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 [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion

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MessageSujet: [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion   Mar 14 Juin - 0:21

Quand un serpent rencontre un lion
Robin & Mushu




Depuis combien de temps l'avait-on soustrait à la lumière du soleil ?  Cette question redondante laissait à penser que l'homme se trouvait ici depuis bien trop longtemps pour s'en souvenir.  Impossible pour lui de se rappeler la dernière fois où il a mis le nez dehors et même en redoublant d'efforts, sa mémoire continuait à lui faire défaut. Mais il parvenait non sans mal à se souvenir de ce soir de pluie, du martellement des sabots contre le sol boueux de la forêt de Sherwood, un sol froid, aussi humide que l'atmosphère. Les soldats venus en nombre, portaient le blason de Nottingham. Ils ne leur ont pas laissé la moindre chance.  Robin blessait et traînait au sol, fut incapable de se défendre pour empêcher cet enlèvement. Qui la conduit jusqu'au tréfonds de sa cellule tout aussi humide que la terre qui l'a vu naître.  Assit au coin, le dos adossé contre la pierre, l'homme avait perdu de sa superbe. Sa barbe commençait à pousser tout comme ses cheveux, il portait des guenilles pourvues de quelques trous à chaque extrémité. Quelle bien triste position ! Il ne pouvait se résoudre à bouger, un sentiment d'oppression parfois difficile à vivre.

Parfois, à la nuit tombée, si l'on consentait à tendre l'oreille, nous pouvions non sans mal percevoir le sifflement de sa respiration.  De temps en temps, malgré les chaînes, il se redressait et tentait de faire un ou deux pas. Le regard vide il abandonnait bien vite pour reprendre sa place initiale et continuait à égrener les jours.   Plic, ploc, plic, ploc… Le voilà réduit à observer les gouttes de pluie qui égouttent le plafond.  Prêt de la meurtrière, qui ne laissait passer qu'une faible dose de lumière, une petite marre d'eau s'était formée et stagnait depuis.  La geôle sentait l'humidité à plein nez, cela était très éprouvant pour les personnes qui n'était habitués à cela.  Robin, dont les poignets étaient enchaînés, avait pris l'habitude de vivre ainsi, tout comme il avait pris l'habitude de subir les tortures de l'ôte de ces lieux. Parfois, il tentait de méditer sur sa condition, mais en vain, car voilà que la grille de sa geôle s'ouvrit sur deux gardes portant le blason de l'illégitime roi Jean. Passé cette introduction, Robin fut emmené hors de sa cellule pour en rejoindre une autre, aménagée en salle de réception pour les prisonniers. Sentez-vous l'ironie dans cette affirmation ? Non ?

Le Shérif de Nottingham était un homme d'une rare cruauté, bien que par le passé il n'eut manqué de rien. Il était de ces êtres qui affectionnaient la souffrance et qui de ce fait la pratiquait comme l'on pratique un loisir. La terminologie exacte pour désigner un tel individu serait celle du sociopathe.  Car à l'inverse du psychopathe, cet être pouvait faire la différence entre le bien et le mal. Néanmoins, bien que détenteur de cette faculté, cela n'avait aucune importance pour lui. De ce fait, torturer un homme semblait être au moins aussi plaisant que de s'emplir gaiement la panse lors d'une débauche de bonne chair.  La cape virevoltant sur son passage, l'homme tout vêtu de noir (sa couleur favorite) venait de pénétrer les souterrains, un mouchoir sur la bouche pour se prémunir des mauvaises odeurs. Comme à l'accoutumée, il prit la direction de la cellule la plus éloignée, puis une fois arrivée, il prit bien le temps d'observer « son hôte » tout en arborant ce sourire aussi malsain que sa personne.

« -Robin des Bois ! J'ai toujours trouvé ce pseudonyme pathétique. N'est-ce pas ? » Les deux gardes se mirent à sourire face à l'intervention du shérif qui continuait à jubiler en voyant son prisonnier dans un tel état.  « - Il a bien piètre figure le voleur au grand cœur ! Néanmoins, laisse-moi t'annoncer qu'aujourd'hui tu es pourvu de chance.  Tu ne subiras pas le traitement spécial. As-tu quelque chose à ajouter ? » Robin redressa la tête et tenta non sans mal de se relever. « - Je ne serais pas contre une bonne ripaille et ta tête sur un plateau ô toi, grand seigneur coprolithe ! » Passé la charmante intervention, Robin éclata de rire, offusquant davantage le Shérif « - J'aurai ta tête avant voleur » Il tourna les talons et s'en alla furieux « -Apprends déjà à te battre décemment boursemolle » lança Robin sous le regard des deux gardes. Le voleur avait beau avoir subi moult tortures, il continuait cependant à faire preuve d'humour en grand dam de ses geôliers.


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MessageSujet: Re: [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion   Dim 26 Juin - 21:25

Quand un serpent rencontre un lion
Robin & Mushu

Encore gonfler d'orgueil face à la réussite de sa protégée, Mulan, Mushu avait cru pouvoir régler le chaos dans lequel était plongé Nottingham en deux-temps et trois mouvements. Ce royaume restait encore et toujours une épine dans sa patte. La seule tache d'encre sur la magnifique liste de ces exploits passés. Bon, peut-être pas la seule. Mais, au moins la plus importante. Le petit dragon n'arrivait pas à savourer le sauvetage de l'empereur de Chine sans que ce passage de sa vie lié au catastrophique royaume dirigé par feu le roi Richard ne revienne le hanter. C'était véritablement agaçant. Encore plus, maintenant, qu'il est sur place. Nottingham n'était pas un problème. C'était un paquet de nœuds composés de problèmes plus complexes les uns que les autres.

Toute la bonne volonté du monde n'y suffisait pas. La populace était ingrate. Mushu avait connu un paquet d'ingrats dans sa longue vie et pouvait classer le peuple de Nottingham dans son top trois sans hésiter. On le traitait de serpent ou avec cet odieux surnom de Triste Sire. Alors qu'il faisait de son mieux pour débarrasser les bois de ce scélérat surnommé Robin des bois ! Le prince Jean l'écoutait à peine en ce moment et le shérif... Mushu préférait l'éviter comme la peste. Il n'avait pas envie de se trouver à proximité lorsque ce dernier aurait une soudaine envie d'une ceinture en écaille rouge.

Le problème est qu'il était trop gentil. Malgré l'ingratitude qu'il subissait constamment... D'ailleurs, il faudrait qu'il recherche des synonymes à ingratitude sinon il risquait de se répéter... Il restait. Son entêtement y était certainement pour quelque chose aussi. Maintenant qu'il avait retrouvé son titre de gardien, il était hors de question de rentrer en échouant pour la deuxième fois. En plus, la vie au palais était loin d'être inconfortable. De ce côté-là, Mushu n'avait pas à se plaindre.

Mais revenons à nos moutons. Mushu commençait à manquer de conseils pour essayer de rétablir la prospérité du royaume. Il avait aussi épuisé le stock d'idée en matière de suggestions de taxes. Dans la catégorie 'réaliste' en tout cas. Si ces 'joyeux compagnons' (aucun commentaire sur le nom, le dire à voix haute suffisait amplement à en exprimer le ridicule) arrêtaient de dévaliser les réserves d'or et les convois, peut-être que Mushu ne se retrouvera pas obligé à suggérer de taxer l'air ou les herbes foulés du pied.

À un moment, il y avait eu un espoir, pourtant. Robin des bois avait été capturé. D'ailleurs, ce malandrin se trouvait toujours prisonnier. Pourquoi cela n'avait-il rien changé ? Mushu aurait pu s'arracher les cheveux devant ce casse-tête s'il en possédait encore sous son apparence reptilienne qui était devenu la sienne depuis un près d'un siècle. Il devait creuser ce mystère et, après avoir retourné les explications possibles sous tous les angles, le gardien de la famille Fa arriva à une conclusion : plutôt que de se torturer l'esprit, pourquoi ne pas demander directement au principal concerné ?

À distance raisonnable (à cause de cette histoire de potentielle envie de ceinture en écaille de dragon, vous suivez ?), il suivit le shérif jusque dans les souterrains. Peu de gens le savent, mais Mushu pouvait se faire discret malgré les couleurs criardes de ces écailles. Cela datait d'une époque où tout ce qui le voyait avait une soudaine envie de le piétiner ou de le manger. Ce genre de choses ne s'oublie pas facilement.

Si le petit dragon avait encore un doute sur le pensionnaire de la dernière cellule, il fut vite dissipé par les paroles du shérif qui claironna au sujet du pseudonyme pathétique du bandit. Très bien, en plus d'être une personne désagréable, le shérif lui piquait ces répliques... Parfait ! Il allait devoir réfléchir à une nouvelle entrée en scène. Heureusement que les deux dans la cellule commençaient à se tailler la bavette, il avait du temps pour y réfléchir. Car Mushu ne prit pas le risque d'entrer. Même en se planquant en usant de tout son talent pour le camouflage, il doutait échapper à la vigilance de deux personnes, sans compter les gardes. Non, il préférait attendre son 'tour', bien à l'abri depuis un point de vue juste assez surélevée pour ne pas manquer le départ du shérif. Il n'avait jamais vu Robin, hormis sur les affiches mettant sa tête à prix. Du moins, il s'imaginait ne jamais l'avoir vu avant. C'est vrai, le nom de Robin lui disait quelque chose, mais... C'était certainement un prénom courant dans le patelin, non ? En tout cas, pour lui, il s'agissait d'une première rencontre. Le genre de moment qui devait marquer les esprits.

Quoi que... Il était supposé être discret. Cette petite visite n'était pas vraiment officielle. Mushu se tortilla pensivement une de ces moustaches au bout d'une de ses griffes, ne sachant à quelle tentation céder. Difficile. Vraiment difficile. Lorsqu'un shérif furieux partit, le petit dragon avait établi un plan génial. Souffler sous les torches pour en augmenter les flammes et faire son entrée avec une phrase fracassante dit avec la même grosse voix qu'il avait employé devant Mulan. Ce plan était parfait... Mais ne tarda pas à présenter un inconvénient majeur : aucune trace de torche dans la cellule. Mushu s'en rendit compte en se hissant jusqu'au trou traversé de barreaux dans la porte. Damnation ! Tant pis pour l'entrée spectaculaire.

"J'aurais aimé débattre sur ton surnom ou ton allure peu flatteuse pour un supposé héros, mais il semblerait que quelqu'un m'ait déjà précédé sur ces sujets."
Glissa-t-il en prenant une pause décontractée depuis le trou dans la porte. L'avantage d'être petit était qu'on pouvait se prélasser, même dans l'espace réduit entre deux barreaux. Par exemple, en se calant le dos contre le premier et en se servant du deuxième comme repose-pied. "Boursemolle, hein ? Charmant vocabulaire." Commenta-t-il ensuite. Puis enfin, il se décida à lancer un coup d'œil en direction du prisonnier. Mushu plissa les yeux et regarda Robin avec un peu plus d'attention. "Mais, je te connais toi... Ta tête de loqueteux me dit quelque chose." Réfléchit-il à voix haute.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion   Jeu 4 Aoû - 0:04

Quand un serpent rencontre un lion
Robin & Mushu

 Le jour se lève et se couche, la nuit en fait de même, hormis cela, rien ne change pour Robin, toujours enchaîné comme un animal dans les geôles de Nottingham. Sa seule fenêtre sur le monde, n'est qu'une toute petite meurtrière qui lui permet malgré tout d'avoir un peu de lumière lorsque le soleil est à son zénith. Le sol est quant à lui tapisser de paille, une bien maigre consolation. La couche sur laquelle le voleur « dort » est aussi recouverte de paille. Nous sommes loin, voire très loin du petit confort de Sherwood. Un souvenir qui ne quittait jamais Robin. Il ne se passait d'ailleurs pas un jour, sans que le voleur n'y pense. Mais plus encore, s'est le souvenir de Marianne qui hantait ses nuits et ses pensées. Un souvenir perpétuait par la vengeance de Nottingham à son encontre

« Tu l’aimais, mais c’est moi qu’elle a choisis »

« Si elle m'avait choisi rien de tout cela ne serait arrivé. Tout est de ta faute Locksley et tu laisses bien plus derrière toi, en l'occurrence ce petit bâtard » Le souvenir d'une récente entrevue entre le geôlier et sa victime, raviva toute la colère de l'archer qui subissait chaque jour les visites de son ennemi et qui de ce fait voyait quotidiennement le visage de l'homme qui lui avait tout pris et qui se faisait un plaisir de le lui rappeler. « Un jour, moi aussi, je lui prendrais tout et il verra ce qu'est la souffrance. Je le jure sur l'honneur du roi Richard et s'il faut que j'y consacre toute ma vie, soit. » Et chaque jour, alors que dehors le soleil se mourrait peu à peu, l'archer se répétait sa phrase telle une promesse, un serment. L'homme d'honneur se laissait donc peu à peu gagner par des pensées qu'il avait tant de fois combattues et se fichait éperdument de ne point respecter son code d'honneur qu'il exécrait plus que tout à présent. Plus rien n'avait de sens entre ces mûrs, ni la vie, ni les beaux idéaux, ni les autres, seul la solitude, la colère et la vengeance prédominaient dans ce monde sans lady Marianne.

« -J'aurai ta tête avant voleur ! »

« -Apprends déjà à te battre décemment boursemolle »

Le shérif vexé par les insultes de son adversaire, ne pouvait se résoudre à se satisfaire de le voir croupir comme un gueux entre les murs de sa prison. Il voulait le briser de part en part, lui enlever tout jusqu'à son humanité pour n'en faire qu'un animal docile que l'on sort enchaîner lors des grandes occasions. Il voulait le rabaisser plus bas que terre, le torturer moralement et physiquement, lui faire payer chacun de ses vols, mais plus encore, il voulait lui faire payer le vol du cœur de Lady Marianne. « - Il ne plie pas encore l'échine Qyburn. Je le veux docile est-ce trop difficile à comprendre ? » lança le shérif à l'un de ses conseillers. « -Monseigneur l'anatomie du corps n'ayant aucun secret pour moi, je vous suggère de me laisser procéder. Nous avons nos limites et lorsque le voleur aura atteint les siennes, il sera plus aisé de le briser… » Les deux comploteurs achevèrent de s'éloigner des cachots. Robin quant à lui, souffla. Ce soir à n'en pas douter, il avait échappé à une séance de torture et pourrait de ce fait se reposer un peu jusqu'à demain. Mais le pourrait-il sur la longueur ? Le temps est un ennemi et nul doute qu'en cette période de terreur, l'animosité est encore plus palpable. Robin souffla une fois encore et releva sa manche pour mieux observer le tatouage qui ornait son bras gauche. Au loin, comme un vieil écho qui jamais ne vous quitte, les sages paroles du roi Richard résonnaient en sa mémoire. Berçait par ces envolées lyriques et héroïques, Robin ferma les paupières tachant de se remémorer les meilleurs moments de sa vie jusqu'à ce qu'une odieuse petite voix ne se fasse entendre entre les murs de sa prison. Aussitôt, l'archer enchaîné, se redressa emplit de fureur, le regard aussi sombre que les lieux avoisinant.

« -Toi ? Misérable vulgaire petit serpent !!! » Hurla-t-il tel un chien enragé. Trop loin et enchaîné, il ne pouvait cependant se résoudre à lui tordre le cou. Résigné, il cessa donc de se tortiller dans tous les sens. Le souvenir de Richard le hantait encore, mais cette fois ce n'est pas l'écho de ses plus grands discours qui lui revenait en mémoire, mais la présence de cet odieux serpent et sa mauvaise influence. « -Ferme-là langue de vipère ! Tes paroles ne sont que poison. » La petite créature cessa d'arborer son allure décontractée et observa avec un peu plus d'attention le « prisonnier préféré » du shérif. Et lorsqu'enfin, le petit « dragounet » fut éprit d'une petite hésitation quant à l'identité de son interlocuteur, ce dernier laissa échapper un rire à peine étouffer qui se mua en un véritable fou rire. « - La traitrise t'aurait-elle fait perdre la mémoire, petit être ? Ou serait-ce les vapeurs de l'enfer qui te rendent amnésique ? On dirait que toutes les personnes qui m'ont pris un être cher, ont décidé de faire cause commune. C'est presque touchant. Te souviens-tu de ce jeune soldat que le roi Richard avait pris sous son aile ? Ce jeune soldat qui désapprouvait tes conseils. Ce jeune soldat qui était au front avec Le Roi, comme tu l'avais proposé. Ce jeune soldat qui s'est battu et a perdu son ROI par ta faute. Tu as du sang sur les mains, ça, je ne l'ai pas oublié. Un nom de plus sur ma liste, Triste Sir ! »
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MessageSujet: Re: [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion   Sam 27 Aoû - 19:44

Quand un serpent rencontre un lion
Robin & Mushu

Mushu n'avait pas l'habitude de viser cette partie du château. Déjà que Nottingham n'était pas une bourgade des plus sympathiques, le dragon évitait de se rendre dans l'endroit où était entassée et enchaînée la lie de la société. Question de standing. Aujourd'hui, il faisait une entorse à cette saine habitude de ne pas s'approcher de la vermine pour résoudre un mystère. Pourquoi la situation du royaume ne s'était-elle pas arrangée alors que la tête de la rébellion se trouvait entre ces murs ? Cette question était plutôt gênante, car elle allait à l'encontre du célèbre proverbe 'Lorsque la tête du serpent est coupée, le reste n'est qu'une corde'. Mushu adorait les proverbes. Il n'y avait rien de mieux pour appuyer des conseils qu'une bonne vieille citation millénaire. En plus, on pouvait raconter tout et son contraire avec ce genre de phrase. Du pain béni pour quelqu'un sachant jouer avec les mots comme lui et c'est pour cela que la situation présente l'agaçait autant. Toutes ces jolies phrases l'avaient conduit à la conclusion que la rébellion prendrait fin lorsque cette bande de voyous se retrouvera sans chef, mais ce n'était pas le cas. Le petit dragon se sentait presque trahi. Existait-il un proverbe disant qu'un serpent à tête coupé restait un sacré problème ? Non, bien sûr que non, et, si on ne pouvait plus se fier aux proverbes, a qui pouvait-on encore se fier de nos jours ?

Il était bien décidé à prendre le taureau par les cornes (encore une autre expression qu'il chérissait) en menant son enquête, même si pour cela, il allait devoir s'approcher et parler à ce propre-à-rien puant de Robin des Bois. Tiens, peut-être qu'entre deux remarques, il trouverait le temps de papoter surnoms, parce qu'entre les joyeux compagnons et robin des bois, tout cela laissait franchement à désirer. Ce n'était pas des sobriquets qui imposaient le respect. La preuve, même cet idiot de Shérif avait assez de cervelle pour s'en moquer (et lui voler la réplique qu'il avait en tête, par-dessus le marché) !

Enfin, bref, puisque le Shérif lui avait voler son entrée en matière, Mushu avait décidé de jouer la carte de la simplicité en engageant la conversation, installé entre deux barreaux grâce à sa petite taille. Il était confortablement installé et, surtout, hors de portée du prisonnier enchaîné. Tout semblait parfait, sauf qu'il découvrait enfin la trombine du voleur autrement que via des avis de recherche. Le gardien de la famille Fa ne put s'empêcher de trouver un air de déjà-vu à la figure de ce scélérat, sans arriver à savoir d'où lui venait cette sensation.

Tandis que Mushu se frottait le menton en se demandant où il avait pu voir cette tête de loqueteux, ce dernier se mit à hurler comme un chien enragé pour le traité de misérable vulgaire petit serpent. "Je ne suis pas un serpent !" S'offusqua immédiatement le reptile. Serpent et lézard étaient des termes qui lui faisaient toujours monter la moutarde au nez en un temps record. "Je suis un... Oh et puis, j'abandonne, je ne peux continuer d'espérer qu'un bouseux comme toi ou tous ceux composant ce patelin reconnaisse un noble représentant de mon espèce quand il en voit un." Conclut-il en croisant les doigts dans une attitude vexée.

Attitude qu'il troqua vite contre un sourire amusé en voyant le prisonnier se tortiller pour essayer de l'atteindre. Dommage que Robin abandonna rapidement cette idée, réalisant bien trop vite que Mushu s'était mis hors d'atteinte, sinon, le dragon l'aurait volontiers narguer pour prolonger un peu le spectacle. Surtout qu'il venait de le traiter de vipère et comparer ces paroles à du poison. "Parce que les tiennes sont meilleurs, peut-être ? Voler aux riches pour donner aux pauvres, la bonne blague." C'était plus fort que lui, Mushu ne connaissait pas l'expression 'laissé tombé', ou, plutôt, oui, il la connaissait, mais préférait toujours répliquer pour avoir le dernier mot.

Puis qu'il estimait avoir remis son interlocuteur à sa place, le petit dragon put se reconcentrer sur son problème de mémoire. Où avait-il donc vu cette tronche avant ? Le prénom ne pourrait lui être d'aucunes utilité. Robin était un patronyme tellement quelconque. Pour couronner le tout, le prisonnier éclata de rire lorsque Mushu fit cette remarque à voix haute. *Il a perdu la tête, me voilà bien avancé.* Songea-t-il. Heureusement, la langue de voleur se délia pour expliquer la cause de son hilarité.

"Si tu crois que je me souviens de tous les loqueteux que j'ai croisés au cours du dernier siècle." Répliqua-t-il de nouveau piquer à vif devant la réflexion de Robin qui insultait à présent sa mémoire. Mushu aurait sans doute enchaîné, si le prisonnier n'avait pas piqué sa curiosité en se montrant plus précis. Le petit dragon se pencha un peu en avant et en plissant les yeux afin de mieux observer son interlocuteur. "Hum hum." Laissa-t-il échapper en se frottant de nouveau le menton avec sa griffe dans une attitude trahissant une intense réflexion. Un jeune soldat... Un jeune soldat... Mentalement, Mushu se livrait à un savant calcul : visage de Robin moins crasse moins une dizaine d'années en moins.

L'horrible surnom dont il avait écopé à Nottingham le perturba dans ces calculs. "Encore ce sobriquet de Triste Sir ! J'ai un nom, je te signale ! Et c'est..." Le dragon s'interrompit, se rappelant que sa venue ici n'était pas officiel. Comme la situation de ce royaume ne semblait pas s'améliorer, il valait mieux que son vrai nom n'arrive pas jusqu'aux oreilles du Grand Ancêtre. "Peu importe." Fit-il en exécutant un large geste du bras comme s'il classait le dossier. "Revenons plutôt à ta sale trombine." Le petit dragon se tortilla une de ces moustaches avec une de ces griffes. "Non, je ne vois vraiment pas. Ta description pourrait correspondre à beaucoup de monde et le prénom de Robin est très quelconque. Désolé de te l'apprendre, si tu te pensais unique." Une petite pique gratuite témoignant qu'il portait toujours rancune concernant les surnoms qu'il avait reçus depuis le début de cette conversation. Son expression se fit plus songeuse. "Il y avait bien ce petit je-sais-tout qui l'ouvrait à chaque fois que je donnais un conseil." Décrit-il avec lenteur. Son regard s'illumina à la fin de sa phrase tandis qu'il inspecta une dernière fois Robin à la lumière de cette dernière révélation. "Par mes moustaches ! C'est toi !" Dit-il en pointant une griffe en direction du prisonnier.

Mushu semblait content d'enfin pouvoir clarifier cette agaçante impression de déjà-vu. Il se réinstalla contre le barreau avec nonchalance et émit un sifflement. "Te voilà tombé bien bas, mon jeune ami : passer du statut de soldat prometteur à un voleur enfermer dans une geôle, ancien leader d'un groupe de voyous au surnom plus que discutable. Quelle idée saugrenue !" Maintenant qu'il s'était souvenu d'avoir connu le détenu, le dragon se montrait beaucoup plus familier avec lui, oubliant au passage les accusations qui s'étaient échappé des lèvres de ce vaurien.

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MessageSujet: Re: [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion   Ven 21 Oct - 17:57

Quand un serpent rencontre un lion
Robin & Mushu

 

***********
Quelques années auparavant
Quelque part, près du Royaume de Notthigham.



Les premières gouttes de pluie vinrent s'écraser avec violence contre le sol, engorgeant au passage les tristes et hypothétiques pavés dont se parait l'asphalte. Bien sûr trop rare étaient les pavés en ces lieux surplombait par les imposantes forêts dont celle de Sherwood. Ici, les plus fortunés se permettaient quelques fantaisies, comme le fait de ne jamais mettre un pied-à-terre, ou encore l'envie de construire une espèce de chemin en pavés, pour que lors des grandes averses, les rares nobles qui étaient de voyage, puissent marcher jusqu'au palais sans avoir à poser un pied dans la boue. L'idée était saugrenue, mais faisait sourire les nobles qui voyaient là, encore une occasion de rabaisser le petit peuple. Lorsque Richard dit « le Cœur de Lion » accéda au trône, il fut décidé, que ces chemins pavés soient détruits sur le champ Personne ne put se résoudre à s'opposer à cela, le monarque avait parlé et de ce fait, malgré le désaccord évident avec les nobles, ces derniers ne purent se résoudre à contredire leur roi. A présent, tout le monde était contraint de marcher sur ce même chemin boueux menant au château. Paysans, nobles, chevaliers, voyageurs, il n'y avait plus aucune distinction grâce au roi, qui du haut de sa tour, observait les nobles se dépatouillaient dans la boue.


« -Regarde les donc ! » Un jeune homme sortit de l'ombre et s'approcha de la fenêtre pour observer à son tour, les quelques nobles furibonds dans la boue. « -Je veux qu'ils comprennent que leur fortune et les privilèges qui en découlent, ne justifient pas ceci ! » Pour se faire comprendre, il désigna les quelques pavés encore à vue. Le jeune homme à ses côtés avança d'un pas et continua à observer les gens de l'extérieur. « -Robin, ne l'oublie jamais, tous les hommes de cette terre, naissent et demeurent égaux jusqu'au trépas. Ces personnes imaginent qu'elles sont meilleures à cause de leur fortune, mais c'est faux. Je veux traiter chacun de mes sujets avec la même équité, qu'il soit fils de seigneur ou fils de paysan. Je sais que cela est utopique, mais j'y crois et… » Robin, qui était alors un très jeune homme, observa son monarque et osa le couper « Majesté, je trouve que c'est un très beau projet. » Puis il baissa la tête, conscient de l'avoir coupé sans y avoir été convié.« -Veuillez me pardonner majesté ! J'ai pris la parole alors que vous vous exprimiez avant moi ! »


« -Non, ne t'excuse pas Robin ! Je te l'ai dit, nous sommes tous sur un pied d'égalité, même moi. Exprime-toi sans crainte. Je suis ravi de voir qu'au moins une personne partage mon opinion. Ne perds jamais cela Robin. D'ailleurs, je suis convaincu que, dans un avenir proche, tu feras de grandes choses. »


« -Comme vous majesté ! » Quelqu'un vint alors interrompre la conversation en toquant énergiquement contre l'imposante porte. Le jeune Robin se tue aussitôt et se retourna pour s'enquérir de la situation. L'air embêté, l'un des servants du palais, après avoir été convié à entrer, fit savoir au roi que son conseillé tenait à lui parler expressément sous peu. Robin comprit aussitôt de quoi il était question et ne put s'empêcher de laisser une vague d'inquiétude l'étreindre au moment où le monarque fit savoir à son domestique, qu'il était prêt à recevoir le dit conseiller.


« -Je croyais que vous en aviez fini avec majesté ? »

« -Il peut être de bons conseils Robin ! »

« -Vous louez ma franchise n'est-ce pas ? Et bien laissez-moi vous dire que rien de bon n'émane de ce conseiller et de ses conseils. »

« -Robin s'il te plaît ne soit pas si manichéen. Nous traversons une crise difficile et… »

« -Il n'est nul besoin de prendre les armes pour régler une crise. La diplomatie peut être salvatrice parfois. C'est vous-même qui me l'avait appris. »

« -Parfois il n'y a pas d'autres solutions. Avoir un grand pouvoir implique de grandes responsabilités Robin. Être roi, m'oblige, parfois à prendre des décisions autres que celles qui font vibrer mon cœur. »

« -Mais vous êtes roi, vous pouvez faire ce qu'il vous plaît ! »

« -Oui, mais je ne dois penser à moi en de telles conditions, je dois penser à mon royaume. Je dois préserver mon peuple de ses ennemis. »

« -Et vous pensez vraiment que de partir en guerre, suffira ? Majesté, j'ai foi en la diplomatie. »

« -Oui Robin j'en suis convaincu et rien ne me fera changer d'avis. Les arguments de mon conseiller ont achevé de me convaincre. »


Le jeune Robin serra la mâchoire et baissa la tête honteux de se montrer aussi véhément à l'égard de son monarque. « -Bien ! Si c'est votre décision, je l'accepte majesté et je continuerai dès lors à vous servir comme il se doit ! Sachez toutefois, que je n'ai aucune considération à l'égard de ce serpent qu'il soit votre conseiller ou non. Il est une créature magique, qui s'immisce dans les ingérences d'un royaume qui n'est pas le sien » Il s'inclina une dernière fois, tourna les talons et croisa le regard de celui que l'on surnommait ici « Triste Sir »


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Enchaîné comme un vulgaire animal, le corps rongé par la fatigue et les quelques mauvais traitements infligés par son hôte, celui que l'on nommait jadis « Le prince des voleurs », avait perdu de sa superbe laissant ainsi au reptile le loisir de le rabaisser un peu plus encore. « -Peu importe ce que tu es, je n'en ai que faire et s'il me restait encore suffisamment d'énergie, je n'aurai pas hésité à te cracher à la figure tel le « bouseux » que je suis.» Il abordait à présent ce même regard lancé des années auparavant après une conversation avec Le Roi Richard. Dégoûté de voir cet individu se mouvoir avec autant de liberté comparée à lui, Robin serra davantage la mâchoire. Nul doute que s'il en avait eu la possibilité, il aurait arraché la tête du malheureux, avec les dents s'il le fallait. « -Pour moi tu es et tu restes un vulgaire serpent qu'il faudrait rôtir sur les flammes de l'enfer. » L'ancien conseiller du roi Richard cœur de Lion ne se démontait pas et continuait à provoquer le captif qui s'agitait de plus en plus, au point de faire trembler ses liens. « - Tu peux t'exclamer autant que tu le veux vermine. Moi, je sais qui tu es, là est l'essentiel. Et si un jour, je parviens à sortir d'ici, sois certain que tu seras l'un des premiers noms que je rayerai sur ma liste après avoir causé ton trépas. » Le regard sombre, Robin continuait à injurier, intérieurement son interlocuteur qui se pencha et plissa les yeux pour tenter d'identifier l'impudent qui ne ménageait pas ses efforts pour se rendre détestable. A présent, la créature semblait se livrait à une profonde réflexion et s'offusqua par la suite à l'entente de son horrible surnom.


« -Tiens le serpent à un nom ! Je serais curieux de l'entendre conseiller Triste Sire ! Ne cherchez pas à éluder le sujet, lâche que vous êtes. Auriez-vous peur de prononcer votre nom ? » Le voleur lança un sourire mauvais à son interlocuteur qui continuait à éluder le mystère du bouseux. « -Aller un peu d'effort serpent, je suis sûr que ta mémoire ne sera plus défaillante sous peu. » Et effectivement, l'ancien conseiller (funeste) se rapprochait peu à peu de la vérité pour enfin la toucher du bout de ses odieuses moustaches torsadées. « -Oui c'était moi ! Vous avez conduit le roi à sa propre mort. » Robin, plein de colère, se redressa et tira sur ses chaînes pour tenter de gagner quelques centimètres de liberté. « - Bon à juger, mais incapable de comprendre ! Un opportuniste qui a vu en la mort du roi Richard, la possibilité de se faire son petit nid douillet pendant que le bas peuple crève de faim. Je suis même prêt à parier que le chemin de pavés à été reconstruit pour que les nobles n'aient pas à poser un pied sur le sol gorgé de boue que le bas peuple foule chaque jour. J'aimais mon roi plus que tout, il était comme un père pour moi et vous me l'avez pris. Il lui restait tant de choses à accomplir. C'était un très grand roi aimait de son peuple. »
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MessageSujet: Re: [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion   Lun 7 Nov - 18:05

Quand un serpent rencontre un lion
Robin & Mushu

Mushu avait l’habitude de l’ingratitude. On pouvait dire qu’il l’avait côtoyé depuis le berceau, quasiment. Ces parents n’avaient jamais reconnu sa vraie valeur, alors qu’il leur avait apporté beaucoup de clients avec ces histoires et tiré la famille Fa de la misère en trouvant la perle magique. Ensuite, lorsqu’il était devenu un dragon après avoir avalé par inadvertance la perle en question, on l’avait chassé de chez lui. Même lorsqu’il était devenu gardien de la famille, bien plus tard, on n’avait jamais reconnu ces efforts, sous prétexte que ces conseils n’aboutissaient qu’à des malheurs. Bref, tout cela pour dire que, même en ayant l’habitude de subir l’ingratitude des autres, Nottingham détenait le record. Si le petit dragon rouge n’était pas aussi obstiné, il aurait rangé ce royaume de pouilleux dans la case ‘cas irréparable’ et serait passé à autre chose depuis longtemps. Seulement, voilà, il était têtu. Têtu et encore enorgueillis par sa réussite au côté de Mulan. Hors de question que Nottingham reste un échec. SON échec. Un mauvais conseil qui avait conduit à la mort du Roi Richard. Un fait que l’attristait bien plus qu’il ne voulait le laisser paraître.

Mushu refusait de se laisser aller à la déprime en ressassant le passé. Il allait retourner la situation, rendre la paix à ce royaume composé d’ignare ne sachant pas faire la différence entre un noble dragon et un vulgaire serpent. C’était plus difficile que prévu. La situation s’était empirée durant son absence ! Pourtant, il continuait à s’acharner, aggravant sous le vouloir la détresse du peuple qu’il cherchait à sauver. Hélas, ces efforts ne semblaient jamais être récompensés. À croire que ce fichu royaume ne voulait pas être sauvé ! Par exemple, le cas Robin des bois. Le chef de la bande à l’origine de tous les ennuis du Prince Jean. Le vaurien au surnom absurde était en prison. Dans n’importe quelle autre histoire, la paix serait revenue. Ici, non. Pourquoi ? C’était pour résoudre ce mystère que le conseiller était venu rendre cette petite visite surprise.

Bien sûr, il ne reçut pas un très bon accueil. Mushu en fut tout d’abord vexé, ensuite, il se fit plus ou moins une raison. À quoi s’attendait-il de la part de quelqu’un qui appelait sa bande ‘les joyeux compagnons’ ? Bah ! Robin continuait à montrer toute la rudesse dont il était capable en parlant de lui cracher à la figure. « Essaye un peu pour voir, et je te grille sur place. Histoire de te donner un cours accéléré entre les différents types de reptile. » Argumenta-t-il avec ferveur, se sachant suffisamment loin pour échapper au crachat visqueux si le prisonnier se découvrait assez de salive pour tenter un essai. C’était plus fort que lui, il cherchait toujours à avoir le dernier mot.

Le petit reptile interrompit ces échanges de ‘politesse’ pour se concentrer. Le visage du loqueteux lui disait vaguement quelque chose et pas parce qu’il avait vu cette trombine sur les avis de recherche. Surtout ce regard mauvais, il était certain d’avoir déjà subi cette œillade assassine mélangée à du dégoût par le passé. Sauf qu’il avait reçu pas mal d’œillade assassine dans sa vie et une bonne centaine de regard dégouté envers sa personne (il comptait même quelques tentatives de piétinement à son actif), donc ce n’était pas cette maigre impression de déjà-vu qui allait l’aider ! L’ennui avec ce genre d’impression, c’est qu’une fois qu’elle vous titillait, il était impossible de passer à autre chose. Mushu en perdait presque son légendaire sens de la répartie, ignorant les menaces de Robin pour se triturer mentalement la mémoire dans l’espoir d’avoir une révélation. Du moins, jusqu’à ce que l’horrible surnom de Triste Sir franchît les lèvres de son interlocuteur. Sa capacité à ignorer ce qui le dérangeait avec des limites et ce sobriquet donné par les habitants de Nottingham en faisaient partie.

« Bien sûr que le serpent à un nom ! C’est Mushu. M-U-S-H-U. Rentre-toi bien cela dans le crâne ! Et d’abord, je ne suis pas un serpent ! » S’emporta-t-il. Comme toujours, il suffisait que la moutarde lui monte au nez pour que sa langue fourche. Lui qui avait décidé de ne pas dévoiler son identité avait balancé son véritable nom sans réfléchir. Pourtant, des faux noms, il en avait à la pelle ! Ping, Atchou, Lin, il en avait donné plein à Mulan lorsque sa vaillante guerrière s’était travestie pour entrer dans l’armée. Il aurait pu en emprunter un de ces exemples, sans problème, s’il avait réfléchi avant d’ouvrir la bouche. Mushu n’avait pas encore réalisé sa gaffe, il préféra râler à voix basse tout en essayant de raviver sa mémoire. Les railleries du prisonnier ne l’aidaient pas vraiment.

Puis, finalement, il trouva ! C’était le sale gosse dont le roi Richard s’était pris d’affection. Soulagé d’avoir enfin trouvé, Mushu exposa sa découverte à voix haute. Son attitude change alors, pour paraître plus décontracté. Il reprocha ce revirement du destin sur un ton badin. Robin était passé d’élément prometteur à bandit au surnom ridicule. Oui, il trouvait cela presque amusant. Presque, car son interlocuteur lui balança la responsabilité de la mort de Richard en pleine face, avant qu’il ne puisse pleinement savourer la dernière plaisanterie ou l’immense joie d’avoir enfin mis le doigt sur le détail qui le gênait concernant l’identité du prisonnier.

L’arrogance du dragon s’effrita un cours instant, du même que son assurance, pour trahir du chagrin pendant un très court instant. Très vite, cependant, il retrouva tout son mordant. « Ce n’est pas ma faute ! Un roi doit aller à la guerre, sinon, pour qui le prendrait-on ? Pour un lâche ou un pleutre. Voilà ce qu’on aurait dit de lui."Se défendit-il avant de poursuivre. "Pour quelqu’un ayant le mot Lion dans son surnom, j’aurais cru qu’il serait meilleur avec une épée. J’avais fondé tellement de grands espoirs sur lui, tout cela pour rien. » Se plaignit-il avec un soupir déçu. Mushu aurait pu continuer son plaidoyer si Robin ne s’était pas vivement redressé, mettant ces liens à l’épreuve. Par pur réflexe, le petit reptile se mit à l’abri derrière les barreaux. La peur passée, Mushu n’en revenait pas de tout ce dont on l’accusait, mais surtout de l’acharnement de son interlocuteur sur un point : la route. « Quoi ?! C’est ça qui te défrise ? Un foutu chemin pavé ? Par le Grand Ancêtre, ce n’est qu’une route ! On appelle cela : le Progrès ! D’où je viens, il y en a plein, et personne en fait une maladie. C’est même très pratique, si tu veux tout savoir. Qui voudrait marcher dans de la boue alors qu’un joli sentier constitué de belles pierres serait bien mieux ? Vous êtes vraiment un royaume d’arriéré ! » S’emporta-t-il en agitant les pattes pour signaler son indignation. « Et puis tu es sacrément culotté de parler de peuple mourant de faim alors que tu passes ton temps à voler les caisses. À ton avis, comment on fait pour remplir les caisses que TU vides si consciencieusement ? En inventant de nouvelles taxes ! Sauf que tu voles ces coffres-là aussi et tout est à recommencer ! Ne me mets pas tout sur le dos ! Si la situation est aussi pourrie, c’est de TA faute ! » Il s’arrêta le temps de reprendre son souffle. Puis il croisa les bras et donna à Robin son meilleur regard accusateur. « Si Richard verrait ce que tu es devenu, il aurait honte. »

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MessageSujet: Re: [Flashback] Quand un serpent rencontre un lion   Mer 4 Jan - 1:12

Quand un serpent rencontre un lion
Robin & Mushu

 Reptile, dragon, serpent... peu importe la forme, la créature n'en restait pas moins perfide, détestable et l'envie de lui tordre le cou au moins aussi irrésistible que l'appel de la liberté. Mais il ne se faisait point d'illusion, cette douce pensée n'était rien de plus qu'un songe auquel il se raccrochait encore lorsque son moral était au plus bas. Mais plus que tout, il devait sa subsistance à son désir de vengeance qui avait pris le pas sur son envie de vivre. Plus qu'un désir, une obsession, il ne se passait pas un jour sans que Robin s'imagine enfoncer une lame dans les entrailles du garant du Prince Jean. Pas un jour, sans qu'il n'imagine qu'elle autre technique, il s'employait à utiliser si une confrontation lui était offerte. Nul besoin de s'appliquer à mettre en principe son code d'honneur, nul besoin de bonne et due forme. Seule la vengeance prédominait dans son esprit et il se fichait bien de la façon dont il l'obtiendrait. Sortant de ses songes, la bête sauvage entravée par ses chaînes, fixa ce qui lui semblait être un ridicule cafard, mais qui dans ses souvenirs, avait fait beaucoup trop de mal pour être ignoré. Une surenchère trop importante pour que Robin consente à ne pas affubler son faux rival de mille et un juron et par la suite, si l'occasion venait à se présenter, il lui arracherait lui-même la tête. Car voilà ce à quoi Robin aspirait à présent. Venger les êtres aimés, peu importe le prix, peu importe la violence, peu importe l'absence de code. Plus rien ne comptait, puisque plus rien ne faisait sens dans son esprit torturé.

Pour l'heure, étant attaché comme un vulgaire animal et enfermé dans sa cage, l'ancien voleur devait faire preuve de retenue. Il se contenta donc d'affubler son interlocuteur de quelques regards et sourires malveillants. Le « lézard » semblait encore dans l'impasse quant à l'identité du « bouseux » et il ne ménageait par ses efforts pour faire taire cette amnésie temporaire et remettre un nom sur celui qui exultait de vengeance et dont le regard autrefois azur baignait dans un océan de rage à présent. Une rage qui s'empara du petit dragon l'espace d'un court instant, mais juste ce qu'il faut pour perdre patience et offrir un nouveau nom à rayer sur la liste de Robin. « -Mushu ! Un nom que je prendrais grand soin de ne point oublier à l'avenir. » Le sourire mauvais et la petite victoire qui découlait de cette découverte ne furent que de courte durée. Mushu attaquait verbalement et savait frapper là où ça faisait mal. Aussitôt, la bête sauvage se laissa alourdir par la rage et tira sur ses chaînes pour tenter de se rapprocher le plus possible du petit dragon afin de le faire taire. Les perles azur du voleur, brillaient d'intensité, mêlant la rage à une infime tristesse lorsqu'il évoqua Richard Coeur de Lion et les derniers instants de sa vie. Dévasté par la perte de cet être et par la colère qui animait son cœur, Robin ne vit même pas l'éphémère tristesse qui égraina le regard de Mushu avant que ce dernier ne reprenne la joute verbale pour mieux masquer ses petites émotions.

« -Richard n'était pas un lâche, encore moins un pleutre. Cette guère n'était pas utile » L'ancien soldat du roi, c'était semblerait-il calmé, laissant son regard se perdre sur le sol. Lui-même s'en voulait de ne pas avoir su convaincre son monarque. Mais il était trop jeune à l'époque, si son avis avait de l'importance pour Richard, il ne comptait que très peu dans la prise de décision. La colère reprit le dessus lorsque le petit « monstre à moustache » fit part de sa déception quant à la résistance du roi. Locksey se redressa et tira sur ses liens qui plus que jamais, entravaient sa mobilité. « -Comment oses-tu parler ainsi du roi ?! Toi, qui es incapable de tenir une épée ! C'était l'un des plus grands guerriers qu'il m'ait été donné de voir. Il s'est fait piéger, vaincu par un lâche qui s'il n'a pas trépassé, le fera si un jour, je retrouve ma liberté. » Malheureusement pour Robin, ce jour n'était pas prêt de poindre à l'horizon, du moins pas pour le moment.

« -Tu parles d'un progrès ! T'es-tu déjà rendu sur place ? As-tu vu ce qui est instauré ? Ce foutu chemin pavé n'est pas réservé à tout le monde. Il a été construit pour que ces enfoirés qui jouissent de nombreux privilèges, puissent continuer à écraser les bouseux comme tu les appellent. Le chemin est l'illustration même de l'impossible cohabitation entre ceux d'en haut et ceux d'en bas. Je ne suis pas contre le Progrès, bien au contraire, mais il devrait être profitable à tous. Quant au reste de ton soliloque, il témoigne une fois encore de ton ignorance. Bon à juger, mais incapable de comprendre. Richard disait que pour bâtir le futur, il faut avant toute chose, faire couler des fondations solides. Regard autour de toi, ne vois-tu pas que depuis des années, les lois de ce royaume, asservissent le peuple à son Roi. Un roi qui demande la loyauté, mais qui n'offre rien en contrepartie. « On bâtit un royaume, un pays, comme l'on bâtit une cathédrale, en partant du bas ! Renforcer chaque homme de ce pays et vous y gagnerez en puissance. » Le roi Richard voulait offrir la justice, une justice qu'il entrevoyait sous la forme d'une charte des libertés autorisant chaque homme à pourvoir aux besoins de son foyer et lui permettant d'échapper aux condamnations sans raison, à la prison sans motif. Lui permettant aussi de travailler, se nourrir, gagner son pain et que le fruit de son labeur lui revienne. Ce roi-là était un vrai souverain qui avait acquis le dévouement, la loyauté, mais aussi l'amour de son peuple. Si un homme n'a pas le droit de pourvoir à ses besoins, est-il digne de porter le nom d'homme ? Le Prince Jean a détruit tous ces rêves de paix. Avant même que je ne commence ma quête, il remplissait les caisses en tapant sur le bas-peuple et tu le sais si tu es là depuis suffisamment longtemps. Il m'a fallu des années pour fuir ma geôle après la mort de Richard. Des années durant lesquelles Jean sans terre et son fidèle loquet ont asservi le peuple. Je n'ai fait qu'allumer une étincelle et je me console en me disant que je suis parvenu à nourrir décemment une partie du peuple opprimé. Mon combat était juste et j'ai donné ma vie pour ainsi faire perdurer le souvenir de Richard Coeur de Lion et je sais qu'il est fier de moi, où qu'il soit. »

Passé son soliloque, Robin se tue et se laissa glisser contre le mur, repensant aux derniers évènements ayant ébranlé son existence. « j'ai donné ma vie... » Non ce n'est pas sa vie qui avait été sacrifiée, mais celle de Marianne et celle de tant d'autres, par sa faute. Mushu avait raison, tout était de SA faute et il ne pouvait à présent, plus se cacher derrière de grands discours. « -Savoure ta victoire Mushu ! Si tu savais comme je suis fatigué, autant que peut l'être un homme qui a tout perdu. Je croyais encore à mes belles paroles, mais ici tout sonne faux. À quoi bon me révolter, puisque de toute façon, je serais tué. Oui, le bouseux qui voulait devenir un héros et qui se retrouve enchaîné comme une bête à converser avec un...un Mushu. Tu es quoi au juste ? Une mauvaise conscience ? Qu'est-ce que tu cherches ? Dis-le moi ! De toute façon, je ne sortirais jamais d'ici ! De ce fait, je ne risque pas de trahir ton secret, si secret il y a ! »
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