreur de mon caractère continuait à torturer mon esprit dans les mêmes tourments qui ne s'effaçaient jamais. Que pouvais-je bien faire ? Rien ne me semblait assez amusant, assez divertissant, pour octroyer l'ennui de mon cadavre dont l'âme s'était déjà faite consumer. Plus aucun savoir était intéressant, plus aucun meurtre était original, c'était comme si j'avais fais le tour de ce qu'une existence avait à offrir. De ce que mon destin avait à m'offrir. Puis je suis tombé sur elles. Dans un hasard qui se prédestinait à contredire la rationalité des esprits cartésiens, toutes ces lettres éparpillées sur le sol, attendant dans la poussière que mes yeux se posent sur leur impatience. Elles m'appelaient, je pouvais presque discerner l'envoûtement charismatique de ces instants de vie si spéciaux qu'on accuse l'Univers dans un éclat joyeux. Après une hésitation vite chassée, j'en ouvrais une. L'écriture, définitivement féminine, armait dès les premiers mots une délicatesse maladroite, un vocabulaire roturier qui semblait travailler sur l'exercice complexe de rendre beau et le papier lui même dégageait encore un doux parfum. Existait-il quelque chose de plus sublime qu'un cliché romantique ? Qu'une lettre parfumée et envoyée dans le fantasme idiot qu'elle atteindra le bien-aimé directement dans l'expression la plus intense de l'amour partagé ? Quel gâchis de constater que le destinataire était le jeune Harker, qu'il sera alors incapable de lire les mots doux de ce qui semblait être sa tendre future. Déterminé à contrer cette injustice, je les ouvrais toutes, une à une, dévorant chaque ligne autant curieux qu'ému. Si les premiers courriers représentaient simplement la banalité d'une romance impatiente, ceux qui suivirent étaient divinement distrayant. La délicieuse Mina se perdait dans la confusion, refusant de croire que son beau Jonathan qui lui était promis se serait tiré sans un mot et sans une réponse. Perdue dans l'inquiétude et la solitude, elle avait persisté dans un envoi régulier comme si chacune de ses lettres la rapprocherait d'une vérité qu'elle semblait parfois possédée. Si son bien-aimé lui avait donné l'adresse et quelques menues informations sur sa quête de fortune, elle semblait ignare du danger dans lequel il avait voulu s'aventurer.

Je devais bien avouer ressentir quelques passades de culpabilité d'avoir brisé un si beau couple pour une chose aussi futile que l'impulsion caractérielle de mon côté mauvais joueur. Néanmoins, je me retrouvais dans les paroles de la jeune veuve, comme si sa solitude et son attente s'accordait avec perfection à tout ce ressenti sombre et obscure qui comblait mes jours et mes nuits. Rapidement, je ne pouvais plus décrocher mes yeux des lettres, écrivant alors en retour tout en signant Jonathan Harker. Je formulais quelques excuses, donnant quelques prétextes foireux mais efficaces avant de rassurer la très chère moitié de feu mon invité.


Citation :
« Pour Mina, ma tendre et chère.

Fou de n'avoir pu répondre plus tôt à tes inquiétudes, c'est malade de culpabilité que je t'écris ces quelques mots. Je me répands alors d'excuses dans la certitude que tu trouveras la force de me pardonner après le récit de mon fantastique voyage.

Ce pays est magnifique, les couleurs y sont vives et les nuits froides laissent transparaître un mystique digne des plus belles poésies. Ma décision fut prise dès mes premiers pas au sein de l'immense château du comte. Mina, ma tendre et chère, il faut que nous nous marions ici. Il faut que tu me rejoignes et que tu découvres alors les beautés de cet endroit qui regorge de merveilles. Le comte est un homme bon et son accord est déjà sur la table. Sa demeure accueillera les convives et on pourra y faire la réception sans l'ombre d'un soucis.

Quelques affaires urgentes me retiennent et le comte m'offre l'hospitalité, sa fortune est aussi grande que sa générosité, nous ne manquerons plus de rien. Mina, ma tendre et chère, je te le promets. Un contrat l'oblige à venir en Angleterre, il arrivera dans les quelques jours qui suivront cette lettre, une fois ses obligations terminées, il pourra t'escorter jusqu'à nos retrouvailles. Il me tarde de te voir, il me tarde de te faire mienne.

Avec tout mon amour, à bientôt.
J. Harker »

Peut-être était-ce l'impatience de voir cette jeune femme qui m'avait poussé à partir ? Ou alors le simple défi de voyager malgré mon incapacité à rester au soleil ? Ou alors était-ce l'ennui qui avait assez joué de mon existence pour rendre ma folie plus téméraire ? Peu importait réellement les raisons mais je préparais mon départ minutieusement car je n'avais pas menti. Il me tardait de la rencontrer, il me tardait de la faire mienne.




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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mar 16 Aoû - 20:02

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Angleterre, XXème siècles.


Odium
" Il n’y a de dangereux dans le monde que la pitié et la bienfaisance, la bonté n’est jamais qu’une faiblesse dont l’ingratitude et l’impertinence des faibles forcent toujours les honnêtes gens à se repentir. " - Marquis de Sade
« Savez-vous pourquoi j'aime les cimetières ? »

Mon ton grave flottait dans l'air et se distinguait de l'étrange comte qu'elle avait vu jusque-là. Elle n'essaya pas de deviner, elle comprit la rhétorique et arqua un sourcil à cette aura dangereuse qui émanait alors de mon regard. Elle se sentit transpercer par mes yeux, comme si la véritable nature de mon être s'était révélée à elle dans une épiphanie qu'elle ne comprenait pas encore. Elle fit quelques pas en arrière pour augmenter la distance entre nous deux, légèrement en contrebas elle s'était instinctivement placée dans une petite pente pour faciliter sa fuite. Le silence imposait une atmosphère étrange, il n'y aucun mot, aucune parole et pourtant on pouvait lire nos secrets sans l'ombre d'une hésitation. Son esprit aiguisé, son regard interrogateur et ses lèvres tentatrices, elle observait alors chacun de mes gestes, attentive à toutes mes paroles.

« Ils sont la preuve de la culpabilité humaine. »

Je pouvais sentir son consentement dans l'éclat de ses yeux car plus que n'importe qui, Mina partageait ma colère et ma haine pour l'humanité. Toute sa vie elle avait été bafoué, elle s'était servie de sa beauté pour gravir une certaine noblesse et s'y installer sans la moindre vergogne. Elle était vile, insolente et foncièrement désireuse d'avaler ce monde avant de disparaître dans une masse qu'elle méprisait. Loin d'être idiote, elle comprenait la crainte que j'aspirais mais elle ne sourcillait pas, ne tombant pas dans le piège de la peur. Une lutte démarrait dans son esprit, ses pensées bataillaient et la jeune demoiselle résistait à l'effroi pour garder sa constance et sa posture.

« N'êtes-vous pas coupable, vous-même ? »

Un rire s'échappait de mes lèvres, percé à jour, la comédie n'avait jamais fonctionné sur elle. Depuis mon arrivée sur les terres anglaises, elle avait gardé cette méfiance et cette prudence qu'elle avait eu toute son existence. Ne jamais faire confiance à personne, ne jamais se fier aux apparences, elle marchait à l'instinct et il lui avait dit de fuir le plus loin et le plus vite possible. Si seulement elle avait été raisonnable et qu'elle l'avait écouté, elle ne serait pas là ce soir, devant moi. Mina aimait les défis, elle avait cette prétention de pouvoir survivre à sa destinée comme si elle était une sorte d'élue. Un ange parmi les Hommes, cette innocence absolue loin d'une naïveté illusionnée, un rêve rationnel d'être assez maligne pour combattre la futilité de l'existence et de surpasser l'humanité pour mener à bien une sorte de quête de pureté.

« Le bourreau est-il aussi coupable que le meurtrier qu'il juge ? »

Mes yeux se posèrent un instant sur elle tandis que son visage restait froid et sévère. La lueur dans ses iris étincelait au clair de Lune, il y avait ce petit point lumineux qui montrait toute la témérité de son caractère. La jeune femme osait faire quelques pas en ma direction, s'arrêtant à côté d'une tombe. C'était sa manière de me provoquer, ses jambes ne tremblaient pas et elle avait cet air de détermination bloqué sur son magnifique minois. Ses cheveux blonds virevoltaient doucement au gré du vent et j'admirais sa sublime silhouette. Je la ferais mienne, pas parce qu'elle était aussi belle qu'un ange, pas parce qu'elle avait ce grain de folie si commun au mien mais bien parce que j'obtenais toujours ce que je désirais. Elle n'était qu'un caprice délicieux à mes yeux, une gourmandise dont je voulais garder le monopole. Je la ferais mienne pour l'éternité car elle se devait d'être mon jouet de torture, elle se devait d'être ma marionnette amoureuse qui un jour enfoncera un pieu dans mon cœur dans un hurlement de souffrance mêlé de tristesse.

« Dès que j'ai lu tes mots, j'ai su que ça serait toi. »


Un sourire sur les lèvres, j'approchais, pas par pas attendant le moment crucial où elle commencerait à faiblir. Elle tenait bon, le regard sévère d'une jeune femme consumée par la colère s'abattait sur moi. Sa contenance pourtant si forte commençait à s'étioler doucement. Cela avait été un jeu depuis mon arrivée, son père et elle m'avait accueillit, ils m'avaient hébergé les quelques jours où j'étais resté. Tout n'avait été que banalité jusqu'à l'évidence de mon implication dans les divers scandales des derniers jours. Mais était-ce important pour elle ? Elle qui détestait ce monde, elle qui se forçait alors à sourire pour être plus forte, plus mature, plus grande que les autres. Pensait-elle qu'elle était arrogante ? Se torturait-elle l'esprit pour toujours alimenter la merveilleuse conscience qu'il lui donnait alors la force de perpétuer le bien malgré la douleur qui pesait sur son âme ? Avait-il autre chose que son âme qui retenait le mal engrangé en elle depuis toujours ? Ma curiosité était à son apogée et mon désir bouillonnait dans un envoûtement presque magique.

« Il est mort, n'est-ce pas ? »


La voilà, la faiblesse de son cœur qui se dévoile sur ses sentiments d'amour pur. La voilà, l'opportunité de détruire cette contenance si follement résistante. D'un air moqueur, le ton nonchalant, je répondais.

« Depuis le jour de son départ. »

Un premier tremblement fragilise sa posture et elle retient un sanglot. Mina l'aimait d'un véritable amour, il représentait pour elle ce coup de foudre romantique qu'on voyait que dans les contes pour enfant.

« Vais-je le rejoindre ? »

Enfin. L'espoir se dessine dans son regard alors que sans s'en rendre compte elle fait quelques pas en arrière. Bientôt, elle allait courir, incapable de se tenir devant moi sans se larmoyer et montrer pleinement la faiblesse de sa nature. Après tout, elle n'était qu'humaine, inapte à ne pas échouer face à ses propres émotions. Bien qu'elle soit habituée à la douleur, c'est une toute autre souffrance qui l'assaille.

« Non, Mina. Je te désire. Tu vivras et tu auras l'éternité pour me haïr. »

Après la souffrance, la tristesse envahit ses yeux et sa vision se trouble, elle se retourne car elle a toujours ressentit une certaine honte lorsqu'elle pleurait. Elle se sentait idiote, décontenancée face à une vérité qu'elle possédait au fond d'elle depuis longtemps maintenant. La vie lui avait prit un autre être, et son existence se brisait tel un miroir une nouvelle fois. Ses jambes se mirent à se mouvoir toutes seules sentant alors ma présence englober son espace, elle commençait à fuir, répondant à la peur. Plongée dans le désespoir, ce n'était que le début de sa descente en enfer. Le gouffre grossissait et elle chutait dans des abysses qui avaient toujours été une fatalité aussi obligatoire que le trépas des Hommes.

Elle ne put faire que quelques pas avant que ma poigne n'attrape son bras pour la faire choir au sol. Son corps, prit dans l'élan de sa fuite, roulait en bas de la colline, dévalant la pente tandis qu'elle comprenait son erreur. Elle avait voulu jouer et elle avait perdu, elle réalisait que la manipulation qu'elle pensait exercer s'était retournée contre elle. Elle savait que la lettre qu'elle avait reçu ne pouvait être les mots de son bien-aimé, elle avait bien tenté de mettre en place une sorte de plan pour se venger mais la voilà prisonnière d'un démon qu'elle imaginait bien plus humain. J'attrapais sa chevelure pour la traîner contre un arbre, je la relevais et plaçait délicatement mes mains sur son cou. Ma force étranglait doucement la demoiselle qui étouffait dans des petits cris. Approchant mes lèvres de son oreille, je chuchotais alors.


« Dès que j'ai lu tes mots, j'ai su que ce serait toi. L'élue qui tuerait mon ennui. »

Un sourire malsain se posait sur mon visage et le regard froid et inexpressif de mes yeux vide de toute culpabilité transperçait sa peur. J'embrassais sa joue avant de capturer ses bras qui gesticulaient dans une débâcle vaine et quelque peu ridicule. D'une main je tenais ses poignets vers le bas et d'un revers vif, je frappais son visage pour calmer son ardeur. La violence du coup résonnait au milieu du funeste silence présent dans le cimetière. Personne pour nous entendre, personne pour nous voir et quand bien même, personne pour me résister et entraver mon désir immédiat. Des larmes coulaient sur ses joues alors que je la relâchais, la laissant croire à une chance de fuite. Elle se sentit forcée d'essayer, après tout, elle marchait à l'instinct et depuis le début il lui hurlait de fuir le plus loin et le plus vite possible. Dos à moi, je balayais ses jambes et elle chutait au sol, rampant misérablement dans l'espoir d'atteindre une sorte de miracle. Des prières pleins les yeux, son corps entier se crispait dans le désespoir d'une fatalité qui venait la frapper avec violence et sauvagerie. J'arrachais sa robe fougueusement, laissant son corset se défaire et dévoilant légèrement quelques bouts de sa nudité. Sa peau blanche se reflétait sur les lueurs nocturnes, elle était fantastique. Forçant sur ses bras pour se relever, j'envoyais valser sa tentative d'un coup de pied violemment placé dans le creux de sa mâchoire. Une traînée de sang jaillissait d'entre ses lèvres, et je sautais sur elle, léchant le liquide pourpre qui s'échappait du coin de sa bouche.

Je retournais son corps pour la dominer fièrement, mes yeux s'illuminant enfin vers une certaine folie ardente d'envie. Je la plaquais à nouveau contre un arbre, déchirant d'un coup de morsure le reste de son revêtement, laissant mon regard jauger sa nudité complète. Mina était une jeune femme sublime et ses formes parfaitement ajustées alimentaient cette pulsion inévitable. Plus qu'un désir purement sexuel, c'était la symbolique et la morsure qui excitait le cadavre que j'étais. J'allais la rendre aussi misérable que moi, j'allais lui donner le goût de l'amertume, celui de la haine en la plongeant dans un monde éternel de violence. Elle allait alors comprendre le désarroi de mon existence, elle allait payer pour l'humanité, elle qui était si pure et si innocente, elle serait mon élue à moi. Je caressais sa peau tandis qu'elle tentait de repousser mon corps qui compressait le sien. Son visage se déformait entre la peur et le dégoût, détournant les yeux des miens, frissonnant à chaque fois que mon souffle chaud parcourait la longévité de sa nuque mise à nue. Empoignant ses hanches, je me collais à elle et nos visages se frottaient alors qu'elle se voulait insoumise, elle se débattait avec hargne. D'une main ferme, j'emprisonnais son visage avant de l'embrasser de force. Le goût du sang ravivait mes sens comme l'effet euphorisant d'une drogue, et je prolongeais le baiser avant de mordre délicatement sa lèvre inférieure lorsque vint la rupture de nos lèvres. Nos regards se croisèrent un instant et elle se soumettait à sa peur peu à peu, bientôt en manque d'endurance et lassée de voir ses tentatives échouer si aisément.

Quelques baisers suivirent, et ils tombaient doucement sur le creux de sa nuque, je laissais alors ma langue suivre la ligne de son cou. Parcourant sa peau, elle frémissait enfin lorsque j'atteignais sa poitrine. Légèrement en poire, ses seins s'offraient à moi dans leur éveil juvénile et leur forme la plus parfaite. Les caresses frôlaient son corps et bientôt elle oubliait la douleur de l'écorce lui déchirant le dos à force d'être pressée contre l'arbre qui nous servait de support. Ses hurlement n'eurent aucun effet, aucune âme vagabonde pour lui venir en aide, rien d'autre que l'écho de sa solitude désespérée. Fougueuse et toujours pas résolue à la fatalité de son destin, ses poings frappaient mon corps, ses jambes tentaient de placer des coups de genoux puissants mais rien n'y faisait, elle était entièrement mienne et rien ne pourrait changer la finalité de cette nuit. Je jetais son corps sur l'herbe froide qui rafraîchissait les blessures anodines de son dos, elle tentait de se retourner pour s'enfuir à nouveau, mais je sautais sur elle avant qu'elle ne puisse se mouvoir vraiment. Ma main appuyait sur son ventre et elle battait ses bras en ma direction pour me frapper. Encore une fois vain, elle plantait ses ongles dans ma peau pour me faire faiblir et à nouveau elle se confrontait à rien d'autre qu'un plaisir sadomasochiste sur mon visage gourmand. Elle eut alors un frisson dans le dos et se tétanisa un instant tandis que mes lèvres s'approchaient de son intimité.

Bien que normalement l'attente se fait dans un désir impatient de succomber à une tentation intense et pleine de plaisir, elle priait plus qu'à n'importe quel moment qu'un miracle vienne la sauver. Elle pensa un instant au jeune Harker, elle lui avait promis sa première fois, elle lui avait promis qu'une fois le mariage terminé elle se donnerait entière à son envie. Et la réalité vint détruire ses rêves, il était mort et sa première fois allait être volée. Elle se sentit idiote d'avoir cru au bonheur, et lorsqu'elle sentit mon souffle caresser son entrejambe quelque chose se brisa en elle. Une fêlure présente depuis son enfance qui n'avait fait que grandir jusqu'à ce moment critique où plus rien ne pourrait recoller les morceaux, pas même le temps. L'éclat fit écho dans son esprit et, soudainement, elle fut éprise par la fatalité de l'ironie. Son existence n'avait été qu'une vulgaire farce, elle avait pourtant tout fait pour survivre et elle y parviendrait, cependant, pour la première fois, elle aurait voulu crever. Simplement mourir. Se laisser aller au trépas pour oublier ce monde dans lequel elle se débattait. Voilà ce qu'était sa vie, une ironie sonnant comme un requiem sans fin. Malgré l'évidence de cette révélation, elle faisait pression avec ses hanches tentant tout et n'importe quoi pour se sortir de là. Face à son échec, noyée de désespoir, elle continuait de lutter pour sa survie, pour son innocence. Après tout, c'était tout ce qu'elle était, c'était ce qui la caractérisait et bientôt, tout disparaîtra comme la flamme d'une bougie soufflée.

Ma main faisait pression sur une de ses cuisses pour maintenir ses jambes ouvertes tandis que l'autre appuyait sur son ventre pour l'immobiliser au sol. Un premier coup de langue vint frapper sa vulve et le jeu du désir s'installait lentement. D'abord ce fut quelques baisers dispersés, puis des mouvements lents pour aggraver l'intensité du contact. Sa débâcle s'entrecoupait parfois par des spasmes qu'elle ne pouvait contrôler. Elle se serait bien refusé au plaisir si elle le pouvait, mais son sexe n'était qu'un jouet attisé par des coups traîtres. Alternant le rythme, je poursuivais l'excitation dans une gourmandise monstrueuse, un amusement clairement dévoilé sur mes actes et mon regard lubrique qui tombait parfois dans l'effroi du sien. Elle transpirait, se voyait confuse alors dans un mélange de peur, de dégoût et de plaisir volé. Elle ne voulait pas de cet ébat et pourtant elle ressentait la couleur rouge de l'excitation chaude et humide sur ses joues. Elle frémissait parfois, laissait fuir un petit gémissement d'entre ses lèvres qu'elle pinçait inconsciemment. C'était loin de son idéal, loin de son rêve parfait mais elle mentirait si elle n'avouait pas qu'elle avait toujours fantasmé sur cette idée absurde d'un coït bestial. Sa résistance se relâchait de plus en plus, succombant à sa chute et réalisant qu'elle était absolument soumise à mon bon vouloir. Elle aurait voulu être plus forte, avoir quelques prodigieux pouvoirs ou autres talents pour contrer ma fougue, mais elle ne pouvait rien y faire et elle était déjà mienne lorsque mon érection pénétrait son corps dans un cri mêlant douleur et sauvagerie. Elle avait mon corps entier sur elle, dominée sur tous les points, consumée par le désir soufflant de mon ardeur sans retenu. L'ébat s'acharnait dans une violence qui appuyait alors le viol, il n'y avait pas d'amour, simplement ce désir de conquête, cette appropriation de son corps comme si j'apposais une signature pour signaler qu'elle m'appartenait. Le rythme se liait et nos mouvements se coordonnaient bien malgré elle, ses gémissements excitaient un peu plus ma vigueur alors que sa douleur glissait lentement vers une extase qu'elle voulait impossible. Sa respiration haletait et ses cris devenaient de plus en plus coupés, elle n'appelait plus à l'aide, ses pensées se brouillaient et le plaisir prenait le dessus. Elle avait beau rationaliser, elle avait beau souffrir, son corps répondait de force au plaisir et elle devait lâcher prise. Elle perdait pied alors que mes mains se cramponnaient à sa peau, se baladant alors sur la totalité de sa silhouette qui se cambrait parfois. Je caressais les courbes de ses formes, jouais et attisais les zones érogènes, j'avais eu l'éternité comme expérience et je l'amenais doucement vers l'orgasme.

Mais là n'était pas le but. Le rythme ralentissait et le plaisir reprenait une place de nonchalance. Sa conscience regagnait le cartésien de son esprit et la réalité revenait frapper son être encore déboussolé. Lorsque nos yeux entrent en contact, elle ne voit que le visage du monstre qui lui a ôté son existence paisible, qui lui a prit sa vie, son bien-aimé et son innocence. La colère lui revient, ce dégoût monstrueux de me sentir encore puissant en elle et son visage se déforme dans un rictus de haine. La violence la reprend et elle recommence à frapper, son abandon s'échappe et l'espoir renaît. Juste un instant, quelques secondes avant que mes crocs viennent s'abattre dans le creux de sa clavicule libre. Son sang s'écoule et le mien dût à ses coups chute aussi. Comme nos fluides et nos corps, notre liquide pourpre ne fait plus qu'un et je souris malicieusement à ce contact qui ferait d'elle mon esclave. Je bois son sang, mordant un peu plus sa chair tandis que la douleur l'immobile. Elle me regarde, confuse, perdue, et l'instant d'après je capture ses lèvres avec passion. Le baiser est long et je reprends mon déhanché tandis que j'emprisonne ses gestes. Plus doux, plus attendri, je consume à nouveau son corps dans un ébat sensuel jusqu'à mon orgasme. Je me retire alors et elle reste sans bouger, brisée dans son traumatisme. Je la laisse alors choir dans l'essoufflement et la honte, fuyant, nu et silencieux, dans la pénombre du cimetière qui ne retient alors que l'écho de ses larmes hurlantes.




Amore, more, ore, re
" Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables. " - Marquis de Sade
Aux fracas de mes actes résonnent les conséquences dans les affres de mon être qui fuit à travers les bois. La respiration haletante, le regard porté vers l'avant et mon sang qui s'échappe de mon corps laissant quelques traînées pour me pister. Pourtant plus rapide, plus puissant, cet homme est bien assez fou pour être le premier à m'arracher la tête du reste de mon corps. Les yeux plein de rage, il avait martelé mon visage de coups avant de tirer quelques carreaux de son arbalète qui avaient facilement transpercé ma chair. Pour sa défense, j'avais violé sa fille, je l'avais fais mienne et voilà quelques mois qu'elle se pliait dans la douleur tandis qu'elle se transformait doucement. J'avais massacré quelques-uns de ses proches amis, assassiné son gendre et profité allégrement de son hospitalité et sa générosité. Il ne riait pas, sa colère s'était mutée dans une haine viscérale et il ne trouvera de repos qu'après avoir dépecé ma peau ou exercer quelques horribles tortures à mon égard avant d'être persuadé de se tenir victorieux devant mon dernier souffle. Cet homme là ne mourra qu'une fois l'assurance indéniable de mon trépas. Docteur et chercheur de métier, il avait la précision chirurgicale et la détermination pour aller au bout de sa vengeance. Mes affaires déjà terminées, j'avais voulu fuir l'Angleterre pour rejoindre ma terre natale et retrouver mon château le temps que ma chère Mina ne me rejoigne de son plein gré. Patient, calme et calculateur, il m'avait attendu au port, me poussant à la fuite avant de me pourchasser. Voilà quelques années, 28 pour être exact, que j'étais devenu sa proie. Mina avait disparu et je parcourais le monde dans une course frénétique dans laquelle je ne voyais pas le temps passer. Peu importait la distance, il finissait par me trouver, empêchant ma retraite pourtant anticipée, rattrapant simplement son retard la journée tandis que je me tapissait dans l'ombre pour ne pas finir réduit en un petit tas de cendres. Dos au mur, il m'avait perdu dans les campagnes anglaises, et, à mes trousses, je m'enfonçais dans les bois à seulement un jour ou deux d'avance sur lui. Blessé, en manque de sang pour reprendre des forces, je m'étais rué sur quelques animaux qui feront bien l'affaire le temps que je puisse m'en tirer. Malgré les conséquences, il n'y avait aucun remords, aucune once de regret sur mon regard joueur et taquin. J'avais sur le visage que l'expression satisfaite d'avoir été à la hauteur de mes propres espérances. L'ennui s'était dissipé et je ne m'étais pas autant amusé depuis mes premiers massacres de masse. Essoufflé, du sang sur tout le visage après avoir croqué dans la chair encore vivante d'un pauvre cerf qui passait au mauvais endroit au mauvais moment, je prenais le temps de rire un temps avant de me perdre un peu plus lentement dans les bois.

Quelques pas, puis d'autres, et bientôt complètement perdu je me retrouvais devant un immense terrier tenu par un drôle de personnage qui semblait tourner sur lui-même. Trop loin pour entendre ses mots, je m'approchais, l'interpellant un plan émergeant dans mon esprit las de fuir.

« Mon cher ami ! »

Il leva le nez et posa son regard confus et perdu sur moi. Il prit un léger instant avant de me jauger de haut en bas, j'arquais un sourcil un peu surpris et je m'avançais à sa hauteur.

« Vous êtes en retard. »

« Il va où ce trou ? »

Ne faisant pas attention à ses mots, je prenais les devants, le questionnant sans l'once d'une quelconque honte, il ne fut pas non plus étonné de me voir malgré le sang qui recouvrait ma tronche et mes vêtements. Il répondait simplement.

« De l'autre côté. »

Un regard plissé, je comprenais que j'étais tombé à nouveau sur un taré. Un fou ou un simplet qui ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait ou même ce que je disais. Bougeant mes mains pour lui expliquer mon plan, je parlais doucement, jaugeant dans ses yeux sa compréhension.

« Si dans un jour ou deux tu vois un vieux, tu lui diras que c'est trop tard pour lui, qu'il m'a raté. »

Voyant bien le vide dans son regard et le silence qui suivait, je frappais mon visage d'une main pour la laisser tomber. Un peu dépité, je reprenais, plus simplement encore.

« Si tu vois un vieux, tu lui diras que c'est trop tard. Tu as compris ? Si tu vois un vieux, tu lui dis... ? »

« Vous êtes en retard. »
« Non, trop tard. »

« En retard. »

« Trop tard. »

« En retard. »

« Non, trop et puis tard après. »

« En retard. »

Persistant dans ce discours de sourd encore une bonne dizaine de minutes, je finis par abandonner et par conclure.

« Bon écoute, si tu vois quelqu'un, tu lui dis qu'il est en retard si tu veux mais s'il passe par ce trou, je reviens, je te fais recopier deux cent fois les mots « trop tard » et je te ferais bouffer ta montre en prime. »

Incapable de me donner satisfaction, je me faufilais dans le trou avant de me laisser aspirer dans cet étrange sensation de flou. Comme si je dévalais une pente et que je n'avais plus aucun contrôle sur ma vitesse, je me voyais partir dans une sorte de tourbillon avant d'échouer dans une roulade disgracieuse sur du carrelage froid. L'estomac retourné, le cerf remontait et il remontait trop vite. Je bousculais l'homme qui venait à moi, le poussant violemment avant de fuir dans une course que je ne pouvais arrêter. Titubant un peu, je poussais les portes, chutais avant les petites marches avant de rester à quatre pattes, dégueulant cette affreuse dose sanguine qui avait fermenté dans mes entrailles. Je me relève doucement, lâche un rot qui résonne dans un écho plus fort qu'attendu et je tourne les yeux sur les alentours. Devant moi, un jeune homme, le regard aussi expressif que celui d'un poisson posé sur moi, un bébé dans les bras, une chèvre en laisse qui broute l'herbe paisiblement sur les petits carrés qui encadraient les marches. On échangeait un regard, puis nos yeux tombaient sur la flaque de sang à mes pieds avant de retomber en face à face. Je brisais le silence comme pour sauver les circonstances.

« Je digère mal le cerf. Saurais-tu où je pourrais trouver une pucelle en cette belle et fraîche nuit étoilée ? J'ai faim. »

Un sourire sur les lèvres, je prenais le temps de regarder plus précisément autour de moi. Des drôles de maisons parsemaient les rues, des torches sans flammes illuminaient les rues et le sol semblait bien trop dur. Je fis quelques pas en crabe à droite, puis reprenant une marche plus commune à gauche, quelques petits sauts avec une expression suspicieuse sur le visage.

« Ladislav Faust Basarab, ou comte Dracula. Mon cher ami autochtone, après m'avoir dirigé vers mon repas, aurais-tu l'extrême obligeance de m'expliquer dans quel merdier je me trouve ? »

Le pauvre homme ne savait pas dans quoi il s'embarquait. Il avait été ma première rencontre dans ce chaos d'incompréhension et je n'étais pas prêt de le lâcher. Le voilà titré de guide, d'hébergeur et probablement de distraction.





Dernière édition par L. Faust Basarab le Mer 24 Aoû - 22:13, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mar 16 Aoû - 20:03

Juste au cas où.
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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mer 17 Aoû - 9:11

Eeeh re-bienvenue toi !
Alors je te le dis, c’est déjà trop long --‘ Moi je lis pas !
Et euh bah courage pour fignoler la fin (le meilleur bien sûr!)
Puis tu me finis ça en une semaine, aucun délai, c’tout ! Voilà.

Pas de cadeau pour toi ! (a)

❤︎

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Je n’ai eu que mensonges et enclaves. J’aurais du être une princesse et désormais c’est ainsi qu’on me traitera. Trop blessée, il est parfois difficile d’être sincère avec ses propres sentiments, même face à son enfant. ▵ ©️endlesslove.
“ i love you mom. ” ▵
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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mer 17 Aoû - 18:59

Genre c'est déjà trop long ! Je suis tellement vexé que j'éternue.

Et oui, la fin Hihi !

Comme si j'avais besoin d'une semaine Vui !

Merci ♥️ ! (Même pas de bienvenue de Vaël, c'est quoi ce travail Tongue ?)
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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mer 17 Aoû - 19:52

Non pas de bienvenue avec Vael, car tu as osé venir avec ce feat ! Comment as-tu osé ! Le remplaçant dégueux et inssuportable de Nathan quoi ! Je te boude !
Je t’attends au tournant !

(Je ne pouvais pas ne pas intervenir !)
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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mer 17 Aoû - 20:03

Il est très bien mon feat d'abord. Puis en remplaçant c'est bien, quand Vaël est essoufflé à cause de dire trop de connerie, Faust prend la relève.

Vas-y comment tu es méchante ! Alors que j'ai fais exprès de mettre des smileys pour faire l'expressif et le gentil. MERCI BIEN QUOI ! Je t'éternue dessus ♥ !

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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mer 17 Aoû - 20:17

Des smileys ne fait pas tout !
Mais bon... Comme t’es mon dieu et que je tiens à mon karma : BIENVENUE futur meilleur poto trop badass Please

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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Mer 17 Aoû - 21:31

TON TITRE, putaing Mdr Mdr
Rouxbiengvenue Love !
Et je lirais p'tet pas ta fiche non plus, tu m'as même pas dit que tu l'avais autant avancée fouet
Tu mérites la tarte aux poireaux Sombrero
Bref, je t'attends au deuxième tournant du coup Hihi

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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   Sam 20 Aoû - 3:17

Re bienvenue! Bordel le titre, j'ai éclaté de rire! Kaamelott en force!!! Muehehehe
Et punaise tu écris trop bieng ! (oui encore une sudiste, mais sans l'accent de pécore)
J'espère qu'on aura un lien(g) ^^ Bon courage pour la fin, et moi je lirai tout (mais c'est pas une raison pour refaire l'encyclopédie) Hihi
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MessageSujet: Re: Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18   

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Ladislav Faust Basarab ♦ Il faut pas respirer la compote, ça fait tousser - Kadoc. -18
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