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 [Flashback] Is there really so little hope ? + Marvin&Alice.

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MessageSujet: [Flashback] Is there really so little hope ? + Marvin&Alice.   Sam 9 Juil - 2:48

is it mad to pray for better hallucinations ?
The train is trying to destroy all evidence of your past and especially the fire. Now, who would want that ? Who benefits from your madness ?

Les murs blancs, le manque de mobilier, l’odeur médicale qui foutait la gerbe à Alice. La seule trace de son passage dans cette pièce se résume à la forme que son corps a laissé sur le matelas la nuit dernière. La seule notion du temps qu’elle a, c’est cette alternance entre le soleil et la lune de l’autre côté de la fenêtre. Il n’y a pas d’horloge, il n’y a pas le moindre loisir, si ce n’est l’imagination – ou les souvenirs – de la jeune femme. Voilà bientôt trois ans qu’Alice n’avait plus revu sa grande sœur. Voilà plus de deux ans qu’Alice n’avait plus connu la notion de famille. On l’avait laissée là parce qu’elle était soi-disant malade, on avait sûrement oublié de la ramener chez elle. Elle commençait à oublier un peu, elle aussi. Les années étaient devenues des éternités, et elle avait compris que personne ne viendrait la chercher ici. Voilà quelques mois qu’elle avait été prise en charge par un docteur particulier. Plus gros traitements, interventions douteuses, et le pire c’est qu’elle n’était pas encore tout à fait saine. Les restes du Pays des Merveilles. Elle avait oublié la moitié de son passé, excepté son passage dans des lieux loufoques. À vrai dire, il lui arrivait d’avoir des passages à vide, des moments pendant lesquels elle connaissait son nom uniquement parce qu’il était inscrit sur l’armoire fermée à clé face au lit. L’histoire des Capulet, l’incendie, sa sœur. Elle avait oublié. Parfois, un portrait de famille lui revenait en mémoire, mais à aucun moment elle ne l’assimilait avec les personnes qui avaient été proches d’elle un jour. Tout avait été consumé dans l’incendie qui l’avait conduite jusque ici. Les seuls souvenirs qui s’accrochaient étaient ceux que l’on voulait lui enlever. Des noms absurdes, des histoires insensées, des décors illogiques, des personnages extravagants. C’était le Pays des Merveilles, mais on lui avait fait comprendre que c’était de la folie, que ce n'était rien d'autre que de l'imagination.
Ça lui avait passé au fil du temps, mais il y avait aussi cette curieuse maladie qu’elle avait développée depuis son départ des Merveilles. Elle commençait à voir les membres de son corps et les objets qui l’entouraient dans des tailles biscornues. Ainsi les calèches avaient l’air de modèles réduits pour les enfants, et ses doigts ressemblaient à d’énormes saucisses. Quand ce n’était pas un autre délire. C’était principalement pour ça que les Liddell s’étaient inquiétés de sa santé à l’époque. Qu’étaient-ils devenus ? Eux aussi, Alice les avait oubliés.

La jeune femme rejoignit la petite fenêtre à l’autre bout de l’étroite pièce. Cette pièce, on aurait dit un couloir. Le lit d’un côté, une petite armoire en face – rien d’autre que les vêtements qu’on lui donnait – un bureau inutile posé là où il restait un peu de place. Et rien d’autre. Juste une fenêtre. Après le sommeil, regarder au travers des vitres était l’unique passe-temps de la jeune femme. La vue sur la belle ville qui s’étendait aux pieds de l’institut Rutledge l’apaisait. Cela lui rappelait peut-être d’une certaine façon la vue que Rosaline pouvait avoir sur Vérone depuis ses appartements. Elle devinait à quoi étaient occupés les habitants de cette partie de Londres. C’était tout ce qu’elle avait à faire, quand on ne venait pas lui sonner les cloches pour un rendez-vous ou une opération. Et elle ne s’en plaignait pas. Elle préférait cela à un entretien avec l’autre brute qui s’occupait d’elle. Monsieur Ravenswood. Ça, c’est un nom qu’elle n’oubliera pas. Elle ne lui facilitait pas le travail habituellement, mais ce n’était rien comparé à toutes les horreurs qu’elle se plaisait à imaginer lui faire endurer une fois qu’elle aurait mis les pieds hors d’ici.

Elle entendit de l’agitation dans les couloirs. Pas que les murs étaient si peu épais… quoique. Elle entendait parfaitement bien tout ses voisins malades dans cet étage. Mais les lieux étaient d’habitude si silencieux que le moindre bruit devenait un événement. Elle ne s’inquiétait pas plus que cela, elle n’avait pas souvenir d’un quelconque rendez-vous aujourd’hui. Monsieur Ravenswood n’avait pas l’air d’être dans les parages en ce moment. Sûrement en déplacement ou en vacances, et tant mieux. Alice pensait vraiment être oubliée aujourd’hui, voilà pourquoi elle sursauta quand un poing tapa contre la porte de sa chambre. C’était elle, qu’on venait voir. Et elle ne savait pas à quoi s’attendre. Elle n’était pas prête pour une nouvelle expérience avec le docteur. Malgré cela, un « Entrez. » invita le visiteur à ouvrir la seule porte qui la protégeait de l’équipe soignante.

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Elle se donnait volontiers d'excellents conseils (bien qu'elle les suivît rarement) et il lui arrivait de se gronder si fort qu'elle en avait les larmes aux yeux. Elle se rappelait même s'être tiré les oreilles pour avoir triché au cours d'une partie de croquet qu'elle jouait contre elle-même, car cette étrange enfant aimait beaucoup s'imaginer qu'elle était deux personnes. ©️ caius
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MessageSujet: Re: [Flashback] Is there really so little hope ? + Marvin&Alice.   Dim 24 Juil - 11:21


❝Is there really so little hope ?❞
Marvin E. Kandinski & Alice R. O'Liddell

- Chers confrères je vous le dis, les initiatives que vous proposez ne sont que pures folies ! Nous sommes des médecins et en tant que tels, nous sommes censés guérir nos patients et leur apporter un peu d’espoir dans leurs vies. Si pour vous le progrès rime avec tortures physiques alors je ne souhaite pas en faire partie !

Sur ces mots, j’avais claqué la porte derrière moi non sans avoir jeter un dernier regard à l’adresse de mon ami le docteur Ravenswood responsable d’un grand nombre de ces lobotomies. Je ne supportais pas l’idée de faire subir à des êtres humains des tortures innommables. Electrochocs, lobotomie et injections faisaient partie des traitements modernes les plus communs. Mes confrères pensaient que cela soulagerait les patients ? Foutaise que tout cela ! Le seul effet avéré de ces traitements était de transformés ces pauvres malades en véritables légumes ! J’avais de moi-même constater les ravages qu’ils pouvaient causés lorsque j’avais retrouvé par hasard ma sœur Lucille au détour de l’une de leurs cellules. L’image que ce souvenir éveillait en moi était terrifiant. Les yeux vides perdus dans le néant, une peau si claire qu’elle en devenait translucide, elle avait perdu la faculté de parler et de se mouvoir. Sa vie s’était résumée à attendre des heures durant dans une pièce insalubre que les médecins viennent la chercher pour lui faire subir d’autres « examens ». Mais pourquoi les êtres humains devaient-ils se montrer aussi monstrueux à chaque fois qu’ils exerçaient leur science ? Pourquoi devaient-ils forcément faire preuve d’autant de cruauté ? Je parlais d’êtres humains car j’avais moi-même subit ces monstrueuses tortures alors que mon œuf venait d’éclore. Pour améliorer mes capacités cérébrales, les scientifiques menant ces expériences avaient eus recours aux mêmes méthodes. Je connaissais donc mieux que quiconque les effets psychologiques que ces tortures infligeaient à l’esprit de toutes créatures. En un sens, je les comprenais mieux que quiconque ici. C’est pour cette raison que j’avais décidé de quitter cet endroit mal famé, pour cette raison que j’avais choisis d’ouvrir mon propre cabinet et poursuivre mes expériences en solitaire.

C’est au moment où je croyais en avoir définitivement terminé avec cet hôpital que l’un de mes confrères me rappela à l’ordre. Alors que je dînais avec lui, ce dernier me parla du cas d’Alice Kingsleigh, une jeune femme hospitalisée pour ses graves hallucinations. Je connaissais l’histoire de la jeune femme depuis longtemps et j’avais fait partie des médecins ayant posés le diagnostic. Les traitements expérimentés sur elle ne donnait rien. Elle restait fermement attachée à ses convictions et prétendait que tout ce qui lui était arrivé était bien réel. Impuissant face aux résultats des traitements qu’il lui avait donnés, il avait la jeune femme entre les griffes acérées de Ravenswood. Je savais ce que cela signifiait et je ne pouvais que compatir aux malheurs de cette pauvre enfant prisonnière du plus dangereux des bourreaux de cet hôpital. Mon ami s’était beaucoup attaché à elle et souhaitait donc me voir intervenir dans sa thérapie avant qu’il ne soit trop tard. Devant tant de supplications, j’avais fini par accepté et m’étais rendus dès le lendemain dans ce terrible lieu de torture.

Bénéficiant d’une dérogation spéciale, je n’avais eu aucune peine à me frayer un chemin jusqu’à la chambre où elle était internée. Cependant, j’eus du mal à contenir un certain mal-être en marchant le long des interminables couloirs du bâtiment. Bien loin de ressembler à Buckingham Palace ce lieu triste et délabré ressemblait bien plus à la prison de Blackgate. Les conditions d’hygiène étaient déplorables et l’on entendait que les cris étouffés des patients qui souffraient le martyr devant la cruauté de leurs médecins traitants. Je soupirais en entendant leurs appels à l’aide regrettant l’époque où les seules thérapies en vigueur reposaient sur l’écoute et la diplomatie. C’est d’ailleurs sur cette méthode que reposerait mon intervention !

Une fois arrivé devant la porte de sa cellule, je pris le temps d’observer cette femme en haillons. Tout comme je le pensais, elle paraissait perdue et désorientée. Assise auprès de la fenêtre, elle regardait au-dehors comme si elle possédait encore en elle la force de reprendre contact avec l’extérieur. Les tortures infligées par Ravenswood n’avaient pas encore eu totalement raison d’elle. C’était une bonne nouvelle !
Lentement, je tambourinais à la porte de sa cellule. C’était un moyen pour moi de faire preuve de bienséance et de ne m’imposer, non pas comme un tortionnaire, mais comme le visiteur que j’étais. Alice me proposa alors d’entrer et c’est ce que je fis. Un sourire aux lèvres, je m’approchais de la jeune femme et inclinait respectueusement la tête.

- Bonjour Mademoiselle Kingsleigh, je suis ravi de faire votre connaissance. Je suis le docteur Henry Jekyll. Je souhaiterais pouvoir vous parler.

Je tendis ensuite une main vers la une petite chaise se trouvant dans un des recoins de la pièce. Avec douceur, j’adressais une requête à la jeune femme.

- Puis-je prendre place à vos côtés ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] Is there really so little hope ? + Marvin&Alice.   Lun 10 Oct - 18:27

Solitude. Il n’y a que les murs autour d’elle pour lui faire écho, que des pages blanches solides pour alimenter ses pensées, que le silence pour lui répondre. L’unique petite fenêtre encastrée dans l’un des murs constituait la seule preuve qu’il existait un monde au dehors de Rutledge Asylum. Une ville dont elle ne savait rien si ce n’est le nom, mais elle en connaissait cette partie par coeur. Elle saura redessiner chaque bâtisse que le carreau transparent lui laisser voir. À passer des heures à les contempler, elle les avait intégrés.

Quelqu’un entre dans la pièce. Est-ce qu’elle avait autorisé cet invité à entrer pour qu’il se permette de pénétrer la bulle qu’était cette pièce sans plus de cérémonie ? Elle avait déjà oublié. Ça promettait. À l’occasion, elle pensera à demander un petit carnet et un crayon au personnel soignant afin de noter tout ce qui se passe dans sa journée. Elle avait l’impression que sa mémoire s’envolait, elle avait besoin de la coucher par écrit pour ne pas la laisser partir. Elle avait peur de ne plus la retrouver. De se retrouver comme une coquille vide une fois qu’on lui aura ôté tous les souvenirs du Pays d’où elle vient. Elle ne se rappelle déjà même plus d’où elle vient, d’ailleurs, ça lui reviendrait peut-être dans quelques heures.
Ce n’est pas une visite amicale. Des amis, il ne lui semble pas en avoir déjà rencontré ou recroisé ici. Les gens qui venaient dans cette chambre étaient pourtant toujours des personnes qui disaient lui vouloir du bien, mais elle n’arrivait pas à les qualifier d’amis. L’homme était entré dans la pièce, Alice le regarda longuement, silencieusement. Ils ne se connaissaient pas plus que cela, c’était peut-être la première fois qu’ils se croisaient. Elle ne reconnaissait pas ses traits. Ou peut-être un peu, elle ne savait pas. C’était un docteur, comme celui qui voulait lui enlever toute ses histoires merveilleuses. C’était peut-être le même ? Tout le monde avait la même tête une fois qu’ils avaient une blouse sur leurs épaules.

Comment on accueille un étranger qui nous veut du bien ?

« Une tasse de thé ? » Le thé, c’était la cérémonie mondaine lors de visites à la demeure des Capulet. C’était aussi tout un délire au Pays des Merveilles avec sa soeur. Mais ça, Alice n’en avait plus souvenir. Proposer un thé à un inconnu, c’était un réflexe ancré. Un petit coup d’oeil rapide au décor qui l’entourait depuis semble-t-il la nuit des temps, et elle se souvenait d’un détail. « Mais je n’ai pas de thé. » Elle n’avait qu’un petit robinet dans la petite salle de bain qu’on avait bien voulu lui laisser. Et encore, elle n’était pas sûre d’y puiser de l’eau suffisamment chaude pour faire infuser quoique ce soit. C’était bête, le thé était le meilleur accessoire quand il fallait faire la conversation. Et c’était le but de la visite de son ami le docteur. Parler. C’était bien ce qu’il avait dit ?
Elle le laissa quand même s’installer sur l’unique chaise de la pièce. Elle-même ne s’y installait jamais, elle la trouvait trop peu confortable, trop triste aussi, et surtout bancale. Elle se retira de la fenêtre, elle savait qu’elle aurait tout le loisir de contempler le monde au dehors après avoir parlé. Elle habitait ici, de toute façon. Elle vint s’installer sur le lit, plus près de son visiteur. Ils n’auront pas besoin de hurler pour s’entendre. Ils n’avaient pas besoin de le faire de toute façon, la pièce était assez petite pour que des fourmis puissent communiquer alors qu’elles sont placées aux antipodes. Elle savait que ce n’était pas très bienséant de se tenir ainsi, mais elle s’affala à moitié sur le matelas, et ramena un bout de drap sur ses jambes. Une bonne partie de sa graisse l’ayant déjà quittée, elle sentait les coups de froid la pénétrer bien plus facilement qu’avant.

« Parlons ! » dit-elle enfin, quand elle fut installée correctement. « Y a-t-il un motif à votre visite inattendue ? » Elle ne savait toujours pas si elle devait s’adresser à un ami ou à un médecin. Elle voyait la blouse blanche, mais jusqu’à présent les soins n’avaient jamais consisté à délier sa langue. Elle était bien curieuse de voir comment le docteur Jekyll allait la soigner.

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Elle se donnait volontiers d'excellents conseils (bien qu'elle les suivît rarement) et il lui arrivait de se gronder si fort qu'elle en avait les larmes aux yeux. Elle se rappelait même s'être tiré les oreilles pour avoir triché au cours d'une partie de croquet qu'elle jouait contre elle-même, car cette étrange enfant aimait beaucoup s'imaginer qu'elle était deux personnes. ©️ caius
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MessageSujet: Re: [Flashback] Is there really so little hope ? + Marvin&Alice.   Mar 11 Oct - 20:33

Is there really so little hope ?
marvin & Alice

Lorsque je pénétrais dans la pièce, mon regard s’attacha immédiatement à celui d’Alice. La pauvre enfant famélique semblait quelque peu perdue dans ses pensées et je crains l’espace d’un instant qu’elle ne soit en mesure de reconnaître le docteur qui venait de pénétrer sur son territoire, dans sa bulle d’intimité. Avait-elle seulement conscience de ma présence ? Pouvait-elle percevoir dans ma voix et les traits doux de mon visage mon désir de l’aider ? Après quelques minutes de silence, ma patiente de proposa du thé. Je me sentis alors rassurer en entendant son aimable invitation. Elle semblait alors ouverte et ses paroles démontrait qu’elle ne ferait usage d’aucune agressivité envers moi. L’être humain n’avait donc céder toute sa place à l’animal ? C’était une très bonne nouvelle ! Sa volonté de rendre ma visite aussi agréable que possible était également très encourageant. Beaucoup de nos patients finissaient par se replier sur eux-mêmes, étant dans l’incapacité de percevoir le monde qui les entouraient. Hors, la jeune Alice restait parfaitement réceptive à son environnement. Je pourrais donc aisément lui parler et lui faire comprendre ce que je désirais d’elle. Notre séance s’annonçait dès lors sous les meilleurs auspices.

Cependant, bien que touché par sa proposition, je ne pouvais m’empêcher de soupirer. J’étais scandalisé par les conditions monstrueuses dans lesquelles les patients étaient logés. La pauvre Alice venait de me le confirmer en regrettant de ne pas pouvoir me proposer la boisson promise. Elle faisait d’ailleurs montre d’une raison qui dépassait celle des autres patients de cet hôpital. Elle venait de se rendre compte par elle-même que sa proposition n’avait aucun sens entre les quatre murs de sa chambre miteuse. Fort heureusement pour elle, je n’étais pas venu les mains vides. Ayant dû, durant des siècles, me plier aux règles de l’établissement, je pouvais enfin déroger aux règles sans que cela ne mette en danger ma carrière. Alice se trouvait dans cet enfer depuis très longtemps, elle méritait une récompense pour avoir su préserver sa raison et survivre malgré les tortures qui lui avaient été infligées. Sortant de ma poche un mouchoir de tissu, je souris à Alice tout en lui adressant un clin d’œil.

- Vous avez raison, Alice. C’est un scandale pour une jeune fille de bonne famille comme vous de ne pas disposer des meilleurs services. Fort heureusement, j’ai la solution ! je n’allais tout de même pas m’inviter chez vous sans apporter un cadeau avec moi !

Dégageant les coins de mon mouchoir, je dévoilais alors quelques petites pâtisseries maison qu’Edith avait eu le bon goût de préparer pour ma longue journée de travail. Je les montrais alors à Alice, espérant qu’elle recevrait avec plaisir ce petit présent de ma part.

- Voici des scones à la crème, une pâtisserie très connue de Londres. Je ne sais si vous êtes familières des pratiques culinaires de notre bonne vieillie Angleterre mais je vous assure que c’est un véritable délice ! Ah j’entends le gardien approcher de votre porte, si vous voulez bien m’excuser un instant, ma chère !

Rangeant temporairement les pâtisseries dans la poche de mon manteau, je me relevais de mon siège et me dirigeais vers la porte de la cellule. Je sortis alors et après avoir salué le gardien que je connaissais depuis longtemps, je lui demandais deux tasses de thé pour ma patiente et moi. Le pauvre homme semblait à la fois surpris et effrayé par ma demande.

- Mais docteur Jekyll... êtes-vous sûr que cela soit bien raisonnable ? Ce n’est vraiment pas une pratique courante… que penserait le directeur s’il le savait… et le docteur Ravenswood…

Il avait prononcé ce dernier nom avec une voix tremblotante comme s’il parlait de Satan en personne. Il était vrai que mon confrère n’inspirait guère la confiance du personnel qui n’ignorait rien de sa cruauté et de son arrogance. De mon côté, cela faisait très longtemps que j’avais appris à travailler avec son caractère difficile. Si mon confrère m’inspirait toute une palette de sentiments négatifs, la peur n’en faisait par partie ! Aimablement et comme pour le rassurer, le posais ma main sur l’épaule du pauvre gardien.

- Ne vous inquiétez de rien, Finley. J’assumerais l’entière responsabilité de cette décision ! Quant au docteur Ravenswood, si mes méthodes lui déplaisent, je lui parlerais personnellement. Allez-y dès maintenant. Vous ne voudriez pas faire attendre une lady tout de même ?

- Oui… je veux dire, bien sûr que non, docteur ! Je vous apporte cela tout de suite !

Je voyais avec plaisir Finley s’éloigner de moi, bien décidé à remplir sa mission du mieux possible. Je retournais dès lors vers la jeune femme. Qui avait pris place sur son lit et rejoignis ma place initiale.

- Ce brave Finley… c’est vraiment une perle ! Je me demande ce que cet hôpital ferait sans lui. Bien, en attendant qu’il n’arrive avec les boissons, je répondrais volontiers à votre question. Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mademoiselle Kingsleigh mais je faisais partie de vos médecins à l’époque où vous êtes arrivée ici. Je me faisais beaucoup de soucis pour vous et je voulais savoir ce que vous étiez devenue. Comment allez-vous ? Comment se passe votre vie ici ?

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MessageSujet: Re: [Flashback] Is there really so little hope ? + Marvin&Alice.   Dim 18 Déc - 15:53

Était-elle vraiment de bonne famille ? Elle pensait que c’étaient des histoires qu’inventaient tous les patients qui résidaient au même étage qu’elle, histoire de se bercer dans des illusions. Parce que c’était tout ce qui illuminait leur quotidien, les illusions. Même les bons souvenirs, le genre de souvenirs destinés à être racontés aux éventuels petits-enfants, étaient parfois effacés. Comme ceux d’Alice, et du Pays des Merveilles. Et d’une bonne partie d’autres choses aussi. Elle était plus la cobaye pour une expérience que la patiente ordinaire pour une opération de routine. Elle était tellement désespérée qu’elle crut être la femme la plus heureuse du monde quand l’évocation d’un espoir sortit de la bouche de ce nouveau docteur ! Une solution ? Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas entendu parler d’un petit bout d’espoir. Le bonhomme sortit un mouchoir, et délicatement, dévoila son contenu. Alice s’attendit à voir à l’intérieur un jeu de clés toutes propres, qui lui permettrait de sortir d’ici sans trop de problème dès que la nuit serait tombée et que le personnel de garde se serait adonné à leur bonne vieille partie de cartes, échangeant quelques anecdotes rigolotes sur les patients qu’ils partageaient tous.

Mais ce n’était pas des clés que le monsieur avait à offrir à Alice. Au lieu de ça, elle vit de la nourriture. Pas le genre de nourriture auquel elle avait le droit tous les jours. Ces consistances en manque de goût qu’elle était censée avaler trois fois par jour pour se maintenir en vie. Elle avait sous les yeux un morceau de quelque chose à manger qui ressemblait vraiment à quelque chose. Les narines et les papilles gustatives de la jeune femme en frétillaient d’avance. Elle aurait bien aimé savoir s’il s’agissait là d’un cadeau d’une personne de son passé, mais elle n’avait pas envie d’entendre la réponse. Il y avait toujours la possibilité que ce soit seulement un cadeau de ce docteur. Pas que ce soit une mauvaise chose, mais Alice espérait que quelqu’un viendrait la chercher ici. L’homme lui annonça qu’il allait s’absenter un instant, le temps de voir le gardien qui venait par là. Alice décida de ne pas trop espérer qu’il lui demanderait de la faire sortir de là.
Elle entama la pâtisserie qu’on lui avait donnée. Un scone, ou quelque chose comme ça. Le nom n’évoquait rien à la jeune femme, c’était sans doute la première fois qu’elle en mangeait un. Et après un paquet de temps à goûter à la nourriture fade de cet hôpital, elle en eut presque mal tellement c’était bon. Les plaisirs sucrés lui avaient manqué. À Vérone, elle commandait toujours plus de desserts que de plats. Sa mère avait pris l’habitude de contrôler ce qui sortait des cuisines, sans quoi sa famille aurait sûrement acquis la capacité de se déplacer en roulant sur elle-même. Ses dents retrouvèrent le plaisir de se noyer dans la crème. Elle savourait encore ce met alors qu’elle se disait déjà qu’il lui serait difficile à présent de se réhabituer aux menus fades qu’on lui servait ici.

Elle entendait des bribes de conversation dans le couloir, mais elle n’y fit pas attention. Ça faisait longtemps qu’elle avait pris l’habitude de ne pas les écoutait. La dernière fois qu’elle l’avait fait, la conversation portait sur la méthode qu’allait employer le docteur Kiernan sur elle. Et il avait été très difficile de la faire accepter l’opération, elle se rappelle encore qu’il y avait eu énormément de piqûres pour la calmer. Ignorer, c’était pouvoir se soigner sereinement. De toute façon, elle était trop concentrée sur sa mastication pour pouvoir faire attention à quoi que ce soit d’autre. L’homme gentil était revenu, elle s’en aperçut quand elle perçut ses mots plus distinctement que derrière la porte de sa chambre. « Qui est Finley ? » demanda-t-elle, sincèrement intéressée. Elle n’avait pas rencontré de personne brave, pas de ce qu’elle puisse se souvenir. Et elle avait encore moins rencontré quelqu’un ici dont elle puisse se souvenir du nom.
L’homme se présenta. Il lui dit avoir fait partie de l’équipe soignante qui avait pris en charge la jeune femme la première fois qu’elle avait mis les pieds ici, mais elle n’en avait aucun souvenir. L’événement lui disait vaguement quelque chose, elle savait qu’il y avait bien eu ce jour pour qu’elle arrive ici, elle savait qu’elle avait été à Vérone avant, mais les visages étaient toujours un peu flous. « Oh c’est très gentil de votre part ! » Elle ne se souvenait pas de lui, mais c’était quelque chose qui ressemblait à de la visite plus qu’à un rendez-vous médical. Il faisait peut-être partie de l’équipe médicale, mais il n’était pas venu pour la faire survivre. Il était juste venu prendre des nouvelles. Alice en avait la gorge serrée. « Mon docteur a dit qu’il avait presque terminé avec moi ! Je me souviens de moins en moins, c’est une bonne chose. » Le but de son séjour ici n’était pas de lui extirper toute mémoire, mais seulement de lui enlever de la tête l’existence du Pays des Merveilles. « Mais j’aimerais rentrer chez moi… » Elle pensait à Vérone. Il lui restait quelques flashs de quelques détails. Les souvenirs les moins troubles lui rappelaient Juliette, parfois la mort de Tybalt revenait. Pourtant, les flammes réapparaissaient toujours pour lui dire qu’elle n’avait plus de chez elle. « Ou aller ailleurs. » Elle ne se voyait pas terminer ses jours ici. Il fallait bien qu’à un moment donné, on vienne la chercher. Ou qu’elle se débrouille toute seule. « Quand est-ce que je pourrais partir ? Et avez-vous des nouvelles de ma soeur ? » Etait-elle morte dans l’incendie qui avait enlevé à Alice sa maison ?

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MessageSujet: Re: [Flashback] Is there really so little hope ? + Marvin&Alice.   

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