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 Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !

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Feuille de personnage
Objets magiques:

MessageSujet: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Ven 22 Avr - 23:12


Lance Aleksy White-Knight
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Nom, Prénom(s) : White-Knight (ou Blanc Chevalier, il a adopté ce nom en souvenir de l'un des nombreux surnoms qui lui était donnés au royaume de Logres) Lance (Il a reprit ce nom en souvenir d'Arthur, son ami l'appelant souvent ainsi dans leurs conversations intimes) Aleksy (prénom qu'il a porté jusqu'à la rupture de la malédiction)

Âge : 30 ans physiquement, 68 ans en réalité

Date & Lieu de naissance : 21 décembre, Jungle Green, les contrées de la forêt enchantée

Conte : La légende arthurienne, la mythologie biblique, Robin des bois, Les trois mousquetaires

Personnage : Lancelot du Lac, le Léviathan, frère Tuck, Athos

Orientation & Statut : Hétérosexualité, Marié à Milady de Winter (bien que séparé de sa femme), son cœur appartiendra cependant toujours au grand amour de sa vie, la reine Guenièvre

Groupe : Musicien

Un camp en particulier : Très attaché au royaume de Logres, Lance offre avant tout sa loyauté à ses anciens compagnons de la Table Ronde et à la mémoire du Roi Arthur. Coincé à présent à Storybrooke, Lance offre sa loyauté à Robin Locksley en mémoire des Merry Men. Quoiqu'il en soit, il sera toujours prêt à sortir les armes pour les camps défendant le Bien et la Justice.  

Catégories : Combattant / Créature magique

Capacités/Pouvoirs :

entraînement militaire

Chevalier et mousquetaire émérite, Lance possède toutes les connaissances faisant de lui un bon guerrier. Expert dans les techniques de combat aussi bien à main nue qu’armé, il dispose d’un talent certain pour l’escrime. C’est également un cavalier émérite capable de guider son cheval sur tous les terrains. Bon chef de guerre, il sait très bien développer des stratégies et des plans de bataille.

Esprit du Léviathan

L'esprit du Léviathan lui donne une grande force physique lui permettant de terrasser ses ennemis même lorsqu’il est en état de faiblesse. Il a déjà démontré une capacité à vaincre une quarantaine d’ennemis simultanément alors qu’il souffrait parallèlement d’une grande blessure. A Storybrooke, la force physique surhumaine du monde des contes se limite à prendre l’avantage dans une bagarre contre un adversaire de grande force ou à soulever des poids plus lourds que la moyenne des personnes. De par son histoire et la nature du Léviathan, Lance possède de grandes capacités liées à l'élément aquatique. Capable de se plonger dans l'eau à très basse ou très haute température sans en ressentir la moindre douleur, il possède une vision parfaite en milieu aquatique et est capable de rester sous l'eau plus d'une dizaine de minutes sans reprendre son souffle. Lance est également un excellent nageur.

Attributs :

Combattant

Erudit

Lance possède de grandes connaissances dans le domaine martial mais également magique. Véritable génie de la stratégie militaire, il n'a pas son pareil pour mettre au point des plans d'attaques. Il possède également une grande connaissances des armes des différentes cultures.

Médecine

En imposant ses mains sur une personne blessée ou malade, il est capable de supprimer tous les maux. Dans le monde des contes, il est par exemple capable de sauver une personne sur le point de mourir ou soigner une personne atteinte d’une maladie incurable ou rare. A Storybrooke, Il sera capable de détecter la maladie d’une personne avant que le diagnostic soit posé ou de pratiquer de la sophrologie très efficace pour les malades.

Esprit et créature magiques

Capacité à sentir la magie

Elevé par la Dame du Lac, il connaît beaucoup de choses sur la magie blanche. N'étant pas capable de l'utiliser, il sait cependant la reconnaître et sait détecter les sorts utiliser sur les bénéficiaires de cette magie. Il possède également un don pour reconnaître les métamorphoses d'autres mages et sorcières en notamment lorsqu'il s'agit de transformation animale.

Altération d'apparence

De par son histoire, Lance était capable de se transformer en Léviathan. Ayant à présent perdu cette capacité, il est cependant capable de changer son apparence. Utilisé contre lui lors de sa vie en tant qu'Athos, il est à présent capable d'altérer de plus petits éléments tels que la couleurs de ses yeux et de ses cheveux ou son âge physique.

Immortalité

L'esprit du Léviathan lui donne la capacité de se régénérer. Ces cellules à chaque fois renouvelées lui permettent donc de conserver un âge physique d'une trentaines d'années. Elles lui permettent également d'être moins sensible aux maladies et à guérir rapidement de ses blessures.

Armes/Objets Magiques : Lance porte constamment sur lui une bague magique lui permettant de contrôler les pouvoirs liés à l'esprit du Léviathan. Cette bague lui sert également de protection contre ses métamorphoses. Tant qu'il la portera à son doigt, il n'aura aucun risque de se transformer en dragon. Lance possède également une armure forgée par les fées de la Dame du Lac qui lui offre une protection unique contre les flèches ou les coups d'épée, son armure étant une carapace infranchissable. De même, il possède une épée aux grands pouvoirs nommée "Prudence", l'aidant à prendre l'avantage dans ses combats contre ses ennemis.
Gaspard Ulliel


Que penses-tu de la politique actuelle des choses ?
Es-tu au moins au courant de ce qui se trame ?
« Ainsi finit le règne d’Arthur le Juste. Tandis qu’à Camelot raisonnait le glas, la fée Morgane accomplissant ses offices emmena le roi mourant jusqu’à l’île d’Avalon. Montant sur le trône de Logres, le perfide prince Mordred instaura un règne tyrannique entraînant son royaume vers l’Âge des Ténèbres. Les plus singulières rumeurs se répandirent bientôt sur la subite disparition du chevalier Lancelot du Lac, ne laissant présager que malheurs pour l’avenir de la jeune nation. La flamme de l’espoir continua pourtant de brûler, entretenue par la résistance des lointaines terres de Gaunes. Là-bas, dans la forteresse de Gwyned, se rassemblèrent les chevaliers venus des quatre contrées de Logres. Autour d’une table semblable à celle qui avait fait leur légende, ils renouvelèrent leurs serments de loyauté et de protection mutuelles. Rois d’hier et vassaux d’aujourd’hui, les seigneurs Léodagan de Carmélide, Calogrenant de Calédonie, Hoël le Grand et Bohort le Jeune se promirent ainsi d’unir leurs forces dans la lutte contre leur ennemi commun. La quête du Graal alimentait les rêves des plus nobles de leurs compagnons. Perceval le Gallois, Caradoc de Vannes, Yvain le Preux et Hector des Mares s’en allèrent par les chemins, au-delà des frontières connues, pour retrouver la précieuse relique. Blotti entre les bras de Bohort le Jeune, un enfant dormait paisiblement, ne se doutant nullement de la glorieuse destinée qui sera la sienne. Fruit des amours d’une reine déchue et de son fidèle amant, il sera la Lumière qui triomphera du Mal et fera renaître le Royaume de Logres de ses cendres.»

D’un geste brusque, je refermais l’ouvrage que je tenais entre mes mains. Voilà plus de vingt fois que je relisais ces quelques lignes et une question revenait sans cesse dans mon esprit. Quelle était la situation actuelle du monde d’où je venais ? Ce texte avait été écrit plus de 30 ans auparavant et depuis la légende arthurienne avait été effacée. Comme si les auteurs modernes s’étaient lassés de nos aventures, perdant tout espoir d’y rédiger un jour un dénouement heureux. Devais-je faire tout comme eux ? Les chevaliers de la Table Ronde avaient tenu leurs engagements. Unis comme au premier jour, les plus grands seigneurs de guerre luttaient sans merci contre Mordred. Avaient-ils perdu leur bataille ? Et les chevaliers partis à la recherche du Graal, avaient-il échoués dans leur mission ? Non je me refusais à y croire ! Serrant mon pendentif de métal dans ma main, je récitais à voix basse les derniers mots que j’avais lu. Choyé par sa famille, mon fils grandira et deviendra le héros que notre peuple attendait. Lorsque le moment viendra, je me tiendrais à ses côtés pour réaliser la mission qu’Arthur m’avait confiée, régenter Logres et assurer la pérennité de notre belle nation. Lasser de mes lectures, je rangeais ce livre et quittais la bibliothèque municipale.

Voici ma réponse à votre question ! La politique de la cité de Storybrooke ne m’intéresse nullement et je n’ai que faire de ses ennemis et des complots qu’ils trament. Mon seul intérêt reste l’évolution politique du pays qui a vu naître ma légende ! Si la guerre vient à jour frapper à la porte de cette ville, j’agirais en bon serviteurs et je sortirais l’épée pour défendre le droit et la justice de mes concitoyens. Mais lorsque le moment sera venu pour moi d’aider mes compagnons, je franchirais la frontière me séparant du Monde des Contes pour ne plus jamais en revenir !  Pour tous et à jamais je resterais Lancelot du Lac, le chevalier blanc !

Anecdotes & Caractère


Anecdotes

Lance porte sur lui de nombreux stigmates physiques de blessures infligées tout au long de sa vie. Lorsqu’il était encore chevalier, Lancelot perdit la première phalange de son petit doigts gauche lorsqu’il partit en mission pour sauver la reine Guenièvre. Ressentant une grande culpabilité face à l’amour qu’il nourrissait pour cette dernière, il s’est auto flagellé de nombreuses fois et en porte encore les cicatrices sur son dos. Lorsqu’il était mousquetaire, Athos reçu un coup d’épée dans l’épaule gauche de la part de l’un des gardes du cardinal de Richelieu. Il en garde encore une vive douleur lorsqu’il utilise son bras gauche.

Lance possède deux colliers qu’il n’a jamais quitté depuis son départ du royaume de Logres. Le premier est un pendentif d’argent possédant une ouverture secrète où se trouvent quelques cheveux de la reine Guenièvre ainsi que son portrait. Le second sculpté dans le fer représente une petite épée celtique. En réalité il s’agit d’un bout de l’épée dans le rocher ayant fait du roi Arthur le souverain de Camelot. Il était témoin d’un accord secret entre eux. Mourant, le roi sans enfant avait confié la régence du royaume de Logres à Lancelot en attendant que les dieux désignent un héritier à la couronne.

Si Lance a très souvent renié ressentir encore le moindre sentiment pour sa femme, Milady de Winter, il n’empêche qu’il n’a jamais trouvé la force de retirer son ancienne alliance qui est toujours à son doigt.

Lance a toujours conserver sur lui la lettre que le Seigneur Gauvain lui avait écrite peu avant sa disparition de Camelot et qui le suppliait de rejoindre le royaume de Logres au plus vite pour venir prêter main forte au Roi Arthur qui était en grand danger.

En raison de son rapport particulier avec l’eau, Lance ne peut passer une journée sans prendre de bain. Il lui arrive très régulièrement d’y rester des heures entières. Sa peau très fragile se dessèche très rapidement et devient écailleuse si il ne l'humidifie pas.

Désireux de se rappeler des engagements pris aux seins des mousquetaires et au nom de ses amis, Lance s’est fait tatoué la fameuse expression « Un pour tous, tous pour un » en petit sur son poignet droit. De même, son engagement auprès des Merry men et de Robin des bois est immortalisé par un tatouage en forme de pointe de flèche dans lequel est nichée le dessin d'une petite croix chrétienne.

Lance est très porté sur la religion. Il reste persuadé que la Foi sera pour lui le seul moyen de rédemption pour se faire pardonner les crimes commis tout au long de sa vie. C’est pourquoi il respecte scrupuleusement les 10 temps de prière de la journée.

Lance à très souvent souffert de périodes de folie ou de dépression dû au pouvoir incontrôlable du Léviathan qu’il hébergeait en lui. Pour cette raison, il doit s’administrer tous les jours une grande quantité de médicaments pour éviter de retomber dans la folie. Craignant que le Léviathan refasse un jour surface, Lance garde constamment sur lui la bague empêchant ses métamorphoses.

A Storybrooke, Lance est devenu herbologiste et guérisseur. Il possède un atelier personnel et vend des potions à base de plantes médicinales qu'il prépare lui-même. Lors de son temps libre, il donne des cours d'équitation ou d'escrime.

Lance ne se sent pas à l'aise dans la foule ou la ville. Il préfère faire de longues ballades en forêt plutôt que de participer aux fêtes de la ville.

Caractère

Lance possède une personnalité complexe et difficile à saisir. Tantôt maître de ses émotions, tantôt esclave des humeurs du Léviathan Lance est un être impulsif est lunatique qui change très souvent de caractère. Reprenons depuis le début ! Réputé comme étant le meilleur des chevaliers du monde, Lance représente un modèle de l’idéal chevaleresque. Homme courageux et possédant le goût du sacrifice, il serait prêt à tout pour protéger les siens ainsi que toute personne qui requièrent ses services. Il ne recule jamais devant un danger potentiel et est toujours prêt à partir à l’attaque qu'elles que soient les circonstances. Il se montre juste et respectueux face à ses adversaires. Il peut faire preuve d’une certaine pitié à leurs égards, renonçant bien souvent à les tuer pour se contenter de les blesser. Cependant jamais il ne lui viendrait à l’esprit de se vanter de ses exploits. L’humilité faisant partie des valeurs qu’il chérit par-dessus tout. Possédant une noblesse de cœur, une grandeur d’âme et un charisme certain, il attire sur lui l’admiration de ses pairs qu’il vit pourtant très mal. Fuyant les rapports sociaux, il sait se montrer courtois et charmeur lorsque il est en présence de courtisan. Excellent chef de guerre, Lance est également très intelligent et astucieux. C’est traditionnellement vers lui que ses seigneurs et ses amis se tournent lorsqu’ils ont besoin de conseils stratégiques. Il se montre extrêmement serviable et responsable lors de ces occasions. Désireux de conserver la pureté de son cœur, Lance a su démontré de vraies qualités de loyauté envers ses amis et de fidélité envers les femmes qu’il a aimé. Son cercle familial constitue également un élément très important de sa vie, il se consacre à ces derniers afin d’assurer leur bonheur, leur sécurité et leur réussite. Fidèle en amour, il n’accepte de donner son cœur qu’à une seule femme et ne succombera jamais aux charmes d’autres femmes. Très pieux, la religion est un aspect très important de sa vie et il tente de vivre selon les commandements dictés par son Dieu.

Mais derrière ce masque parfait se cache un autre homme beaucoup plus sombre et mystérieux. Lance est un être secret qui ne se livre entièrement qu’à de très rares privilégiés. Possédant un naturel méfiant, il est très difficile d’obtenir sa confiance. Si par bonheur certains l’obtiennent ils pourront alors compter sur sa sincérité de cœur. Préférant souvent rester seul, il a de la peine à comprendre les autres. Très exigeant envers lui-même, il l’est également bien souvent envers ses compagnons. Il ne tolère pas facilement l’échec et n’hésite pas à faire part de son mécontentement avec virulence. Lance n’est pas le genre de personne à aimer mâcher ses mots. Il se montre également très rancunier envers les personnes qui l’ont trompé, il cherchera un moyen de se venger faisant rarement preuve de sagesse et de retenue dans ces circonstances. Derrière des dehors froids et détachés, Lance est en réalité un être sensible et fragile. Lorsqu’il est blessé, il plonge très facilement dans des états dépressifs et se replie sur lui-même ignorant le monde autour de lui. Il serait alors capable d’aller jusqu’à se laisser mourir s’il n’est pas entouré. La nature du Léviathan empire encore sa nature dépressive en faisant glisser Lance vers la folie. Ainsi il peut souffrir de folies comprenant hallucinations visuelles et auditive, allant jusqu’à la schizophrénie. L’obsession de la pureté de son cœur peut le conduire à faire de très mauvais choix. Cet organe guide chacun de ses gestes et de ses décisions. Subjugué par ses émotions, il n’accorde qu’un intérêt secondaire à la raison. C’est ce qui l’a notamment poussé à vivre pleinement son histoire d’amour avec la reine Guenièvre et son aveuglement prolongés sur les crimes commis par sa femme Milady de Winter.

Résumé qualités et défauts

Qualités : Astucieux - Charmant - Charismatique - Courageux – Courtois - Concerné par le bien-être des siens - Esprit de sacrifice – Fidèle - Protecteur - Humble - Intelligent - Juste – Noblesse de cœur et d'âme - Pointilleux- Perfectionniste - Pieux - Respectueux - Responsable – Serviable

Défauts : Aveuglé par ses sentiments - Colérique - Dépressif - Direct - Exigent - Franc - Froid - Fou - Solitaire – Méfiant – Rancunier - Secret



Pseudo : Miosyz
Prénom : Sandrine
Âge : 28 ans
Loisirs : voir la fiche de Marvin
Crédits de la fiche : Google, Tumblr, Wikipédia
Code du règlement : Darkness in your soul
Que penses-tu de NKL ? :
Besoin de parrain/marraine ? :



Dernière édition par Lance A. White-Knight le Sam 4 Juin - 18:35, édité 19 fois
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Ven 22 Avr - 23:17

L'Histoire
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Tu seras chevalier, mon beau trouvé !
La légende raconte qu'un fils de Gaunes sera le plus grand chevalier du monde
Tout comme pour toutes familles seigneuriales, mon histoire est avant tout celle d’une famille et d’une terre. Elle a commencé bien avant ma naissance, à une époque où mon grand-père le roi Urien régnait en souverain sur un territoire vaste en bordure de la forêt de la forêt enchantée appelé Gwyned. Par bonheur, ma grand-mère très prolifique donna naissance à deux fils. Afin d’éviter tout conflit d’intérêt entre ses enfants, mon grand-père partagea ses terres équitablement. C’est ainsi que mon père devint le roi Ban de Benoïc tandis que mon oncle régna sur la partie Est du territoire et fût connu sous le nom de Bohort de Gaunes. Durant les premières années de leurs règnes, tout se passait à merveilles. Les deux frères vivant en bonne intelligence gouvernaient avec justice et sagesse sur leurs royaumes. Mon père était un grand monarque et il vivait en grande allégresse. Il avait épousé une très belle femme, la reine Elaine, qui avait donné naissance à un jeune prince tout aussi remarquable. Un ange aux yeux d’un bleu profond à la chevelure blonde que ses parents nommèrent Galaad. Rien ne semblait pouvoir mettre un terme à leur bonheur.  

Cependant, mon oncle avait toujours jalousé le royaume de Benoïc et son accès à la mer qui lui offrait des ports marchands florissants et des richesses qui ne cessaient de s’accumuler. La jalousie du roi Bohort fut si grande qu’il décida un jour de s’emparer du royaume de mon père. Une guerre fit alors rage entre les deux nouvelles patries. Les soldats de Gaunes bien mieux armés et préparés que ceux de Benoïc eurent tôt fait d’envahir le pays et de mettre à sac la belle cité de Benoïc. Mon père blessé à mort lors de sa dernière bataille eu tout juste le temps de s’enfuir de son château emportant avec lui sa jeune épouse et son fils qui n’avait alors que quelques semaines. Le roi Ban mourut des suites de ses blessures, les larmes aux yeux, tandis qu’il regardait avec tristesse et impuissance sa belle cité être ravagée par les flammes. Ma mère pleurant à chaudes larmes la mort de son époux bien aimé, ne prêtait alors qu’une attention distraite à son nourrisson qui apeuré pleurait entre les bras de sa toute jeune nourrice. Si seulement ma mère avait pu se douter de la tragédie qui se jouait à son insu.

Tandis qu’elle pleurait son époux disparu, une jeune fée toute vêtue de bleu apparut au-devant de la jeune servante. Tout sourire, elle saisit entre ses bras le bébé avec délicatesse. Terrorisée, ma nourrice n’avait alors pas la force de me retenir ou même de protester. Lui adressant un salut de courtoisie, la fée retourna d’où elle était venue, des profondeurs azurées d’un immense lac. Ma mère sortit alors de sa torpeur et se précipita vers la créature enchanteresse. Se mettant à genoux devant ma ravisseuse, elle la supplia de lui laisser son enfant qui était tout ce qui lui restait au monde. La fée au cœur aussi froid que la glace, n’écouta pas ses suppliques et continua sa route sans s’arrêter. Elle s’enfonça ainsi dans les eaux glacées de son royaume sous les cris impuissants de ma mère. En une journée, la reine Elaine perdit à la fois son époux, son royaume et son fils ! Jamais plus je ne revis ma mère, car c’est ainsi que ma glorieuse destinée devait s’écrire !

Durant les dix-huit premières années de ma vie je vécus aux côtés de ma mère adoptive, la Dame du Lac. Dès mon arrivée en ces lieux, elle me mit sous la protection de l’esprit d’un monstre marin depuis longtemps disparu, le Léviathan. Cet esprit devait non seulement me permettre d’évoluer à ma guise dans les milieux marins mais également me prodiguer une force physique surhumaine et un très grand courage. Elle choisit également de me donner un nouveau nom et c’est ainsi que j’adoptais le nom qui ferait ma légende ; Lancelot du Lac. Je vécu une enfance heureuse et paisible dans ce mystérieux Royaume du Lac. Ignorant tout de mes origines, je nourris un très grand amour pour la seule image maternelle que j’avais connue. Me donnant tout son amour et sa sagesse, elle m’apprit les lettres, la musique et la courtoisie. Mon instruction militaire me fut également prodiguée par le plus fidèles de ses gardes du corps, un ancien défenseur de l’Atlantide du nom d’Aquarius. Ce dernier m’enseigna aussi bien la tactique militaire que l’escrime ou le combat à main nue. Je savais que cette instruction me serait très utile pour mon avenir. Depuis toujours, la Dame du Lac ne cessait de me dire qu’une grande destinée m’attendait en dehors du Royaume du Lac. Les choses avaient changé à la surface. Les multiples petits royaumes du territoire de Bretagne avaient été centralisés pour ne former plus qu’un nommé le Royaumes de Logres. Dirigé durant des années par un roi puissant, le Roi Uther Pendragon, il se retrouvait aujourd’hui sans souverain et, du moins le croyait-on, sans héritier. Une mystérieuse légende courait dans le pays. Une épée avait été plantée dans le rocher par les dieux celtiques. Quiconque parviendrait à l’y déloger serait le nouveau roi du Royaume de Logres. Voilà des années que les seigneurs les plus valeureux tentaient leur chance sans jamais y parvenir. Ma Dame prétendait que le jour où un Roi serait choisi pour gouverner le royaume, je devrais me tenir à ses côtés et servir comme le plus valeureux de tous ses chevaliers. Fier d’être promis à une aussi grande destinée, j’œuvrais chaque jour de ma vie pour gagner un jour le droit de défendre ce qui me semblait être le plus grand roi du monde.

Bien sûr, ma vie ne se limitait pas à mon instruction. Le royaume du Lac était pourvu de milles merveilles et je profitais des joies de l’enfance aux côtés de magnifiques fées et ma meilleure amie Saraide, fille d’une des dames de compagnie de ma mère adoptive. La vie semblait alors si douce s’écoulant au rythme des saisons dans un décors d’ivoire et de corail. Malheureusement, mon bonheur et mes espoirs étaient mis en péril, menaçant de s’écrouler sous le joug d’une ombre menaçante et sinueuse qui m’avait accompagné depuis mon premier jour en ces terres mystérieuses. Sans le savoir, la fée Viviane en me confiant à l’esprit du Léviathan avait permis à ce démon de demeurer dans ma tête, lui donnant le droit de faire de mon psychique ce que bon lui semblerait. Le jour de mon quinzième anniversaire, alors que de nouveaux sentiments naissaient dans mon cœur, attisés par la beauté et le charme des fées qui dansaient et chantaient mes louanges lors des festivités. Le monstre sanguinaire s’empara ainsi de mon esprit et de mon corps. C’est ainsi que d’humain, je me métamorphosais subitement en un dragon gigantesque et colérique. Mes mains se couvrirent peu à peu d’écailles bleutées, mon regard troublé par mes yeux qui s’injectèrent de sang me laissèrent dans le noir complet. Je ne ressentais alors que la douleur de mes os et de mes articulations que j’entendais craquer et mon squelette qui semblait se déboîter de lui-même. La douleur était si forte que je m’évanouis.

J’ouvris subitement les yeux sur un monde qui ne ressemblait en rien à celui que j’avais connus. De la magnifique salle des banquets, il ne restait plus que ruines et cendres. Il en allait de même pour les bâtisses situées aux alentours. Le magnifique marbre qui pavait les ruelles était à présent détruit et de grosses fosses semblables à des traces d’animaux parsemaient la ville. Des centaines regards dans lesquels se lisaient tour à tour la colère, la peur et la tristesse ne pouvaient se détacher de ma carcasse dénudée et blessée. Parmi tous ces visages déconfits, il n’y en eu qu’un qui exprimait la bienveillance et la chaleur. Il s’agissait d’un homme, un vieil homme qui m’était alors totalement inconnu. Il fit quérir des serviteurs, leur demandant de me ramener chez moi. Epuisé, je me rendormis alors et ne me réveilla qu’une fois allongé dans mon lit. J’aperçus alors ma dame qui m’observais avec compassion dans le fond de la pièce. Le vieil homme s’était assis aux côtés de mon lit et se mit à me parler.

- Te revoilà revenu parmi les vivants, jeune prince. L’espace d’un instant j’ai cru que tu nous avais abandonné pour de bon.

- Qui êtes-vous ? Que s’est-il passé ?

- Moi j’ai pour nom Merlin, Merlin l’Enchanteur. Dis-moi de quoi te rappelles-tu exactement ?

- La fête… nous étions tous rassembler pour célébrer mon anniversaire. Et soudain j’ai ressentis une douleur atroce. J’avais l’impression de me décomposer… Mes mains se sont soudainement couvertes d’écailles… Oh mon dieu Merlin, est-ce moi qui es provoqué ce carnage ? Est-ce moi qui ai laissé ces traces dans la cité ? Comment cela est-ce possible ? Que suis-je ?

- Tes proches vantaient ta vivacité d’esprit, jeune Lancelot, je constate avec bonheur qu’ils avaient raison. Le Léviathan ! Lorsque la Fée Viviane a confié ton âme à l’esprit de ce dragon, elle ne se doutait pas qu’il se jouerait d’elle. Il s’est emparé de ton corps pour semer le désordre et il est fort probable qu’il recommencera !

- Mais cela ne se peut ! Que puis-je y faire Merlin ? Je ne puis risquer ainsi la vie des personnes que j’aime ! Comment puis-je espérer devenir chevalier dans ces conditions ? Existe-il un moyen de l’arrêter ?

- Bien évidemment ! Regarde à ton doigt, tu y trouveras une chevalière. Tant que tu la porteras le Léviathan ne pourra pas poser son empreinte sur toi, elle t’aidera également à canaliser des pouvoirs puissants et bénéfiques qui te seront bien utiles lors de tes quêtes. Car tu es appelé à réaliser de grandes choses, Lancelot du Lac. Oh oui des actes héroïques, dignes des plus grands héros !

C’est alors que le mage me fit part d’une prophétie. Il m’annonça qu’un roi s’élèverait bientôt dans le royaume orphelin de Logres pour ramener parmi ses habitants la paix et l’harmonie. Il rassemblerait alors les meilleurs des chevaliers de l’île pour l’aider dans sa noble quête. Tout comme la Dame du Lac, Merlin semblait avoir déceler en moi un très grand destin et me promettait fortune et belles aventures. Il n’y mettait qu’une condition pour cela ! Sortir enfin du Royaume des abysses et me faire un nom à la surface des eaux. Comprenant que mon heure était enfin venue, je saisis l’opportunité qui m’étais offerte ! Je fis alors part à ma mère de ma décision de la quitter. Le cœur lourd, elle accepta cependant de me voir voler de mes propres ailes. Me faisant présent d’une armure et d’une épée magiques et me promit de m’escorter jusqu’à la surface des eaux. Le cœur battant et quelque attristé, je fis mes adieux à ma sœur de cœur ainsi qu’à toutes ces créatures qui avais constitué mon entourage proche durant toute ma vie. Quelles aventures palpitantes m’attendaient au dehors ? Quels étaient ces étranges pouvoirs que la Providence m’avait accordés ? Serais-je capable de vaincre ce monstre vivant en moi ? Il y avait tant de questions dans mon cœur qui me donnaient l’énergie nécessaire pour franchir la frontière de ces eaux limpides et découvrir un monde féerique dont j’ignorais encore tout !

La Dame du Lac me conduit alors jusqu'au royaume de Gaunes à l’orée de la forêt Enchantée. C’est là que je fis la connaissance de jouvenceaux à peine plus âgé que moi. La fée Viviane me les présenta alors comme mes compagnons d’aventures, tout en prenant soin d’éviter de me préciser le lien familial qui me liait à eux. Héritiers de ce royaume, les princes Bohort et Lionel de Gaunes souhaitaient également rejoindre le royaume de Logres pour y devenir chevaliers. Les prenant tous les deux sous son aile, ma bonne Dame nous mena chez les plus brillants maîtres d’arme afin de parachever notre instruction militaire. Très vite, des liens particuliers se tissèrent entre nous. Jamais encore je ne m’étais entraîné avec des hommes de mon âge et notre amitié était comme une bouffée d’air frais dans ma vie. J’appréciais particulièrement le jeune Bohort, dont la finesse d’esprit n’avait d’égale que sa grâce naturelle. Très doué pour les combat à l’arme blanche, sa technique semblait devancer de loin celle de son frère. Cependant l’intelligence et la ruse de Lionel lui donnait un avantage tactique surprenant. Bien plus indépendant et provocateur, je ne pouvais qu’admirer son grand courage et son grand appétit de vie.

Trois années s’écoulèrent et j’atteignis alors l’âge de dix-huit ans. Une rumeur se répandit alors dans tout le royaume. Un jeune écuyer du nom d’Arthur venait d’arracher l’épée de son socle de pierre devenant ainsi roi de Bretagne et du royaume de Logres. Cependant, de nombreux seigneurs refusèrent de prêter allégeance à ce jeune arriviste, mettant en danger l’équilibre fragile du royaume. Il était à présent temps de le rejoindre ! Avant de nous quitter, la Dame de Lac nous adressa alors ses derniers adieux. Consciente de la destinée prodigieuse qui m’attendait, elle fit jurer à mes deux compagnons de me rester loyaux jusqu’à la fin de notre carrière dans la chevalerie. Une promesse que mes cousins auraient le temps d’éprouver tout au long de leur vie !

Sur notre route, nous avons croisés de nombreux obstacles. Intempéries, voleurs et barbares nous barrèrent la route mais rien ne pouvait entamer notre volonté farouche de rejoindre notre roi. Après plus de deux semaines de voyages, nous arrivions enfin à destination. Alors que nous pensions notre périple terminé, un nouvel obstacle se dressa devant nous. Un cri de désespoir nous attira vers la côte. Là nous trouvions une jeune demoiselle en fâcheuse posture. Sa monture s’était emballée et menaçait de chuter à tout moment dans le ravin. Sans réfléchir une seconde, je poussais mon cheval au galop. Il me fallut plusieurs minutes pour l’atteindre et lorsqu’enfin je fus à sa portée, je sautais sur son cheval et repris le contrôle de la monture. Tirant de toutes mes forces sur les rênes je forçais l’animal à s’arrêter dans sa course folle.

Poussant un soupir de soulagement, je m’adressais à la demoiselle et m’enquis de sa santé. Se tournant vivement dans ma direction, elle fit un faux mouvement et tomba de son cheval. Me précipitant à son secours, je l’aidais galamment à se relever. Nous retrouvions alors face à face. Jamais de toute ma vie, je n’avais contemplé telle beauté. Bien que ses cheveux soient ébouriffés par cette aventure, sa chevelure pareille au champ de blé estivaux, ses yeux aussi profond et azuré que l’eau de mon lac et son sourire magnifique qui me permettait d’entrevoir les dents d’un blanc semblable à l’ivoire… tout en elle était d’une beauté parfaite. Un seul regard avait fait battre mon cœur plus vite, une seule parole avait suffi à le faire chavirer. Incapable de détourner mon regard d’elle, je ne pouvais ni ne voulais parler de crainte d’abîmer ce si sublime sourire par des paroles maladroites. Ma demoiselle en détresse semblant en prise avec la même admiration que la mienne, finit par rompre le silence.

- Eh bien messire, il semblerait que dans mon malheur j’aies été chanceuse. Dites-moi quel est le nom de mon sauveur ?

- Je… je ne saurais le dire…

- Vous ne portez donc pas de noms, noble sire ? Serait-ce par humilité que vous vous refusiez à m’accorder cette ultime faveur ? Il est vrai qu’elle est une qualité indispensable à tout chevalier qui se respecte. Car vous êtes à ne pas douter, le plus courageux d’entre eux.

- Lancelot du Lac ! J’ai pour nom Lancelot du Lac, répondis-je en me mettant à genoux devant elle, Madame je sais que je suis bien présomptueux de vous demander cela mais je vous en prie laissez-moi vous guider jusqu’à l’endroit où vous mèneront vos pas. Je ne suis pas encore chevalier mais je vous assure que vous ne trouverez pas sur votre route d’âmes plus courageuses ou d’écuyer plus dévoué à votre cause. Laissez-moi devenir votre champion !

Je déposais alors un timide baiser sur sa main fine et délicate. Elle éclata alors du plus beau des rires cristallins et ses joues se colorèrent alors d’une belle couleur rosée. Détournant son regard de ma vue, elle le porta à quelques pas derrière moi. Sans que je m’en doute un instant, mes camarades nous avait rejoint. L’air quelque peu intimidée, elle me fit signe de me relever et accepta ma proposition de bon cœur précisant qu’elle se rendait à Camelot en compagnie de son père Léodagan, roi de Carmélide. J’apprenis également que ma belle princesse porte le nom mélodieux de Guenièvre. Après avoir aidé mon adorée à monter à cheval, je rejoins mes compagnons. Ensemble nous rejoignant les seigneurs de Carmélide. La princesse raconte sa terrible épopée et le roi Léodagan, reconnaissant de mes services, nous promit de nous introduire au roi Arthur. C’est ainsi que nous rejoignons la forteresse de Camelot pour la première fois de nos vies.  




L'âge d'or des Chevaliers de la Table Ronde
Seigneur, protégez-moi de ma propre folie !
Lorsque nous avons posés la première fois le pied dans la forteresse de Camelot, nous avons tout de suite été impressionnés par cette forteresse. Les plus grands seigneurs venus des quatre coins de la Bretagne été déjà rassemblés en ces lieux et nous sentions qu’un très grand avenir se jouait entre ses murs. De toute évidence, le peuple rassemblé attendait avec impatience l’arrivée du roi et de la princesse de Carmélide. La foule en liesse les accueillirent avec tous les honneurs dus à leur rang. Arrivé devant le grand escalier, le cortège s’interrompit soudainement. C’est alors que j’aperçus le roi Arthur pour la première fois. Agé d’à peine plus d’une vingtaine d’année, il portait sur son front la couronne du royaume et à sa ceinture la légendaire épée Excalibur dont nous avions tant entendu parler. Un sourire aux lèvres, il regardait ses prestigieux invités, impatient que ces derniers le rejoignent. Un garde aida alors la belle princesse à descendre de cheval. Mes yeux ne pouvaient se détacher d’elle, je l’observais gracieuse et gracile grimper chaque marche d’escalier qui la menait à notre jeune roi.  Déposant un baiser sur son front, il ordonna à sa Cour de faire silence afin de la présenter comme il se devait.

- Mes chers sujets aujourd’hui est un jour de joie ! Votre souveraine nous a enfin rejoint. Laissez-moi vous présenter votre future Reine Guenièvre.

Les blessures que nous infligent le cœur sont les plus cruelles de toutes ! C’est ce que j’appris en cet instant. La femme pour lequel mon cœur battait si fort dans ma poitrine était la promise du Roi Arthur. Jamais encore je ne m’étais sentis plus attristé et plus honteux. Cependant, je n’eus pas le temps de demeurer plus longtemps dans mes pensées moroses. Le roi Léodagan, tenant la promesse qu’il nous avait faite, nous introduit auprès du roi de Logres.

Reconnaissant, le Roi Arthur nous convia au banquet de la Cour et nous invita à participer au tournoi qui devait désigner les futurs chevaliers de l’ordre prestigieux de la Table Ronde. Mes compagnons se réjouirent et firent honneur au festin. De mon côté, je ne trouvais pas la force de manger, trop occupé à panser les blessures de mon cœur meurtri. Si Bohort ne m’avait pas encouragé à reprendre des forces, il est fort probable que je serais arrivé au tournoi le ventre creux. Discutant avec quelques des convives, j’appris que le mariage du Roi Arthur et de la princesse Guenièvre, en plus de faire le bonheur des deux futurs époux, ferait celui de tout le royaume. Le roi Léodagan avait poussé les plus hauts dignitaires de sa région à reconnaître la légitimité du règne du roi Arthur. Ce mariage politique était donc sa récompense pour avoir su rattacher ces provinces à celle d’Arthur sans verser une goutte de sang.

L’après-midi les plus grands chevaliers du royaume été réunis dans la grande cour. Dans leurs plus beaux atours, chevauchant des montures dignes de rois, ils attendaient avec impatience le moment où ils pourraient démontrer leur valeur à leur souverain. Pour célébrer cet évènement, rien n’avait été laissé au hasard. Chacun avait le loisir de s’illustrer dans des joutes équestres ou des combats à pieds. Peu avant que je ne rentre moi-même en piste j’eus l’heureuse surprise de recevoir la visite de la future souveraine. En tout discrétion, la reine me remit son mouchoir et prononça dans un sourire ces quelques paroles.

- Vous désiriez devenir mon champion, jeune écuyer, je l’accepte ! Ne me décevez surtout pas !

La joie que je ressentis en cet instant fut incomparable. La plus belle parmi les belles venait de m’offrir ses bonnes grâces. Ce baume réparateur fut comme une renaissance pour mon cœur qui se mit à battre de plus belle. Sans hésitation, je me jetais dans les combats mettant à terre plus d’une vingtaine de jeunes chevaliers. Les combats à pied furent mémorables. Effectuant des passes précises et une visée de grande qualité, il ne fallut pas bien longtemps pour vaincre plus d’une quarantaine de concurrents. Concentrés dans mes combats, je ne me rendis pas compte que la foule autour de moi était en liesse, poussant des cris d’admiration et applaudissant à tout rompre. Le roi Arthur lui-même, impressionné par me prouesses, me mit au défi de me battre contre son neveu Gauvain. Réputé comme étant le meilleur des chevaliers de la Tables Ronde. Nos forces étant semblables, il me fallut un véritable miracle pour que je puisse enfin prendre l’avantage sur lui. Une fois à terre, je l’aidais à se relever et ce dernier m’adressa alors un sourire.

- Depuis que je me bats sur cette Terre, je n’ai jamais trouvé homme capable de me tenir tête en combat ou en duel. Vous êtes sans nulle doute un écuyer d’exception, mon ami. Quel est donc votre nom ?

- Lancelot, monseigneur. Mon nom est Lancelot du Lac !

Le seigneur Gauvain, se tourna alors vers le roi Arthur. Avec beaucoup de noblesse, il déclara.

- Mon roi, si vous n’adouber pas le jeune Lancelot du Lac au plus vite, je ne réponds de rien en ce qui concerne la sécurité du royaume de Logres.


Sa remarque fut suivie d’un rire joyeux de la part du roi et je quittais l’arène sous un tonnerre d’applaudissement de la part des spectateurs. Bien que touché par les paroles du chevalier Gauvain, je n’attachais mon regard que vers la future souveraine. Son sourire fut la dernière merveille que je vis avant de quitter l’arène et je gardais précieusement son mouchoir dans ma main l’adorant comme la plus belle et la plus précieuses des reliques. Ce fut à cet instant que je compris que mon amour profond pour la reine Guenièvre me donnerait la force de relever tous les obstacles et de soulever des montagnes. Je refusais donc de priver mon cœur de ce poison si délicieux et si indispensable à ma propre survie.

Le roi Arthur annonça alors la fin des combats. Il convia alors les plus brillants des combattants à le rejoindre dans la salle du trône afin de procéder à la cérémonie d’adoubement. C’est ainsi que mes deux compagnons Bohort et Lionel de Gaunes rejoignirent les rangs des chevaliers de la Table Ronde adoubés par le roi Arthur. Quant à moi, j’eu l’honneur de devenir chevalier sous le patronage de ma belle souveraine. Les noces du Roi Arthur et de la Reine Guenièvre furent célébrées le soir-même auxquels tous les chevaliers furent conviés. Les célébrations furent magnifiques et la fête qui s’en suivit le fut bien d’avantage et dura jusqu’au petit matin.

Très vite, je m’attachais mon souverain dont j’admirais les vertus de justice et de courage. Nous nous retrouvions tous deux dans une situation semblable. Jeunes hommes promis à un destin radieux, nous portions chacun des responsabilités très lourdes pour nos jeunes épaules. Appréciant ma sagesse, le roi me demandait très souvent conseil pour des questions d’ordres politiques ou stratégiques. Nos destinées s’entrecroisaient et notre forte amitié ne faisait que resserrer les liens d’interdépendance que nous étions en train de tisser. Comprenant bien vite que l’avenir du royaume reposerait en grande partie sur notre entente commune, je promis de ne pas interrompre dans le bonheur conjugal de leurs majestés. Après tout, il me semblait plus qu’évident que, nourrissant un amour profond pour les deux monarques, je ne pourrais jamais m’abaisser à les trahir ou à les faire souffrir.

La réalité de la politique actuelle nous rattrapa bien vite. Derrière cette façade policée d’entende et d’union entre les clans, certains seigneurs restaient encore farouchement opposés à la politique du Roi Arthur. Des rumeurs sans cesse alimentées par des dignitaires ne laissait envisager rien de bon concernant les royaumes de l’Ouest et du Sud. Désireux de stabiliser son règne, le roi Arthur envoya ses chevaliers dans les contrées les plus belliqueuses de son royaume. Son objectif était de parvenir à des accords diplomatiques avec leurs seigneurs et si cela n’était pas possible recueillir le plus d’informations sur l’état de leurs troupes et de leur armement en cas d’éventuels conflits armés. Fort heureusement, la plupart des seigneurs obtempérèrent après avoir vu leurs conditions être acceptées par le roi. En revanche, il était une région qui demeurait incorruptible. Cette terre n’était rien de moins que les terres de mes ancêtres, le royaume de Gaunes. Il faut dire que la politique avait bien changé depuis notre arrivée à Camelot. Après plus de trois mois de combats acharnés, mon oncle Bohort de Gaunes perdit son territoire au profit du roi Claudas. Bien décidé a régné en souverain incontesté, le nouveau souverain refusa tout contact avec le roi Arthur. Le roi de Logres n’eut alors d’autres choix que de d’envahir ses terres à son tour. Compte tenu de leurs connaissances du terrain, mes deux amis Bohort et Lionel se virent confiés à chacun le commandement de deux régiments. Refusant de les abandonner en si mauvaise posture, je demandais également au roi Arthur la faveur de diriger les troupes à leurs côtés. La guerre dura quelques semaines et de nombreux sacrifices furent nécessaires pour reprendre la couronne de Claudas. Ce fut lors de la dernière vague d’assaut que la vérité qui m’avait toujours été dissimulée fut révélée au grand jour.

Après avoir franchis les dernières protections du roi Claudas, Lionel, Bohort et moi arrivions enfin dans le donjon où Claudas s’était retranché. Lorsque ses derniers soldats furent mis hors d’état de nuire, nous retrouvions alors le souverain dans un piteux état. Recroquevillé sur lui-même dans un coin de la pièce, il tremblait littéralement de peur et semblait sujet au délire. Lorsque je me penchais vers lui, le roi consentit enfin à jeter un regard vers moi. Un sourire apparut sur ses lèvres lorsqu’il m’aperçut.

- Ban ? Ban de Bénoïc ? Est-ce vraiment toi ?

- Vous faites erreur, monseigneur. Je ne me nomme pas Ban. Je suis Lancelot du Lac.

- Oh alors tu es son fils, Galaad de Benoïc. Soyez béni, monseigneur. Voyez-vous j’ai attendu très longtemps pour que vos terres puissent enfin vous être rendues. Votre oncle ne règnera plus sur ces terres. Le royaume de Benoïc pourra enfin renaître de ses cendres !

Clôturant alors son discours, il me baisa les mains affectueusement. Des larmes de joie coulaient le long de ses joues. Persuadé qu’il avait complètement cédé à la folie, je jetais un regard en direction de mes deux amis pour leur transmettre mes instructions. C’est alors que j’assistais à un spectacle qui me remplit d’effroi. Les deux frères ne cessaient de se jeter des regards inquiets. Lorsque je les observais plus attentivement, je vis Bohort devenir aussi pâle d’un linceul et trembler de tout son long. Lionel quant à lui détournait son visage, ne voulant pas prendre le risque d’affronter mon regard. Je compris alors qu’il y avait quelques éléments de vérité dans le secret qu’il venait de me confier. Me relevant alors, je m’approchais des deux cousins que je venais de découvrir ! M’adressant tout d’abord à Bohort, je ne puis dissimuler ma colère naissante.

- Est-ce que ce qu’il a dit est vrai. Suis-je réellement le fils de Ban de Benoïc ? Suis-je réellement votre cousin ? Répondez-moi Seigneur Bohort !

- Ce qu’il a dit est vrai, Seigneur Lancelot, répondit alors Lionel, vous êtes réellement le fils du roi Ban de Bénoïc ce qui fait de nous des cousins germains ! Notre père, si l’on peut le dénommer ainsi, a envahis les terres de votre père quelques semaines à peine après votre naissance. Je suis vraiment désolé que vous ayez dû l’apprendre ainsi.


- Vous êtes désolé ?!?, répondis-je en me précipitant vers lui, ainsi vous connaissiez le secret de mes origines depuis le départ ? Comptiez-vous me l’apprendre un jour, Seigneur Lionel ? Jusqu’à quand espériez-vous garder ce secret ?

- Nous n’avions pas le choix ! La Dame du Lac nous avait fait promettre de garder le secret !

L’espace d’un instant, je restais tétanisé sur place. Non seulement mes cousins, que je considérais depuis toujours comme étant mes meilleurs amis, n’avaient cessé de me mentir mais la Dame du Lac, ma propre mère adoptive cherchait à me le dissimuler ? Comment avaient-ils pu me faire ça ? J’avais le sentiment que ma vie n’avait désormais plus aucun sens ! Moi qui était persuadé de n’avoir ni terre ni famille, je me retrouvais avec une vérité bien plus horrible à supporter ! Et pour couronner le tout Bohort qui n’avait pas prononcé un mot jusqu’à présent crut bon d’apporter une justification supplémentaire.

- Nous n’avons appris la vérité que très peu de temps avant notre rencontre. Nous étions en colère contre notre père et c’est pour cette raison que nous avons préféré quitter sa cour pour nous rendre à Camelot. Nous pensions qu’en veillant sur vous et en vous restant loyaux nous pourrions réparer les injustices qu’il avait commises ! Je suis vraiment navré si nous avons échoué.

- Eh bien mes chers cousins vous pouvez être fiers de vous, déclarais-je furibond, notre guerre est terminée vous venez de récupérer votre couronne ! Mes félicitations !

Rangeant mon épée dans mon fourreau, je partis sans même me retourner malgré les appels de mes cousins. Me sentant déboussolé, je me devais de rejoindre le lac au plus vite pour discuter de cette situation avec la femme qui m’avait élevé. J’avais besoin d’air et surtout de savoir qui j’étais réellement.

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- Si tu cherches des réponses, chevalier, je peux peut-être t’en apporter !

Surpris par cette voix sortie de nulle part, je me retournais pour découvrir un homme encapuchonné et tout de noir vêtu ! Voilà des heures que j’appelais la Dame du Lac au-devant de son royaume. Pourtant ni mes cris désespérés, ni mes monologues plaintifs ne semblaient avoir une quelconque incidence. Cet homme était la seule réponse que j’obtins. Dès ses premières paroles, il semblait connaître bien plus sur moi que quiconque. Il semblait réellement désireux de m’apporter son aide.

Lorsque par désespoir on se tourne vers les marchands de rêve, il arrive que l’on ouvre sa porte au diable lui-même ! Lorsque je rencontrais Méléagant pour la première fois, je ne me doutais pas que le mage serait l’instigateur de ma perte. Je venais tout juste de rencontrer ma némésis et je me jetais littéralement dans ses bras sans aucune réserve. Comment aurait-il pu en être autrement ? Dès ses premières paroles je m’étais laissé séduire, curieux d’en connaître plus sur ce mystérieux visiteur et sur l’immense savoir qu’il semblait posséder. Acceptant alors son aide je le suivis jusqu’à une fontaine si profonde qu’on ne pouvait en deviner la fin. Après avoir prononcé une incantation magique, il remplit une coupe de l’eau noirâtre qui reposait au fond du puit. Il m’annonça alors que pour achever le sort, un objet appartenant à la personne dont je souhaitais sonder l’esprit devait être ajouté à l’étrange mixture. Je ne possédais qu’un objet suffisamment petit pour être contenu dans le récipient. La bague que Merlin et la Dame du Lac avaient confectionnés pour me protéger de l’esprit du Léviathan. Je ne voyais aucune raison pour qu’un monstre endormi depuis des années se réveille à nouveau. Ce fut là mon erreur ! Lorsque je portais la coupe à mes lèvres je tombais subitement endormi.

Les plus étranges hallucinations s’insinuèrent alors dans mon esprit. Plongeant dans mes rêves comme à l’intérieur d’un tableau mobile je voyais et j’entendais une succession de personnages me révélant les plus cruelles des vérités. La Dame du Lac préparant avec mon oncle l’invasion des terres de mon père, La Dame du Lac m’emportant avec elle dans les profondeurs de son royaume sans prêter attention aux supplications de ma vraie mère, Merlin parlant avec elle de mon avenir à Camelot et ces mensonges, tous les mensonges qu’elle m’avait murmuré depuis ma naissance raisonnèrent en écho dans mon esprit.

- La Providence m'a conduite à toi alors que tu n’étais qu’un bébé ! Tu étais orphelin alors je t’ai recueilli ! Tu n’avais pas de nom alors je t’en ai donné un ! Tu n’avais pas de terre alors je t’ai ouvert les portes de mon royaume !

La colère que je ressentis à l’instant fut sans limite ! Jamais, même dans les pires de mes cauchemars j’aurais pu songer que cette vérité était la mienne ! Sans m’en rendre compte, je venais de réveiller le monstre sommeillant en moi. Je me métamorphosais sous l’air satisfait de Méléagant. Ne répondant dès lors plus à ma volonté mais à la sienne, je me précipitais dans les eaux glacées de la mer voisine. Provoquant une tempête à nulle autre pareille, je faisais échouer tous les navires que je croisais sur ma route. Persuadé de devoir me rendre à Camelot, je me retrouvais à l’endroit même où j’avais sauvé la reine Guenièvre et provoqua alors un raz-de-marée qui engloutit la forêt et les villages aux alentours. Je voyais les paysans tentant de s’enfuir paniquer tandis que j’en attrapais certains au passage pour en faire mon repas. Puis, épuisé par cette puissance que je ne contrôlais pas, je m’enfouis dans les profondeurs d’une grotte en surface pour m’y reposer. Le lendemain, mes carnages recommençaient. Je provoquais de nouvelles tempêtes, de nouveaux raz-de-marée qui détruisirent tout sur plusieurs lieues. Les quelques preux chevaliers qui tentaient de me tuer ou de me blesser finissaient en casse-croûte au fond de mon estomac. La population était si effrayée qu’elle finit par demander l’aide du roi lui-même.

C’est ainsi qu’un jour, une délégation de chevaliers de la Table Ronde vinrent à ma rencontre alors que je me reposais dans mon antre. Accompagné des seigneurs Agravain et Caradoc, le roi Arthur s’approcha de moi alors que j’étais plongé dans un profond sommeil. Entendant subitement du bruit autour de moi, je me réveillai et attaquais ces hommes. J’étais alors incapable de savoir que ces derniers étaient mes amis. Après quelques minutes d’un combat acharné, Agravain et Caradoc parvinrent à m’immobiliser. A ce moment, le roi Arthur s’approchant de moi leva son épée et s’apprêta à me tuer. Conscient de n’avoir aucun moyen d’échapper à ce sort funeste, je fermais les yeux attendant ma dernière heure. Comme par miracle, Merlin intervint à cet instant juste à temps pour empêcher le geste fatidique du souverain.

- Arthur, arrêtes ton geste. Il ne s’agit pas d’un dragon ordinaire. Regarde au fond de ses yeux ! Tu comprendras ce que je veux dire !

A cet instant, le roi rabaissa son épée. Plongeant son regard dans le mien, il semblait pouvoir lire dans mon âme comme dans un livre ouvert. Il ordonna alors à ses chevaliers de me relâcher. Ces derniers, bien que surpris par la requête de leur maître obéirent à son ordre. D’un regard entendu avec le grand enchanteur, il le laissa s’approcher.

Tout comme pour l’incident du royaume du Lac, je me réveillais en sursaut n’ayant plus aucun souvenir de ma métamorphose. En revanche, la raison qui m’avait poussé à demander de l’aide à Méléagant était encore bien vivace. Était-ce donc pour cette raison que je fus si ennuyé de voir le visage du plus jeune de mes cousins parmi les amis qui m’accueillirent après mon long sommeil ? Je fus soudainement troublé de voir que la reine en personne était là une éponge à la main, essuyant les gouttes de sueur sur mon front tandis qu’elle me tenait la main. Cette divine apparition apaisant mes souffrances me permit de retrouver la quiétude et je me rendormis apaisé, heureux de savoir que malgré les sentiments mitigés que je pouvais avoir pour mes amis, ils étaient tous présents et prêts à pardonner l’abomination que j’étais.





Histoire
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L'amour vaut bien mille prisons
Ton avenir, Arthur, sera assombrit par un ami cher à ton cœur qui un jour te trahira
Après plus de quatre ans de batailles acharnées pour l’unification des royaumes, nous entrions dans une période de paix et de prospérité. Nous pouvions dès lors songer sereinement à l’avenir brillant qui nous attendait. Notre souverain apaisa mes peurs en me nommant premier ministre de son gouvernement. J’étais ravi d’avoir ainsi pu obtenir la bénédiction d’Arthur qui m’accordait son pardon et sa confiance la plus totale. Jamais je n’entendis parler de ce qu’il s’était réellement produit lors de ma transformation. Les seigneurs Agravain et Caradoc, qui étaient les seuls chevaliers à connaître le secret de mon absence tinrent leur parole et ne révélèrent mon secret à aucun membre de Camelot. Merlin m’avait fourni une deuxième bague qu’il avait ensorcelé afin que je commette plus l’erreur de l’enlever de mon doigt. Ma famille quant à elle reprit une place importante dans ma vie. Après tous les soins que Bohort m’avait prodigué lorsque j’étais souffrant, je ne pouvais lui tenir rigueur pour cette vérité trop longtemps cachée. Lionel quant à lui reprit le gouvernement de son père à Gaunes et nous ne le voyions que très rarement.

Le plus difficile pour moi était d’assister au bonheur conjugal de nos souverains. Bien sûr, je ne pouvais en tenir rigueur à Arthur. Je ne pouvais au contraire que le remercier de traiter se reine avec tous les égards qu’elle méritait. Cependant, il m’était très pénible de vivre au côté de la reine Guenièvre tout en taisant les sentiments que je nourrissais pour elle. Bien que sa présence me faisait souffrir, je ne pouvais m’en passer. C’est pourquoi à défaut de pouvoir un jour devenir son amant, je me contentais d’être son ami et son confident. Il m’arrivait pourtant lors de mes trop nombreuses nuits d’insomnie de rêver de pouvoir la rejoindre, de pousser la porte de son jardin secret pour découvrir des plaisirs qui m’étaient interdits. Dans ces moments, je me réfugiais dans la prière et m’infligeait des châtiments corporels, espérant pouvoir ainsi me libérer de ce feu qui brûlait en moi. Une petite voix dans ma tête me conseillait parfois d’aller découvrir les plaisirs charnels dans les bras d’autres demoiselles de la Cour. Après tout, il semblait que nombre d’entre elles n’étaient pas insensibles à mes charmes et à ma beauté. Il m’aurait été facile de trouver une jeune pucelle ravie de devenir mon épouse. Seulement voilà, je n’aurais pu lui offrir mon cœur puisque ce dernier ne m’appartenait déjà plus.

Fort heureusement, l’Amour n’était pas la seule chose qui m’occupait entre ses murs de pierre. Si le roi m’avait fait l’honneur de le seconder dans ses tâches quotidiennes, je me devais de mériter sa confiance. Voilà pourquoi je me tenais toujours à ses côtés dans les moments les plus importants de sa vie de monarque. Les séances de doléances, les conseils des chevaliers de la Table Ronde et les réceptions officielles faisaient partie de mon quotidien. Sans vraiment m’en rendre compte, je me complaisais dans mon nouveau rôle de ministre, perdant ce qui m’avait mené à devenir chevalier, l’envie de vivre des aventures mystiques au secours la veuve et l’orphelin.

Un jour, lors d’une séance de la Table Ronde, la chance frappa enfin à ma porte. Revenu de l’un de ses voyages dans la forêt enchantée, le seigneur Dagonet nous parla d’un terrible dragon vert qui terrifiait les habitants de la région. Jamais aucun chevalier n’avait réussi à vaincre ce monstre. Saisissant cette opportunité, je me désignais volontaire pour cette mission périlleuse. Refusant toute escorte, je préparais mon paquetage le jour-même. Avant de partir une surprise de taille m’attendait. Bien résolue à me faire ses adieux, la reine Guenièvre me rejoignit dans les écuries désertes à cette heure de la nuit. Me reprochant de partir en mission sans lui avoir fait mes adieux, elle me tendit un petit sac brodé.

- Je suis venue vous remettre ceci. Il s’agit d’herbe médicinales capables de guérir n’importe quelles blessures. Prenez-les ! Au moins je serais certaine qu’il ne vous arrivera rien !

- Je vous remercie du fond du cœur, ma reine ! Il existe cependant des blessures que l’on ne peut apaiser si facilement !

- Dans ce cas, emportez également ceci avec vous !

Sans plus de discours, elle s’approcha de moi et déposa un baiser timide sur mes lèvres. Cet acte d’amour si subit me surpris. Jamais je n’aurais pensé qu’une partie de son cœur partageait des sentiments semblables aux miens. Que le goût de ses lèvres était doux ! Désireux de le prolonger encore, je saisis son visage enter mes mains et l’embrassa plus passionnément encore. S’écartant alors de moi, elle posa une main réconfortante sur ma joue. Elle me donna alors un second cadeau, bien plus précieux que le précédent. Il s’agissait d’un magnifique pendentif d’ivoire contenant son portrait et une mèche de ses cheveux. Elle me quitta ensuite, me laissant seul face aux tourments de l’Amour.

Tout du moins c’est ce que je pensais. Car Bohort soucieux de me savoir partir seul, m’avait rejoint espérant me convaincre de le laisser m’accompagner. Il ne s’était très certainement pas douté de la scène à laquelle il allait assister. Réalisant la dangerosité de ce baiser, il me mit en garde contre cet amour qui pourrait mettre en péril le royaume. Tentant alors de le rassurer sur ces sentiments que je combattais farouchement, je lui fis promettre de garder le secret. Refusant une fois de plus son aide, je m’engageais sur le chemin qui me conduirait au dragon vert.

Le chemin fut long et parsemé d’embuches. J’eus plus d’une fois l’occasion de démontrer mon courage et ma valeur en portant secours aux personnes qui requéraient mon aide. Lorsqu’enfin je parvins à la forteresse ou le dragon avait été aperçut pour la dernière fois. Mon combat contre la monstrueuse créature fut des plus mémorables. Ne pouvant le vaincre par la force, il me fallut faire preuve de ruse pour abattre à jamais cet invincible dragon. Les habitants de la région me firent fête lorsque je les rejoins. Participant à un festin préparé en mon honneur je fis la connaissance d’un vieil homme, druide du village. Il me parla d’une église enchantée située en bordure de la forêt enchantée qui n’apparaissait qu’aux chevaliers ayant un cœur pur. Intrigué par l’histoire du vieillard, je me promis de faire halte devant la forêt pour vérifier ses dires.

Dès le lendemain, je me mis en route vers Camelot. Je galopais ainsi la journée durant sans rencontrer âme qui vive. M’arrêtant pour passer la nuit en pleine forêt, je connus un réveil brutal. Un tout jeune homme du nom de Perceval dont je ne connaissais encore rien m’offrit un petit déjeune digne d’un roi. Tout en dégustant avec lui un délicieux lapin grillé, je découvris qu’il était originaire d’une famille de soldat du pays de Galles. Désireux de rentrer à la cour du Roi Arthur comme chevalier, il me demanda s’il pouvait m’accompagner. Son zèle me plut et je lui proposais de me servir en tant qu’écuyer jusqu’à notre retour au château.

Reprenant notre route, nous nous rendions donc en lisière de forêt. La déception fut alors très grande ! J’avais beau observer l’horizon, je n’y trouvais pas le moindre édifice. M’apprêtant à rebrousser chemin, mon écuyer m’incita alors à scruter la prairie plus attentivement. Par un sortilège qu’il m’était incapable de comprendre, je vis subitement apparaître des murs de pierres qui semblaient s’élever jusqu’au ciel. La bâtisse sortie miraculeusement du sol attisa ma curiosité. Mettant pied à terre, je m’en approchais alors avec Perceval sur mes talons. Ouvrant la porte de l’église, je fus soudainement aveuglé par une lumière d’une grande intensité. Cette lueur était sans nulle doute la plus belle que j’aies un jour contemplé. En elle on devinait tout ; amour, compassion et espoir ! Jamais je ne m’étais sentis aussi serein et heureux qu’en cet instant. Ne pouvant deviner l’objet se cachant derrière cette étrange lueur, je finis pourtant par y voir un visage. La face d’une femme chérie entre toutes, ma reine de cœur, Guenièvre. La lumière finit par m’aveugler, m’empêchant de pénétrer à l’intérieur de l’église. Chose curieuse, mon camarade ne semblait pas ressentir la même gêne. S’apprêtant à entrer dans le bâtiment, la porte se referma subitement devant lui. Un homme tout de blanc vêtu fit son apparition à deux pas derrière nous. Il nous demanda alors de décliner nos identités. Curieux, nous lui demandions quelle était cet relique miraculeuse. Nous souriant aimablement, il déclara en des paroles mystérieuses.

- Messeigneurs, l’objet que vous venez de contempler est le saint des saints. On le nomme le Saint Graal. Il apporte prospérité à la terre et vie éternelle à celui qui a l’honneur d’y boire. Seuls le plus pur des hommes aura un jour le droit de le contempler. Mais son heure n’est pas encore venue !

Je restais alors tétanisé. Je connaissais la légende du Saint Graal et le rôle capital qu’il avait joué dans notre religion. Joseph d’Amathie y avait recueilli le sang de notre messie alors que le Roi Eternel se mourrait sur la croix. Il représentait l’espoir de tout un peuple et la promesse d’un monde enfin libérer du péché. Soudain une vision s’imposait à moi ! Je compris que cette apparition n’était qu’une illusion. Le véritable Graal restait à être découvert et notre ordre se devait de le retrouver pour assurer au royaume sa pérennité et la paix éternelle. Avant de partir j’entendis une voix raisonner dans mon esprit, comme un appel venu du fin fond de mon cœur.

- Prend garde au péché de ton cœur, Lancelot du Lac. Ton destin est de trouver le Graal et il le restera tant que tu suivras le droit chemin. Ne convoite pas l’épouse de ton seigneur !

Puis soudain, l’homme tout comme l’édifice religieux disparurent tout comme ils étaient apparu. Sans perdre une seconde, je me remis en selle et ordonnant à Perceval de me rejoindre sur ma monture, galopa à bride abattue jusqu’au château de Camelot. Aussitôt arrivé, je rejoignis Arthur et lui conta   notre étrange épopée. A partir de cet instant, notre communauté n’aurait plus qu’un seul objectif. Ce but nous dépassait complètement mais il se devait de prévaloir sur toutes nos autres missions. La quête du Graal venait de commencer !

L’annonce de la quête du Graal provoqua un élan d’enthousiasme parmi mes compagnons chevaliers. Tous étaient honorés de savoir notre dieu lui-même était de notre côté. Après tout, si Perceval et moi avions pu contempler le Saint Graal c’est bien que notre Seigneur souhaitât nous donner son approbation. En cet instant, nous étions loin de nous douter que notre avenir radieux serait bientôt assombri par nos ennemis. Tout commença avec l’arrivée de la Fée Morgane à la Cour. En épousant Uther Pendragon après la mort de son époux, le duc de Cornouailles, Ygraine avait fait de Morgane la demi-sœur d’Arthur. Ce lien familial lui avait donné le privilège de faire partie des membres de la Cour. Femme d’une grande beauté, elle charmait autant qu’elle effrayait les courtisans. Cette créature ne m’inspirait que du mépris et de la crainte. Sa présence semblait avoir une mauvaise influence sur la vie du couple royal qui était déjà chancelante.

Après des années de vie commune, le roi s’éloigna de la reine. Le motif principal de leur discorde était l’absence d’un héritier à la couronne. Aucun de leurs efforts pour concevoir un enfant ne porta ses fruits. La reine ne tombait pas enceinte et cela mettait le roi dans une situation d’embarras extrême. Il s’était alors peu à peu lasser de sa femme et s’endormait à présent dans les bras de ses maîtresses. Cette situation délicate devint insoutenable lorsque Morgane tomba enceinte. Certaines mauvaises langues prétendaient que le père de l’enfant était le roi lui-même. Une vérité qu’Arthur me confirma en confidence quelques semaines plus tard.

Ma situation à la Cour me paraissait alors insupportable. Basculant sans cesse entre mon amitié sincère pour Arthur et mon amour profond pour Guenièvre je ne trouvais ma place nulle part. Voir la reine si malheureuse me bouleversait et ses terribles confidences brisaient mon cœur. Combien de fois ai-je souhaité alors la prendre dans mes bras pour lui apporter enfin ce que le roi lui refusait ? Un amour fidèle, dénué de toute mesquinerie et qui la rendrait profondément heureuse. Combien de fois avais-je interférer en sa faveur auprès d’Arthur qui désormais faisait la sourde oreille ? Passant bien plus de temps avec la reine qu’auparavant, je ne pus empêcher les rumeurs de se propager. Tous les courtisans murmuraient des choses terribles au sujet de notre relation, prétendant que je rejoignais la reine en secret chaque nuit ou le roi était absent. Notre souverain lui-même devenait méfiant à mon égard et je perdais peu à peu sa confiance. Dans cette affaire seul mon cœur était coupable et je ne pouvais que me féliciter que mon corps n’ait pas cédé à ses pulsions.

Pourtant, il fut un jour ou mon innocence et toutes mes convictions les plus profondes basculèrent vers la folie. Fidèle allié de Morgane, Méléagant avait compris depuis bien longtemps que la pérennité du royaume de Logres reposait essentiellement sur l’entende entre le roi et le meilleur de ses chevaliers. Les secrets de mon cœur ne lui avaient pas échappé et il échafauda un plan pour mettre mon amour à l’épreuve.

Un jour, la reine Guenièvre fut enlevée et mener dans une cachette du mage noir. Pour s’y rendre il fallait affronter les plus grands des périls. Cette mission requérait donc la participation du meilleur des chevaliers du roi Arthur. Doutant de mon objectivité dans cette quête, Arthur désigna le seigneur Gauvain pour la secourir. Je ne pus m’y résigner. Je ne pouvais laisser mon grand amour entre les griffes destructrices de ce démon. Je partis donc de mon côté, me promettant de la sauver quoiqu’il m’en coûterait. Je ne tardais d’ailleurs pas à payer cet affront au prix le plus fort.

Après avoir perdu mon cheval dans une lutte contre l’un des sbires de Méléagant, j’étais réduit à poursuivre ma route à pied. Etant parfaitement conscient de la longueur du chemin qui me restait à parcourir, je saisis la seule opportunité qui s’offrait à moi. Un bouvier passa avec la charrette d’infamie. Grimper dans cette charrette était bien plus qu’un simple déshonneur, ce geste me condamnerait à vivre à jamais comme un paria de la chevalerie, me privant ainsi du bonheur de contempler et de ramener le Saint Gall au roi Arthur. Au nom de l’amour de ma bien-aimée, j’y consentis alors et avec fierté je renonçais à ma glorieuse destinée. Affrontant avec courage les commérages et les insultes que les passants réservaient d’ordinaire aux pires des brigands, je poursuivais ma route jusqu’à rejoindre mon compagnon d’aventure. Gauvain surprit d’abord de me voir le rejoindre accepta finalement que je me joigne à lui. Nous étions tous deux amis de longue date et il ne pouvait que se réjouir de me voir poursuivre à ma route à ses côtés. Notre route fut parsemée d’embûches et les blessures que nous subissions furent nombreuses. L’épreuve du pont de l’épée fut sans aucun doute la pire d’entre elles. Suspendu à plus de vingt mètres de hauteur, nous avions dû franchir un pont en forme d’épée qui tranchait la chair à chaque nouveau pas que nous accomplissions. Les sbires de Méléagant nous attendaient de l’autre côté.

Blessés et exténués, il nous était très difficile de remporter nos combats. Soudain, je me remémorais la bague que Merlin m’avait offert en présent. Tout en me remettant à ses pouvoirs, je prononçais une formule magique. Ci-tôt prononcée, je ressentis une force incroyable me traverser. Reprenant rapidement courage, j’ignorais mes blessures et d’un seul coup d’épée abattit mes ennemis les uns à la suite des autres. Une fois cet obstacle franchi, nous nous précipitions à la recherche de la reine. Nous la retrouvions alors attachées à la merci du mage démoniaque. Parvenu à ses fins, n’ayant plus aucune armée à sa disposition, il disparut dans un nuage de fumée. Courant en direction de Guenièvre, je la libérais de ses chaînes et la laissait s’aplatir dans mes bras et pleurer de soulagement. Mes larmes se mêlèrent alors aux siennes. J’étais si heureux d’avoir pu la retrouver saine et sauve.

Nous apprêtant à rentrer, Gauvain nous annonça qu’il souhaitait continuer sa route à la recherche de nouvelles aventures. Nous nous quittions alors bons amis, nous réjouissant d’ores et déjà de nos futures retrouvailles. La reine et moi rentrions alors à Camelot, impatient de retrouver Arthur qui se faisait à ne pas douter un véritable sang d’encre. Nous chevauchions durant des heures jusqu’au moment où, réveillé par une forte douleur dans la poitrine, je fis part de ma volonté de m’arrêter. N’ignorant rien de l’art subtil de la médecine, Guenièvre me demanda de retirer ma cuirasse afin de pouvoir m’examiner. Elle me rassura alors, me garantissant qu’il ne faudrait pas plus de quelques jours pour guérir de ma blessure. Repensant brièvement à l’épisode de la charrette, je repensais à cet honneur perdu que je ne retrouverais jamais ! A quoi bon lutter encore contre mes sentiments alors que j’étais promis aux pires humiliations. Une nuit ! Je ne désirais rien de plus que lui appartenir une nuit ! Elle représentait tout à mes yeux et j’étais prêt à brûler dans les flammes de l’enfer si je pouvais découvrir le paradis à ses côtés. Sans aucune gêne, je trouvais enfin la force de prononcer ces mots que je retenais prisonniers depuis plus de 15 ans. Saisissant son visage entre mes mains, je déposais sur ses lèvres un baiser des plus brûlants. Guenièvre répondit alors à mon serment d’amour me déclarant qu’elle souhaitait plus que tout être ma servante si je consentais à être son seigneur. Nous nous aimions alors durant toute la nuit, apprivoisant avec passion nos corps et nos cœurs éperdus. Jamais encore je ne m’étais sentis si remplis d’allégresse et de bonheur, allongé ainsi entre les bras de mon adorée.

Le lendemain matin, nous franchissions les portes de Camelot. Le roi heureux d’avoir retrouvé sa reine demanda à ce qu’une grande fête soir organisée en son honneur. Arthur me pria alors de le pardonner pour les suspicions qu’il avait eu à mon encontre, ne faisant qu’augmenter le malaise que j’avais à l’idée de l’avoir trahi. Supportant mal le poids de ce secret, je finis par me confier à Bohort qui jusqu’à présent était le seul à connaître le secret de mon amour pour la reine. Ce que j’ignorais à cet instant, c’est que la fée Morgane nous épiant n’avait pas perdus une miette de mes aveux. Bien décidée à faire souffrir son frère, elle me tendit un piège. Utilisant l’écriture de la reine, elle m’écrivit une lettre me demandant de la rejoindre dans ses appartement le soir venu. Naïvement je m’y rendis, sans me douter une seule seconde ce qui m’y attendait. Le soir-même, La fée Morgane demanda l’intervention des chevaliers auprès de la reine. Pris au piège, les gardes nous arrêtèrent et nous emprisonnèrent. Je restais au cachot jusqu’au petit matin rejoignant ensuite Arthur dans la salle du trône. M’agenouillant devant le roi, je ne trouvais pas la force de soutenir son regard.

- Jamais, même dans mes pires cauchemars, je n’aurais pu me croire que vous finiriez par me trahir. Je regrette d’avoir à mettre fin à une vie aussi digne que l’était la vôtre !

- Sire, j’accepte avec honneur cette sanction, sachant qu’elle est méritée. Je regrette d'avoir trahi votre amitié mais je suis heureux d’avoir osé écouter mon cœur.

La sanction fût alors prononcée, je serais décapité dès le jour suivant et la reine serait emmenée au bûcher. Il me fallut l’intervention d’un miracle pour mériter d’être encore en vie. Le soir même, une colonne de mes anciens amis guidée par Bohort et Lionel vinrent me faire sortir de ma prison. Ne pouvant me résoudre à abandonner Guenièvre, nous la libérions également. Chevauchant la nuit durant, nous arrivions alors dans une forteresse abandonnée. C’est là, sur les lieux-même où j’avais rencontrés Guenièvre des années auparavant que les chevaliers de la Table Ronde s’affronteraient. Les fidèles d’Arthur Pendragon contre les fidèles de Lancelot du Lac. Nous savions dès lors que notre communauté ne serait plus jamais la même.

Dès le lendemain, le roi Arthur arriva avec ses troupes. Les combats durèrent trois longues journées. Le troisième jour, alors que nous nous battions depuis quelques heures, le combat cessa brutalement. Plus un bruit ne résonnait dans la pleine. Intrigué par ce silence, je suivais les regards de mes compagnons et tombais alors sur un véritable cauchemar. J’aperçus Bohort, le regard emplis de rage et de tristesse, tenait la lame de son épée sous la gorge d’Arthur. Craignant plus que tout de les perdre et l’un et l’autre, j’ordonnais à mes chevaliers de ranger leurs épées. Faisant de même, je fus alors invectivé par Bohort qui me déclara furieux.

- Laisserez-vous donc la mort de Lionel être impunie, seigneur Lancelot ? Il s’agit de votre famille !

C’est alors que je compris ce qui avait plongé mon cousin dans cet état. A deux pas de lui, je trouvais le corps sans vie de Lionel tué quelques instants plus tôt par le roi en personne. Dans un soupir, je m’approchais d’eux.

- Non seigneur Bohort, il sera vengé ! Mais pas de cette façon ! Trop de sang à couler sur cette plaine ! Sire, votre armée a été vaincue. En conséquence, je réclame que mes volontés soient respectées. Vous gracierez la reine et veillerez à ce qu’elle soit bien traitée ! Les chevaliers ne seront pas poursuivis et ceux qui m’ont suivi dans cette folle aventure auront le droit de rejoindre à nouveau les rangs de la Table Ronde. Quant à moi, je demande à être disgracié et vous me donnerez le droit de partir en exil !

Arthur n’eut pas d’autres choix que de capituler. Bohort enfin calmé, rangea son épée au fourreau. Le roi se releva subitement. Pointant sa dague dans ma direction, il me jeta un regard noir.

J’accepte vos conditions, Lancelot ! Mais si vous avez un jour le malheur de revenir dans le royaume de Logres, je n’aurais aucune pitié ! Vous serez mort avant même avoir eu le temps de faire une lieue !

Le roi ordonna alors le retrait de sa troupe. La reine sortant de sa cachette, suivit le roi sans même m’adresser un regard. Je devinais alors dans cette attitude toute la colère qu’elle ressentait pour cette bataille qui n’avait aucun sens. La culpabilité la rongeait de l’intérieur et elle ne pourrait jamais se pardonner nos actes fous qui avait effrités le royaume. Les chevaliers qui m’avaient suivi, profitant de cette chance exceptionnelle, rejoignirent alors le roi. Seul Bohort, assis aux côtés du corps de Lionel, restait à mes côtés. Le rejoignant alors, je posais une main sur son épaule.

- Bohort, vous devriez saisir la chance que le roi vous accorde d’être pardonné avant qu’il ne revienne sur sa décision !

- Le roi peut bien me pardonner, je ne suis pas certain de pouvoir en faire de même ! Ce serait injuste pour la mémoire de Lionel !

Se relevant alors, il sécha ses larmes et me sourit courageusement

- Et qu’est-ce que vous deviendriez sans moi, Lancelot ? Il faut que nous restions unis. Nous sommes la seule famille qu’il nous reste !

A mon tour, je lui adressais un sourire emplit de tendresse et de reconnaissance. Jamais il n’avait approuvé ma relation avec la reine pas plus que ma trahison. Pourtant, il m’avait suivi tout comme Lionel sans hésitation, se montrant digne de la parole qu’il avait donné à la Dame du Lac il y a si longtemps. Très touché par ses paroles, je le serrais dans mes bras, lui laissant une épaule sur laquelle s’épancher. Notre avenir allait prendre à présent une toute autre tournure et il fallait que nous nous préparions à cela.





Dernière édition par Lance A. White-Knight le Mar 3 Mai - 22:15, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Ven 22 Avr - 23:20

Histoire
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Voler aux riches pour donner aux pauvres
Chercher la rédemption parmi les voleurs !
Les premiers mois loin de Camelot furent très difficiles. J’étais hanté par tant de regrets et de culpabilité que le simple fait de vivre me paraissait insoutenable. Le regard rempli de reproches de Guenièvre m’accompagnaient nuit et jour. Nous nous étions quittés en de si mauvais termes que je doutais qu’une réconciliation soit possible. La seule nuit d’amour que nous avions passés ensemble serait à jamais le dernier souvenir tendre que je conserverais d’elle. Quel espoir me restait-il pour l’avenir ? Quelle force pourrait-elle maintenant guider mes pas ? Je passais plusieurs mois ainsi, renfermé sur moi-même et refusant les bonheurs éphémères que la vie pourrait encore m’offrir. Passant la plupart de mes journées à longer les murs dans le château familial, je ne trouvais aucune distraction capable de sortir de ma détresse. Il y avait fort à parier que si Bohort ne me forçait pas à m’alimenter, je serais probablement mort de faim et de soif. La sentence d’Arthur ne s’était pas faite attendre. Le royaume de Gaunes avait été séparé de celuis de Logres. Tout échange entre les deux pays était à présent proscrit, ce qui nous laissa dans une position matérielle délicate.  

Puis un jour, comme un miracle envoyé par Dieu, des nouvelles arrivèrent du royaume de Logres. La reine déchue, recluse à présent dans le château de son père, venait de donner naissance à un bel enfant en pleine santé. Le bébé était né blond avec les yeux bleus et il ne fit aucun doute que ce petit garçon possédait ma chair et mon sang. J’avais un fils ! Un fils qui portait mon nom de baptême. Galaad ! En à peine quelques jours, mon humeur changea du tout au tout. Désireux d’offrir à mon fils le père qu’il méritait, je me repris en main et mangeant et festoyant de bon cœur, je rêvais de l’avenir glorieux que pourrait être celui de mon enfant. J’écrivis dès lors plusieurs missives à Guenièvre, lui exprimant ma volonté de pouvoir rencontrer mon enfant. Malheureusement ces lettres demeurèrent sans réponse. Je compris dès lors que je n’aurais peut-être jamais le plaisir de voir grandir mon Galaad. Je ne perdais cependant pas espoir. J’étais persuadé que si je trouvais un moyen de me racheter, je finirais par mériter le droit de m’occuper de lui.

Il était temps pour moi de repartir à l’aventure et de quitter les terres de ma famille. Craignant plus que tout de faire mes adieux à mon cousin, je me résolu à lui écrire une missive. Le remerciant pour les milles grâces qu’il m’avait apporté, je lui promettais de revenir lorsque ma nouvelle quête serait terminée. Je le recommandais à Dieu et lui confiais l’avenir de mon fils si je venais à disparaître. Le soir-même, je remontais en scelle et partit vers mon destin.

La première escale de ma vie fut sans doute la plus pénible. Ne sachant que faire je poursuivis mes rêves d’être chevalier et me promis d’offrir mes services au premier seigneur qui les requerraient. Le roi George, souverain cruel de la Forêt Enchantée répondit à ma prière. Je le servis fidèlement durant quelques mois tout en mésestimant sa manière de traiter son fils de substitution David et l’amour de sa vie Blanche-Neige. Je participais même à la capture de la jeune princesse. Le roi usa d’un procédé cruel pour réduire à néant leurs espoirs de fonder une famille. Il lui fit boire un filtre qui l’empêcherais à jamais d’avoir des enfants. Furieuse, elle s’enfuit du palais mais je la rattrapais aussitôt et déclarais vouloir l’aider. Tout d’abord réticente, elle finit par accepter et nous nous rendions à la ferme de la mère du Prince David. Là-bas, nous retrouvions la vieille femme blessée à mort. Connaissant un moyen de pouvoir la sauver, je proposais à David et Blanche-Neige de l’emmener auprès du Lac Nostos qui avait le pouvoir de soigner bien des maux. Par malheur, le lac était asséché et je ne trouvais qu’un petit coquillage contenant tout juste assez d’eau pour une personne. Il nous fallait à présent choisir ! Soit le lac rendait sa fertilité à Blanche-Neige, soit ce dernier sauvait la vie à Ruth. La mère de David me fit habilement comprendre qu’elle accepterait de mourir si elle pouvait garder l’espoir d’avoir un jour des petits-enfants. Dissimulant la goutte aux yeux de tous, David tenta en vain de faire boire une goutte ordinaire à sa mère qui n’eut évidemment aucun effet. La mère de David lui adressa alors ses dernières volontés. Je célébrais alors le mariage de David et de Blanche-Neige sous les yeux de la fermière qui s’endormit bientôt d’un sommeil de mort. Avant la cérémonie, j’avais pris soin de verser la goutte magique dans la coupe que j’avais tendu aux deux jeunes époux. Blanche-Neige pu espérer donner naissance à une ravissante petite fille. A la suite de ces évènements, je les quittais en leur promettant de les retrouver un jour.

Cette rencontre fut pour moi une révélation. Sans vraiment m’en rendre compte, j’avais pris un immense plaisir à célébrer le mariage de mes deux nouveaux amis. Une pensée germa alors dans mon esprit. Une idée toute bête mais qui devint rapidement une évidence. Dieu avait toujours été pour moi un réel secours et j’étais persuadé que passer le restant de mes jours à servir ses enfants était le plus beau destin dont je puisse rêver. Depuis toujours, je m’étais promis que Guenièvre serait la seule femme que j’aimerais d’amour. M’engager dans les ordres serait alors une preuve supplémentaire de ma fidélité éternelle à son encontre. Je renonçais donc à toute richesses et aux plaisirs charnels pour m’engager comme moine, sous le nom de frère Tuck, dans une petite communauté non loin du comté de Nottingham. A cette époque, je me complaisais avec plaisir dans la prière et la vie en communauté religieuse. Les jours paraissaient doux et je faisais mon possible pour satisfaire mes supérieurs. Cependant, une réalité me rattrapa bien vite. Je me rendis compte que certains des chefs religieux n’hésitaient pas à s’enrichir au dépit des pauvres âmes qu’ils étaient censés aider. La dîme était terriblement élevée et servait bien trop souvent à nourrir des plaisirs personnels si loin de la vocation de notre Eglise. Trop souvent, je supportais cela en silence malgré le chagrin que cette situation me causait.

Fort heureusement, je finis par croiser la route d’un homme qui bouleversa à jamais mes opinions. Un jour que le convoi transportant la dîme traversait la forêt de Sherwood, il fut attaqué par des voleurs qui nous prirent tout notre argent. N’hésitant pas une seconde, je me lançais à la poursuite de ces brigands. Je constatais très rapidement que ces derniers étaient malins et très agiles. Je compris alors qu’il s’agissait des Merry Men. Un groupe de hors-la-loi dirigé par un certain Robin des Bois qui commençait à se faire un nom dans le domaine du larcin. Ne me fiant alors qu’aux idées reçues, je me promis de ne pas faire de cadeaux à ces scélérats. Il me fallut plusieurs jours pour retrouver leurs traces mais je finis par y parvenir. Le spectacle que je vis me toucha profondément. Je retrouvais le fameux Robin des Bois tendant une bourse à une jeune femme visiblement affamée qui tenait dans ses bras un nourrisson. C’est alors que je compris que bien loin d’être égoïste, ces vols n’avaient pour but que de soulager les plus démunis. « Voler au riches pour donner aux pauvres » ! L’idée me plut beaucoup !

Je rejoignis alors les rangs des Merry Men persuadé que mon agilité et ma bravoure pourrait leur être utile. Bien évidemment, cette vie était bien loin de celle que je menais en tant que chevalier. Je me retrouvais avec des hommes certes très doués mais issus bien souvent d’une classe sociale inférieure à la mienne. Ici, aucune épée et aucune armure n’armaient les bons samaritains. Les arcs et les flèches formaient leurs seules armes et leur agilité et leur ruse leur seule défense. Je me mis dès lors à leur niveau, apprenant le maniement de l’arc et de l’arbalète et conservant ma soutane pour me battre. Je m’habituais très rapidement à cette vie de renégat. La simplicité de la vie de ces personnes généreuses, leur grand appétit de vie, leurs journées passées en pleine nature... Décidemment tout cela me plaisait et je me pris bien vite au jeu ! Je m’étais fait de nouveaux amis, Robin des bois et Petit Jean faisant partie des plus fidèles. Je me liais également d’affection avec la compagne de Robin, la jeune Marianne appréciée pour sa gentillesse et sa clairvoyance.

Bien sûr, je n’oubliais pas d’accomplir mes devoirs religieux. Mes compagnons étaient ainsi surpris de me voir prier pour demander le pardon de mes péchés avant et après tous nos vols. Jouant de ma notoriété et de mon image innocente auprès des habitants de Nottingham, je me chargeais bien souvent de redistribuer moi-même l’argent volé aux pauvres. C’est à cette période que je me découvris un don magique tout particulier. Toujours lié à l’esprit du Léviathan, je découvris que j’avais la capacité de guérir les personnes par imposition des mains. J’étais capable de soigner les plus terribles des maladies et de rendre la vie à des personnes que l’on disait condamnées. J’en fis donc profiter les personnes les plus démunies qui ne pouvaient requérir au service d’un médecin.

Notre bonheur connaissait des hauts et des bas. Vivre en hors-la-loi signifiait également être chassés par les représentant de cette même loi. Ces derniers étaient les serviteurs d’un prince cruel dénommé Jean sans Terre. Gagnant la couronne grâce à de viles manœuvres, il s’empara du trône de son frère, le bon Roi Richard tombé à la guerre. Avide de pouvoir et d’argent, il ne fit qu’augmenter les taxes payables par les bonnes gens du comté et faisait arrêter ce qui n’avaient plus les moyens de les payer. Les prisons de Nottingham se remplissaient peu à peu alors que les espoirs de tous diminuaient à vue d’œil. Pour parvenir à ses fins, l’Usurpateur avait sous ses ordres le shérif de Nottingham qui d’une main de fer faisait exécuter les volontés de son maître. Le shérif avait fait de Robin son pire ennemi et il traquait sans merci les Merry Men dans toute la forêt de Sherwood. Malgré tout, rien ne pouvait nous faire abandonner notre volonté de nous battre pour notre juste cause. Il fallut plus de quatre ans au shérif pour nous débusquer.

Je n’oublierais jamais cette année-ci qui fut marquée par d’inoubliables bonheurs et des malheurs impardonnables. Après plus de quatre ans de mariage, Marianne tomba enceinte. Sa grossesse fut difficile et je mis tout en œuvre pour apporter mon soutien aux futurs parents. Mes connaissances d’herbologie et mes pouvoirs guérisseurs leur furent d’un grand secours. Neuf mois plus tard, le petit Roland vint au monde. Une grande fête fut organisée en son honneur et chacun de nos compagnons y mit du sien pour en faire une célébration inoubliable. Personnellement j’apportais le vin qui nous fut gracieusement offert par un monastère qui soutenait notre cause. Quel plaisir de voir grandir parmi nous ce bébé qui représentait un espoir si précieux pour l’avenir !

Trois mois après la naissance du petit Roland, le shérif finit par nous retrouver. Durant l’attaque, Marianne fut accidentellement tuée par notre ennemi qui depuis toujours ressentait un amour profond pour elle. Ce fut la fin de notre belle aventure ! Au plus grand plaisir du shérif, Robin des bois fut arrêté et la forêt de Sherwood fut entièrement brûlée quelques heures plus tard. Grâce à Dieu, Petit Jean et moi parvenions à sauver le reste de nos camarades et emportions le petit Roland avec nous. N’ayant nulle part où aller, je proposais à mes compagnons de me suivre jusqu’au royaume de Gaunes où je savais qu’ils seraient en sécurité.

Revenu sur les terres de mes ancêtres après plus de 5 ans d’absence, les retrouvailles familiales furent grandioses et Bohort promit d’offrir au Merry Men sa protection ainsi que le confort matériel dont mes amis auraient besoin. C’est alors que me parvint une missive inquiétant du seigneur Gauvain. Soutenue par Méléageant, La fée Morgane avait monté une armée de guerriers invincibles. Son objectif était d’asseoir son fils Mordred sur le trône, chassant Arthur et ses braves chevaliers de la Table Ronde. Cette guerre durait depuis plusieurs mois et l’armée de Morgane victorieuse, s’apprêtait à marcher sur Camelot. Arthur consentit enfin à répondre à la requête de Gauvain. Il se persuada que j’étais à présent leur seule chance de salut. Sentant sa fin venir, Arthur craignait plus que tout de voir un roi tyrannique prendre les rênes du royaume de Logres. Il joignit donc à la missive un décret royal officiel me désignant comme gérant légitime de son royaume, jusqu’au jour où les dieux désigneraient un nouveau roi. Comme preuve de ses engagements, il me fit parvenir un morceau de l’épée dans le rocher qui l’avait faites roi des années auparavant. J’étais extrêmement touché par ce gage de rédemption qui démontrait toute la confiance et l’affection qu’Arthur gardait encore pour moi. Malgré nos querelles, Arthur restait un monarque que je respectais au plus haut point ainsi que l’un de mes meilleurs amis. Gardant précieusement sur moi le décret, je plaçais le morceau de métal en pendentif le conservant ainsi tout prêt de moi. N’hésitant pas une seconde, je convainquis Bohort de me rejoindre dans cette guerre. Fort de l’armée de Gaunes, l’armée de Bénoïc dirigée par mon demi-frère Hector des Mares et celle de Vannes dirigée par Caradoc. En quelques jours, nous réunissions plus d’un millier d’hommes tous prêts au sacrifice pour sauver leur roi.

Malheureusement pour moi, je ne guiderais pas cette guerre. En effet, Morgane avait eu vent de notre riposte. Pour les deux mages, je représentais un danger qu’il fallait à tout prix mettre hors d’état de nuire. A peine eu-je le temps de mettre le pied dans le royaume de Logres, que je tombais dans le guet-apens. Par un habile stratagème, la fée Morgane m’emmena loin de nous troupes. Après s’être assurée que personne ne pourrait nous rejoindre, elle m’emmena jusqu’à un monument de cercles circulaires. Là-bas nous retrouvions Méléagant qui nous attendait patiemment. Grâce à leur magie, ils m’immobilisèrent et me parlèrent avec fierté de leur manigance pour m’éloigner d’Arthur et détruire son royaume. Les querelles entre ses chevaliers avaient laissé le monarque dépressif, incapable de gouverner. Le royaume de Logres était rapidement tombé en déclin et même les plus persévérants de ses fidèles n’avaient pu lui rendre sa foi. Perdant tout espoir, il finit par briser l’épée du rocher. Mourant, il avait été emmené sur l’île d’Avalon. Mordred avait récupérer Excalibur et le royaume de Logres lui appartenait désormais. Quant à Guenièvre, elle avait été envoyée dans une prison d’où personne ne pourrait jamais revenir. Morgane m’informa que Mélégant et elle me réservait désormais le même sort que cette dernière.

Malgré les mots cruels qu’elle avait employés, son discours ne me démoralisa pas. J’avais reçu la preuve qu’Arthur n’avait pas perdu sa confiance dans l’avenir de Logres. Il croyait en ses chevaliers et savait que nous nous lèverions un jour pour récupérer ce qui nous était essentiel. Il me faisait confiance pour lui guider et les protéger. Quant à Guenièvre, je savais qu’un jour mon amour pour elle me la ramènerait. Quoiqu’il m’arriverait, je reviendrais un jour et je me battrais au nom de l’amour profond que j’avais pour moi roi et pour ma reine. A cet instant, les deux mages me jetèrent un sort et je restais inconscient durant plusieurs semaines.


Un pour tous et tout pour un !
Le cœur à ses raisons que la raison ignore !
Le sort de Morgane avait réussi. Pour me punir de mon opiniâtreté, elle m’emmena dans un village bien différent de celui dans lequel j’étais né. Là-bas, les chevaliers ne portaient plus cuirasse depuis longtemps. Une époque où l’or et l’hermine recouvraient les vêtements des nobles et où ces derniers étaient tous rassemblés sous un même toit. Les petits villages vétustes avaient cédé leurs places à de très grandes villes et où les chemins terreux s’étaient changés en de belle routes pavées. C’était une époque d’opulence et les chevaliers de Sa Majesté combattaient au nom d’un roi nommé Louis le treizième et sa reine Anne d’Autriche.

De ma vie passée, il ne me restait plus aucun souvenir. C’est là qu’opérait toute la monstruosité de Méléagant. N’ignorant rien des pouvoirs que l’esprit du Léviathan me conférait, il savait que le changement d’apparence en faisait partie. Il l’utilisa donc contre moi. Ainsi, aux yeux de tous, j’apparaissais sous les traits d’un noble comte nommé Armand de Sillègue d’Athos d’Auteville, plus connu par son sobriquet, Athos. Homme d’action et déraison, le jeune Athos âgé de 27 ans venait de mourir des mains d’un des gardes de l’ambitieux Cardinal de Richelieu. Malheureusement pour lui, personne n’eut le temps de pleurer sa mort. Mon apparition mit un frein à toutes les rumeurs courant sur sa mort. Un sort machiavélique de Morgane, troubla fortement ma mémoire. Sans que je m’en rende compte, j’avais tout oublié de mon ancienne vie. Lancelot n’était plus à cet instant et seul subsistaient en moi les souvenirs diffus du jeune Athos.
Né dans une famille noble, je m’étais engagé comme mousquetaire auprès de mon lointain cousin Monsieur de Tréville. Je n’étais encore qu’un jeune cadet lorsque je fis la connaissance des jeunes René d’Herblay surnommé Aramis et Isaac de Portau surnommé Porthos. Nous étions très vite devenus inséparables. Frère d’armes autant que camarades de beuverie, nous écumions les échoppes de Paris tout en cherchant querelle constante aux gardes du Cardinal. De cadet nous passions très rapidement à mousquetaires. Notre renommée inspirait crainte et respect de la part de nos compagnons. Ainé de notre petite bande, je m’imposais très rapidement comme chef dû à mon intelligence et ma noblesse de cœur. Sur le plan personnel, je m’étais marié cinq ans auparavant avec la plus charmante des créatures. Milady de Winter possédait une beauté et une grâce qui m’avait tout de suite séduit et j’étais très fier d’être l’époux de la meilleure des femmes. Toutes ces informations et ses souvenirs étaient les seuls que je possédais en arrivant dans cette nouvelle cité.

J’étais arrivé dans cette ville à une époque charnière de sa vie. Privés de véritable batailles, éloignés de tous complots, le roi et le cardinal semblaient être parvenus à une paix toute relative privant dès lors les mousquetaires de tous conflits avec leurs ennemis naturels. Seules quelques échauffourées nous permettaient de rester en forme. Mais quel plaisir pouvait-on trouver à ce genre d’occupations ? Fort heureusement, l’arrivée d’un nouveau cadet dans nos rangs nous permit de retrouver le goût de l’aventure si longtemps oublié. Charles d’Artagnan, un jeune gascon ambitieux et bagarreur vint se présenter à la porte des mousquetaires. Sa première visite fut des plus mouvementées. Sans véritablement le vouloir, il fit offense à chacun de membres des trois mousquetaires. Venant de sortir d’un duel avec l’un des gardes du cardinal, j’avais reçu un coup d’épée de la part d’un des gardes du cardinal. Après que notre brave capitaine eut finit de me rabrouer, je descendis les marches qui menait de son bureau à la cour principale. Le maladroit vint se cogner dans mon épaule douloureuse. C’était un affront que je ne pouvais laisser passer. Nous convenions donc d’un rendez-vous pour régler cette histoire en duel comme le faisaient tous gentilshommes qui se respectent ! Aramis et Porthos me serviraient de témoins. Mes amis ayant pris un peu de retard, le jeune gascon me proposa de les attendre et nous profitions de ce climat pacifique pour faire connaissance. Cette discussion me permit de réaliser qu’elle sorte d’adolescent j’avais en face de moi. Craignant que mon handicap soit un obstacle dans notre combat, il me proposa des herbes médicinales pour soigner mon épaule. Le sot devint alors pour moi un seigneur ! je fus ravi de rencontrer un jeune homme aussi consciencieux et sensible aux malheurs des autres. Jamais plus je ne me permis de le juger aussi sévèrement ! Mes amis arrivèrent bientôt mais pris dans un piège, nous n’avions pas le temps de nous battre. En effet, une dizaine de gardes nous provoquèrent en duel et j’eus alors l’occasion de constater toute l’habileté et la grâce de D’Artagnan en combat. Nous remportions le duel pour la première fois depuis bien longtemps. Nous comprenions dès lors que nous ne pourrions plus nous passer de lui.

D’Artagnan, qui possédait un don pour s’attirer des ennuis, nous mena au travers de bien des dangers. L’affaire des ferrets de la reine Anne d’Autriche fit notre renommée. La reine avait offert des ferrets en cadeau à son amant le duc de Buckingham. A cette occasion, nous nous étions déplacés jusque dans la ville de Londres. Il fallait récupérer ces bijoux aux plus vite, avant qu’ils ne compromettent la reine Anna d’Autriche dans une affaire d’adultère ! Reconnaissante de l’avoir aidé dans cette affaire, nous promit de nous confier à l’avenir toutes les missions de confiance. Cette mission nous redonna le goût de l’aventure et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous nous déjouions les mauvais tours de Richelieu.

Plus je passais de temps avec le jeune d’Artagnan plus je l’appréciais. Nous étions devenus de très bons amis et je tâchais de lui enseigner toutes les ficelles pour devenir un grand mousquetaire. D’ailleurs, notre cadet pouvait trouver en chacun de nous une leçon à apprendre. Aramis, en homme très rusé qu’il était lui enseigna l’art d’élaborer un bon plan d’attaque. Porthos et sa force herculéenne lui apprit l’art subtil de la boxe. Quant à moi, j’eus l’occasion de faire de lui un excellent escrimeur et lui donna une importante leçon de vie, la noblesse du cœur et le respect de l’adversaire. Très vite, D’Artagnan devint mousquetaire faisant la fierté de chacun de ses amis. Cet évènement si particulier devant être célébrer comme il se devait, j’invitais mon jeune prodige ainsi que mes vieux amis à venir partager un repas à la maison. Mon épouse Milady, sachant recevoir mieux que quiconque, nous proposa d’organiser une fête en son honneur. C’est ainsi que d’un dîner nous passions à un bal rassemblant de toute la bonne société de Paris. Cette idée de fête était la première de mes erreurs.

Comment pouvais-je me douter que ma chère épouse tomberait ainsi sous le charme de d’Artagnan devenant ainsi sa maîtresse ? J’aimais ma femme si profondément et si sincèrement que jamais je ne doutais de sa fidélité. Je n’étais alors qu’un jeune homme naïf qui avalait ses mensonges sans même me poser de questions. Je finirais par découvrir que ses infidélités n’étaient pas le seul de ses secrets. Au début de notre mariage, je m’étais convaincu que je finirais par obtenir sa confiance à force de lui donner des preuves d’amour inégalables. N’était-ce d’ailleurs pas ce qui m’avait motivé à tremper dans ses intrigues pour venger son honneur d’enfant perdu. ? J’avais planifié et participé à l’assassinat de son horrible de père qui avait passé des années à abuser de sa fille dans tous les sens du terme. Était-ce pourtant suffisant pour elle ? Bien évidemment que non ! Elle continuait à me mentir, à cacher sa véritable identité et ses véritables origines et ses aventures extraconjugales.

Il me fallut une terrible révélation pour trouver le courage d’enquêter sur mon épouse. Cet aveu je l’obtins de la bouche même de mon meilleur ami. D’Artagnan fatigué de tous ces mensonges finit par m’avouer sa liaison avec Milady. Cette vérité me fut extrêmement douloureuse. Si Aramis et Porthos n’étaient pas intervenus ce jour-là pour arrêter mon geste, j’aurais très certainement tuer d’Artagnan d’un seul coup d’épée. Je n’en fis pourtant rien ! Le véritable déshonneur que j’avais subit était celui de Milady et je me promis d’obtenir justice.

A partir de ce jour-là, je fis suivre mon épouse par des hommes de mains tous prêts à servir ma cause et à venger mon honneur. Cependant, à chaque fois que l’un d’eux proposait ses services, il finissait par être découvert mort. Refusant de sacrifier plus de personnes, j’organisais une capture avec l’aide mes plus fidèles amis. La chasse n’était pas des plus aisées mais nous parvenions finalement à la mettre derrière les verrous. Enquêtant chacun de notre côté, nous finissions par retrouver les assassins de mes espions. Après des heures d’interrogatoire nous finissions par découvrir que Milady avait payé chacun de ces hommes pour se débarrasser d’eux. Toutes ces révélations étaient autant des coups de poignards dans mon cœur. Pour guérir de ces insupportables blessures, je ne trouvais refuge que dans l’alcool. Je passais donc des journées à boire, m’interrogeant sur le sort que devrais subir ma douce moitié. Il m’était ordinairement si simple de condamner les injustices et d’être impartial. Mais choisir entre la vie et la mort de mon épouse était une épreuve bien plus difficile.

Décidant d’écouter mon cœur, je finis par me convaincre de lui donner une dernière chance. Je parvins à convaincre ses juges d’abandonner la peine de mort si je parvenais à obtenir des aveux de sa part. Ma réputation me permit d’obtenir cette remise de peine temporaire. Je la rejoins alors, avide de pouvoir lire ne serait-ce qu’un regret dans sa voix ou dans son regard. Mes espoirs furent cependant réduits à néant. J’avais beau l’interroger durant des heures, aucun mot ne sortis de sa bouche. Elle se contentait de rester là à me toiser du regard, sans prononcer un seul mot. Je n’avais plus d’autres choix que de lui faire part de la décision de peine de mort : la mort par pendaison.

Je m’étais détourné de Milady, me promettant de ne plus jamais la revoir. Mon honneur et mon amour avaient été bafoués. Elle s’était refusée à prendre la main que je lui avais si aimablement tendue. Son sort été scellé et il n’y avait plus rien à ajouter ! Les jours qui passèrent furent pourtant très difficile pour moi. Fort heureusement, mes amis de toujours étaient là pour me soutenir. D’Artagnan en tête, ils essayaient de m’occuper jusqu’au jour de la sentence. Ce que j’ignorais cependant c’est que la condamnation à mort n’aurait jamais lieu. Jouant encore une fois de ses charmes, elle parvint à s’échapper de sa prison. La nouvelle ne parvint jamais à mes oreilles. Le lendemain, la malédiction de la Méchante Reine vint lentement nous emporter.


Histoire
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La vie à Storybrooke
Un lien entre passé et présent !
- Tu verras Aleksy, tu vas te plaire chez nous. Nous vivons dans une grande maison et l’endroit est juste à côté d’une forêt. Vous pourrez y jouer avec Liam et Bobby. Regarde, nous sommes arrivés.

Tout en observant la maison de pierres grises, je sentis mon estomac se nouer. Il était si étrange de penser que cette bicoque deviendrait ma maison et ses habitants ma famille. Resserrant ma petite valise contre moi, je ne pouvais m’empêcher de penser aux tristes circonstances qui m’avaient amené jusqu’ici. J’étais orphelin depuis deux ans ! Mes parents avaient été tués dans un accident de voiture lorsque j’avais tout juste cinq ans. Enfant timide et réservé, il m’était difficile d’approcher les visiteurs de mon orphelinat et c’est pour cette raison qu’aucun des parents ne prêtaient attention à moi. Pourtant, un jour, une femme du nom de Liliane me remarqua. Honnêtement je ne sais pas ce qui l’intéressait chez moi mais je jouais le jeu. Elle était très gentille et j’espérais de tout cœur qu’elle finirait par m’adopter. Au fur et à mesure de ses visites, je m’attachais à elle et elle finit même par me présenter ses deux enfants Liam et Bobby. Liam avait le même âge que moi et Bobby trois ans de plus. Nous nous sommes très vite attachés les uns aux autres nous appelant « Frangins » ce qui ravissait Liliane. Trois mois plus tard, je partais vivre avec eux dans leur superbe maison.

Dès mon arrivée, je fus accueilli par mes nouveaux frères qui m’emmenèrent tout de suite dans ma chambre. Ils me prêtèrent leurs jouets et nous nous amusions ensemble à construire des châteaux forts et jouer aux chevaliers. Lorsqu’il faisait beau, nous sortions jouer ensemble dans la forêt. Nous adorions cela et nous pouvions jouer à cache-cache ou à chat perché durant des heures. Nous avions même construit une belle cabane pour nous cacher. Liliane aussi adorait la forêt. Il lui arrivait très souvent de nous y emmener pour des pique-niques ou elle nous apprenait les noms des plantes ainsi que leurs vertus médicinales. C’était d’ailleurs très facile pour elle. Liliane était masseuse de profession et elle fabriquait elle-même les onguents pour soigner ses clients. Son commerce était florissant et pour fêter cela, elle nous menait en vacances dans tous les Etats-Unis. Voyager avec elle était toujours une grande aventure et mes frères et moi nous apprécions tout particulièrement les voyages sur la côte ou nous pouvions nager et nous amuser dans l’eau.

Même si je me sentais bien dans cette maison, je ne pouvais m’empêcher de songer à mes parents. Je me sentais presque honteux à l’idée de pouvoir m’amuser alors qu’eux étaient au ciel. Je voulais les voir et leur parler. Je voulais encore entendre mon Papa me raconter de jolies histoires de chevaliers avant de dormir ou ma Maman me chanter de jolies chansons. Mais je ne les reverrais plus jamais et cela me rendait très triste. Liliane s’en aperçut bien vite et elle m’apprit une leçon que je n’oublierais jamais. Elle me disait qu’en fermant les yeux très fort et en joignant les mains, je pouvais retrouver mes parents dans mes prières. Trop heureux de le savoir, je me mis à prier tous les soirs et nous allions tous les quatre à la messe le dimanche. Je crois que cela agaçait un peu Liam qui n’aimait pas beaucoup rester assis durant une heure sans pouvoir bouger. C’était quelqu’un de très actif ! A l’église, j’appris l’importance du partage et de la fraternité. C’est pourquoi, je me résolu chaque année à offrir l’un de mes cadeaux de Noël ou d’anniversaire et des enfants pauvres.

Depuis que je vivais chez Liliane, mes notes s’étaient considérablement améliorées. Mon professeur disait que j’étais quelqu’un de très intelligent et que mes capacités intellectuelles me permettraient d’aller très loin. Pourtant, c’était en éducation physique que j’étais le plus brillant. J’adorais jouer à la balle ou faire de la gymnastique. Mais mon plus grand plaisir fut le jour où je m’essayais à l’escrime pour la première fois. Ce sport me passionnait et je pris rapidement des cours de perfectionnement.

J’avais 12 ans lorsque mon professeur me proposa de participer aux championnats régionaux que je remportais haut la main. J’aurais pu très facilement entrer dans l’équipe nationale mais j’avais d’autres projets. Je voulais marcher dans les traces de Liliane, me passionner pour les plantes et les remèdes médicinaux. Vers l’âge de 15 ans, je me lançais donc dans des études d’herbologie. C’est là que je vécu mon premier coup de foudre. Nous avions plusieurs professeurs et parmi eux, une jeune femme d’une vingtaine d’années qui s’appelait Jennifer. Elle avait de magnifique cheveux blond bouclés et une voix d’ange. J’appréciais réellement ses cours et lui demandait très régulièrement des cours d’appui. J’espérais ainsi pouvoir passer plus de temps avec elle. Bien sûr, je ne me permettais pas de lui déclarer mes sentiments. L’amour entre un professeur et un étudiant mineur était une chose interdite et la dernière chose que je voulais s’était lui attirer des problèmes. Pourtant à force de passer nos soirées ensemble notre amitié se changea très rapidement en amour. Nos rendez-vous devinrent plus charnels et nous passions plusieurs nuits ensemble sans que notre secret ne soit découvert. Pourtant, il vint un moment ou Jennifer, inquiète pour son avenir professionnel, finit par me quitter.

Très attristé par cette situation, je finis par rentrer chez moi dans l’espoir que ma famille m’aiderait à oublier mes mésaventures amoureuses. Notre vie de famille avait bien changé. Mon frère Liam s’était très rapidement engagé dans l’armée et faisait à présent parties des marines. La carrière militaire était une chose qui me passionnait également et je me serais très certainement engagés si Bobby n’était pas tombé malade. Depuis des années il entretenait des relations sexuelles avec des hommes de passage et il finit par tomber malade. Nous n’avions jamais été mis au courant. L’annonce de l’homosexualité de Bobby et sa santé vacillante fut une épreuve difficile pour chacun de nous. Blessée qu’il ne se soit jamais confié à elle, Liliane ne parla plus à mon grand frère durant des semaines. Son instinct de mère finit pourtant par prendre le dessus et elle choisit de se battre aux côtés de Bobby pour l’aider. Ce fut à cette période que je découvris mes dons de guérisseur. Je passais plusieurs heures par jours au côté de mon frère, tentant de soulager ses blessures physiques et mentales. Mes traitements lui firent beaucoup de bien mais il mourut pourtant quatre ans plus tard. Liliane en fut brisée et il lui fut très difficile de retrouver sa joie de vivre. Heureusement, Liam prévenu rentra à temps pour s’occuper de sa mère, se promettant de ne pas retourner à l’armée pour ne devoir lui infliger le deuil d’un second enfant.

Découvrant ma vocation de soigneur lors de cette expérience douloureuse, je décidais de partir m’installer dans une ville ou mes services pourraient être appréciés. Désireux de m’installer dans une petite ville loin de l’agitation des grandes villes, je découvris Storybrooke lors de l’un de mes voyages. Tombant amoureux de cette ville, je choisis de m’installer là et d’ouvrir un salon de soin dans une petite maison en bordure de forêt, tout comme la maison de mon enfance. J’avais alors 27 ans et les affaires s’annonçaient florissante. Vendant mes propres potions, je proposais également des massages ou du Reiki. En dehors de mes activités professionnelles, je donnais également des cours d’escrime à l’école ainsi que des cours d’équitation. J’effectuais également des bonnes actions pour les sœurs et me rendait très souvent là-bas pour prier. Ma vie s’écoulait alors calmement et durant les quelques années qui précédèrent la rupture de la malédiction je vécu très heureux.

La fin de la malédiction bouleversa tout. Je pris alors conscience de mes deux vies passées, des personnes que j’avais laissé derrière moi. Me croyant jusqu’alors seul dans cette ville, je me rendis compte que certaines de mes connaissances avaient également été victimes de la malédiction. Pour commencer, je fis rapidement la rencontre de Robin Locksley. Retrouve mon vieil ami remplit mon cœur de joie. Depuis son arrestation dans la forêt de Sherwood, je n’avais reçu aucune nouvelle. Redoutant ce que le shérif de Shervwood lui avait fait endurer dans cette cruelle prison. Heureusement, il était en vie et mieux que tout, il avait retrouvé son fils Roland qui était devenu un charmant petit garçon. Cependant, si sa présence me rendait heureux, il en était une autre qui elle me laissais perplexe. Je découvrais que ma femme Milady de Winter avait également été touchée par la malédiction. Basculant à nouveau vers ses mauvais penchants, elle travaillait comme danseuse dans une boîte chaude de la ville. Durant l’année qui avait suivi la malédiction, je ne m’étais pas rapprocher d’elle. Les blessures qu’elles m’avait infligée dans notre vie étaient encore trop douloureuses pour moi. Je ne trouvais pas la force de lui pardonner ses infidélités et les nombreux meurtres qu’elle avait commis pour préserver ses secrets. D’autant plus que l’aimer m’avais éloigné de la mémoire de la première femme que j’avais aimé et qui méritait entièrement mes faveurs ; ma douce Guenièvre perdue entre les mondes. Toutefois, un mariage était sacré et je ne pouvais me permettre de m’éloigner de ma femme sans tenter de la ramener sur le droit chemin. Je me promis alors de la sauver d’elle-même, même si pour cela je devais rompre quelques-uns de mes principes les plus importants.

Je nourrissais une haine profonde envers les personnes qui m’avaient entraîné vers la vie d’Athos. Je craignais plus que tout d’apprendre ce qui était arrivé à mes compagnons depuis ma disparition. C’est alors que je tombais sur un livre dans la bibliothèque municipale narrant des dernières aventures des chevaliers de la Table Ronde. Après que Mordred se soit emparé du pouvoir, il instaura un régime de terreur dans tout le royaume. Certains de mes compagnons c’étaient alors rassemblés à Gaunes, seul territoire libre du royaume de Logres, pour y organiser la résistance. Grâce à un sort de protection, Merlin avait entouré notre royaume d’une barrière invisible, permettant aux chevaliers de survivre sans craindre les armées du nouveau roi. J’appris avec bonheur que Léodagan qui était parvenu à échapper aux soldats de Mordred avait rejoint ma terre natale avec son petit-fils. Mon Galaad vivait désormais à l’abri de tous périls, protégé par son grand-père et son grand cousin sur la terre de nos ancêtres. En ces temps d’incertitude, il ne restait qu’un espoir ; retrouver le Graal qui nous donnerait assurément la victoire dans ce conflit. Les plus valeureux des chevaliers arpentaient les routes du monde des contes pour parvenir à le retrouver. De mon côté, destiné à ne jamais trouver le Graal je passais beaucoup de temps à la bibliothèque dans l’espoir de trouver le moindre indice sur l’emplacement du Graal et sur le monde dans lequel Guenièvre avait été enfermée. Reprenant mes anciennes batailles, j’en profitais pour changer de nom : D’Aleksy White je devins Lance A. White-Knight. Un engagement sacré qui me liait à nouveau à la confiance d’Arthur et l’envie d’honorer la promesse que je lui avais faite. A présent, il n’y avait qu’un combat qui m’intéressait, plus qu’une identité qui était la mienne. A partir d’aujourd’hui, je serais et je resterais à jamais Lancelot du Lac !








Dernière édition par Lance A. White-Knight le Dim 1 Mai - 15:53, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 0:41

Mon dieu, quand je vois ce que tu as fait de Marvin, le scénar et les différentes identités, je me dis que cette fiche ne va pouvoir qu'envoyer du pâté

Re-bienvenue avec ce dc et amuse-toi bien avec le magnifique Gaspard Ulliel Potté
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 0:47

Merci beaucoup pour ton message de bienvenue ! Ce que tu me dis me touche beaucoup ! Hug

Ca fait longtemps que je prépare ce perso et j'espère vraiment que le résultat vous plaira ! On verra bien :)
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 2:07

Waaaaaaaah Love
Rebienvenouuuuuue ♥
Bon courage pour cette nouvelle fiche, j'ai hâte de voir ce perso joué !
Et un bon choix de scéna, au passage Hihi
Bref, enfin te voilà ! Please

_________________

je n'ai vu que des ombres. Des ombres géantes à perte de vue et une tempête de flocons noirs. Une neige noire qui recouvre progressivement mes mains, puis mes bras écartés. Des roses rouges semblent pousser tellement le sang gorge la poudreuse. © caius
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 2:52

Athos Potté
Enfin te voilà et mon dieu toi aussi tu as été un monstre !! Finalement on a plus de point commun ensemble que entre toi et genièvre Mdr
Je suis trop contente que tu ai choisi mon scénario! Hug2 si t'as besoin d"aide pour la partie avec Milady hesite pas Coeur

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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 9:41

Elsa

Merci pour ton re-accueil !
Ouais moi aussi j'adore ce scenar ! Il est cool ce perso ! Potté
Merci pour tes encouragements en tout cas !

Neilina

Ma Milady ! Heart
Je suis contente d'avoir pu lancer le perso moi aussi ! ^^ J'ai trop hâte de te montrer ce que j'ai prévu pour ton Athos !
Merci beaucoup pour m'avoir laissé ton scénar. Je te promets de bien le traiter !
Eh oui j'aurais certainement besoin de ton aide pour Milady !
Je compte sur toi ! ;)
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 11:26

J'ai hâte de voir ca ! T'inquiète je serais la pour t'aider beau goss Potté
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 14:00

Re-bienvenue !!!!! Love

Plein de courage pour ta fiche ! Je suis trop contente depuis le temps que j’attendais de voir ce personnage ! Puis de connaitre son histoire et voir l’art que tu peux avoir pour fondre tes personnages avec profondeur !

Voilà ! Je vais arrêter mon fanatisme Please

Tu connais les règles et les délais, vu que l’autre est pas foutu de faire son staff d’admin *jette des escarpins à La Reine des Neiges*

Si tu as besoin de quoi que ce soit, t’hésite pas ! Je suis là *cheveux loréal* enfin abuse pas non plus Tank

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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 14:22

Oh merci pour ton accueil, Briar ! Heart

Merci pour tes encouragements ! Depuis le temps que je t'en parlais fallait bien que je me mette un jour à le créer, mon brave Lancelot/Athos. J'espère que ma fiche une fois complétée te plaira ! :)

Merci pour ta proposition ! C'est bon de savoir que vous êtes toujours là pour aider en cas de questions existentielles. Hug2
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   Sam 23 Avr - 15:25

Re bienvenue chaton Pompom Potté Ca va roxxer du poney tout ça!!!! Love
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MessageSujet: Re: Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !   

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Lance A. White-Knight _ Le coeur d'un héro doit être pur, le tien est aussi noir que la suie chevalier !
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