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 Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"

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Feuille de personnage
Objets magiques:

MessageSujet: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Dim 20 Sep - 11:36


Marvin Edward Kandinski
La folie est le prix à payer pour trop de clairvoyance



Nom, Prénom(s) : Kandinski, Marvin Edward 

Âge : 36 ans physiquement, 59 ans en réalité

Date & Lieu de naissance : 28 décembre, Mint Cream, Les Royaume de Glace

Conte : Madagascar, Docteur Jekyll & Mister Hyde, Crimson Peak, Légende de l’homme à la cervelle d’or

Personnage : Kowalski, Sir Thomas Sharpe, Dr Henry Jekyll, L’homme à la cervelle d’or

Orientation & Statut : Bisexualité – Marié (bien que séparé de sa femme). Si Marvin refuse les avances qui lui sont faites, Edward lui reste ouvert à toutes les propositions

Groupe : Le dramaturge

Particularité : Possède une cervelle en or dont il manque la moitié aujourd’hui, doté d’une des intelligences les plus développées de tous les mondes réunis. L'apparence de Marvin change lorsque Edward est au commande. Ces cheveux se transforment en de jolies boucles plus noires, son teint devient plus pâle que d'habitude et il boîte.

Un camp en particulier : Un membre de la communauté scientifique et de l’armée américaine dans le monde réel ça se peut ? Sinon Marvin est dans le camps des héros et se bat toujours pour faire respecter la justice et l’équité (tant que sa première personnalité est aux commandes)

Catégories : Combattant/Combattante

Capacités/Pouvoirs :

Logique imbattable : Grâce à son intelligence surdéveloppée, Marvin possède une grande capacité d’adaptation. Il est capable de sortir de situation difficile et peut trouver jusqu’à 10 solutions différentes à la seconde pour surmonter un obstacle ou remporter une bataille. Il est également capable de formuler de très bons plans de batailles en quelques secondes. Il peut aussi résoudre les casse-têtes les plus complexes, décrypter des messages codés et réduire des systèmes de sécurité à néant  

Entraînement militaire : Marvin a suivi un entraînement militaire poussé. Il possède des grandes connaissances des combats à mains nues et armés. Il possède une grande connaissance des arts martiaux (karaté, judo, kung-fu) et connaît également la boxe. Il sait également se servir d’armes aussi variées que des armes blanches (épées, couteaux) et d’armes à feu (pistolets, fusils…)

Attributs :

Grande mémoire : Marvin possède une très grande capacité de mémorisation. Il est notamment capable de reconstituer de mémoire un mécanisme complexe, un plan de ville ou de bâtiment qu’il n’aurait observé que quelques secondes. Tout ce qu’il lit, tout ce qu’il entend est à jamais stocké dans sa mémoire à long terme. S’il a besoin d’une information quelconque, il lui suffira de pioché dans les méandres de son cerveau pour la ressortir sans que cette dernière ne soit déformée.

Inventeur : Le manchot est capable de créer des choses très diverses. Il aura commencé sa carrière scientifique en créant des armes avec les objets du quotidien les plus simples et les plus inoffensifs. Il possède des connaissances en robotiques utilise chaque jour en créant des androïdes animaux imitant les animaux réels à la perfection aussi bien dans leur comportement physique que psychique.

Erudit : Grâce à sa grande mémoire, Marvin a assimilé de grandes connaissances durant sa vie. Ses connaissances s’étendent à des domaines aussi variés que la biologie, la chimie, la physique, la psychologie, l’ingénierie de l’armement, la médecine, les mathématique et l’Histoire martiale.        

Savoir en potions : Marvin possède une grande connaissance en potions. Mais attention, il ne s’agit pas de magie. Ce ne sont pas des ailes de chauve-souris, des yeux de lézards ou des queues de rats qui bout dans ses marmites. Marvin est un adepte des produits chimiques et s’il utilise parfois aux choses de la nature, ce n’est que pour ajouter des plantes à ses étranges mixtures.  

Armes/Objets Magiques :

La cervelle d'or : Vous l’aurez compris, l’arme la plus efficace du scientifique est son cerveau dont découle tout le reste (la création d’armes et plans de bataille inclus). Sa cervelle aura également bénéficier de l’intervention de la magie puisqu’une sorcière a transformé sa cervelle de chair en cervelle d’or. Les neurones de son cerveau sont à jamais préservés. Marvin préserve ainsi ses capacités de mémorisation et de réflexion intactes.

FEAT Tom Hiddleston



Que penses-tu de la politique actuelle des choses ?
Es-tu au moins au courant de ce qui se trame ?
On me parle souvent des changements dans cette ville, du comportement étrange de certains de nos concitoyens. Certaines personnes s’inquiètent d’ores et déjà de la tournure des évènements. Elles voient une tempête arriver et attendent avec appréhension l’arrivée d’êtres puissants venus de nos mondes d’origine. Que penser de tout cela ? De mon point de vue il est certain que nous aurons bientôt à souffrir des ambitions de certains êtres maléfiques. Des personnes assoiffées de pouvoir et qui n’hésiteront pas à écraser entre leurs mains les rêves précieux et frêles de la bonne population de cette ville. Est-ce vraiment si surprenant ? Maintenant que Storybrooke s’est réveillée en emmenant avec elle l’un des plus grands fléaux de l’humanité : la magie ! Je n’ai jamais aimé la magie… pour tout dire je l’exècre ! Elle ne profite qu’à de très rares personnes et bien souvent à des êtres fourbes et manipulateurs. Que serait la méchante reine ou Rumplestilskin sans elle ? Pas étonnant que cette ville soit en danger ! Mais ne vous détrompez pas. Je ne souhaite en aucun cas la guerre ! C’est une chose grave et qui entraîne immanquablement son cortège de tragédie. Mais je suis malgré tout un soldat ! Si ces monstres viennent à s’en prendre à mes concitoyens, je les défendrais avec la seule arme qui pour moi ait de la valeur : la science. Qu’on se le dise !


Anecdotes & Caractère


Anecdotes

Traumatisé par les premières années de sa vie confiné dans un laboratoire, Marvin a développé une forte claustrophobie et ne supporte pas de se retrouver enfermer dans une pièce trop petite.

Malgré son génie intellectuel, Marvin est incapable de lire et écrire. Il n’a en effet jamais développé ces aptitudes

Le corps de Marvin est marqué de nombreuses suites aux maltraitances qu'il a vécu au cours de l'enfance de Thomas Sharpe.

Lorsqu’il était à Londres, Marvin s’est constitué une collection d’objet très divers représentant des manchots. Il les a toujours achetés par trois pour représenter les membres disparus de son commando.

Même humain, Marvin ne peut se séparer de ses habitudes de manchots. Voilà pourquoi les seuls habits qu’il portait étaient blancs et noirs. Il préfére le poisson et les fruits de mer à toute autre nourriture. Il a également tendance à se dandiner (à boiter) lorsqu'il marche !

Marvin a développé une forte addiction au produit qu’il utilise pour se transformer en Mr Hyde. A tel point qu’il a gardé l’habitude d’en consommer à Storybrooke.

Sa femme lui ayant volé une bonne partie de sa matière grise en abusant de sa naïveté, Marvin se méfie des femmes qui bien souvent le rebutent. Il fait tout ce qu’il peut pour ne plus tomber dans les pièges tendu par l’Amour. Edward au contraire profite de tous les plaisir que la vie peut lui procurer, les femmes en font bien naturellement partie.

Même si les relations avec sa sœur se sont dégradées au fil du temps, Marvin rêve toujours de pouvoir la retrouver et la guérir de sa folie

Depuis la fin de la malédiction, Marvin a monté sa propre boutique de jouets mécaniques appelée « Imaginary Friends Wanted ». Il crée des jouets artisanaux selon les désirs de sa petite clientèle. Cette boutique n’est qu’une couverture au laboratoire de recherches scientifique caché dans les sous-sols de son établissement.

Marvin garde une profonde aversion pour la magie qu'il considère comme une pratique dangereuse et primitive. Il l'étudie pourtant au travers d'une matière qu'il appelle Magilogie. Il étudie les origines et la nature de la magie et tente de reproduire scientifiquement ces pratiques. Son but est de concevoir des armes puissantes capables de combattre les adeptes de la magie noire pour pouvoir ainsi protéger la ville plus efficacement.

Caractère et pouvoirs

A force de trop vouloir jouer avec le feu, on finit par se brûler ! En trafiquant le cerveau de Marvin dès sa naissance, les scientifiques ont crée un être aux multiples personnalités. Marvin possède un caractère extrêmement lunatique. Passant du calme à la colère, de la tristesse à la joie en quelques minutes, ses réactions se révèlent souvent surprenantes pour son entourage. Marvin reste majoritairement un être calme et posé qui aura tendance à réfléchir longuement avant de prendre une décision. Vénérant l’intelligence plus que toute autre chose, il a tendance à mésestimer la magie qu’il considère comme un phénomène primitif et manquant de finesse. L’arrogance dont il fait preuve envers les êtres magiques et sa trop grande confiance en lui ne lui attire pas toujours la sympathie de ses interlocuteurs. En bon génie intellectuel qu’il est, le manchot s’avère extrêmement créatif et imaginatif. C’est un être passionné et obstiné qui, lorsqu’il a une idée en tête, fera tout pour la réaliser quitte à négliger ses proches et même ses propres besoins. L’oiseau est un être curieux et possède un esprit vif qui le pousse à s’intéresser à de nombreux sujets d’étude.

S’il se sent très à l’aise lorsqu’il peut se fier à sa raison, il n’en va pas de même lorsqu’il se retrouve confronter aux sentiments. Il ne sait pas gérer ses émotions qui sont très souvent exacerbées. Ainsi il peut fondre en larmes à la moindre petite crise ou piquer des colères indescriptibles à la moindre frustration. Croyant dur comme fer à la loi de Murphy, Marvin est une personne fataliste et pessimiste qui imaginera toujours le pire des scénarios. Il a de la peine à comprendre les sentiments des autres et peut sembler maladroit lorsqu’il s’agit d’encourager ou de consoler quelqu’un. Il a tendance à ne pas mâcher ses mots et sa franchise le place parfois dans des situations inconfortables. Il garde ses distances et peut sembler froid et méfiant de prime abord. Mais ne vous y tromper pas. Marvin est un être doux, inspirant au bonheur de ses proches et de la communauté. Très protecteur, il a le cœur sur la nageoire et n’hésite jamais à venir en aide aux personnes qu’il aime lorsque celles-ci le lui demande. Une fois que la confiance est installée, le manchot sait faire preuve d’une loyauté et d’une fidélité à toutes épreuves. Il a un grand respect de l’autorité et même s’il discute parfois les plans de ses supérieurs, il exécute toujours les missions qui lui sont confiée avec grand soin. Marvin est également un perfectionniste et est très exigeant avec lui-même. En cas de conflit, il préfère le dialogue à toutes autres forces de violences.

Malheureusement, son côté diplomate et pacifiste n’est pas partagé par son autre personnalité, Edward. Oui car Marvin possède un côté plus sombre qui reste immaîtrisable lorsqu’il se manifeste. Edward se montre alors égoïste. N’obéissant qu’à ses propres pulsions aussi malsaines soient-elles, la vie et le bonheur des autres lui importe peu. Son intelligence se change alors en vice et en malice. Il n’hésite pas par exemple à se servir des sentiments des autres pour les abuser et arriver à ses fins. Là où sa morale et son sens de l’éthique pousse Marvin à renoncer à certaines de ses expériences, son autre personnalité les accomplit avec un plaisir malsain. Il peut commettre les pires atrocités sans même que le scientifique ne s’en rende compte. Il ne prend bien souvent conscience qu’une fois son acte abominable commis. Bien qu’il ne l’admette jamais, Marvin adore le sentiment de liberté qu’il ressent en étant Edward. Il peut alors jouir de la vie sans culpabilisé, réalisé ainsi le moindre de ses fantasmes. Il conserve une forte addiction à cette deuxième personnalité.



Pseudo : Miosyz
Prénom : Sandrine
Âge : 28 ans
Loisirs : RPG, montage vidéo, voyage, lecture...
Crédits de la fiche : Tumblr et Deviant Art (avatar et signatures) pour le Rest Wikipédia et mon ami
Code du règlement : Darkness in your soul
Que penses-tu de NKL ? : Vous avez fait un superbe travail ! Ca faisait très longtemps que j'attendais le nouveau forum et je suis très impatiente de voir ce que va donner ce nouveau concept... Le graphisme, les différents groupes et le contexte est très intéressant !
Besoin de parrain/marraine ? : Oui pourquoi pas ça peut toujours servir d'avoir des alliés dans ce nouveau monde...



Dernière édition par Marvin E. Kandinski le Sam 2 Avr - 12:53, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Dim 20 Sep - 11:38

Histoire
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De l'ombre à la lumière
L'arme ou le soldat, le cobaye ou le scientifique : C'est à toi de choisir ton destin!
« Grâce à de nombreuses recherches scientifiques, nous avons pu déterminer que le manchot était l’un des oiseaux les plus étonnants de notre planète. Ceux d’entre vous qui avez suivis avec attention tous mes travaux savent bien de quoi je veux parler. Ce sont des animaux très sociable et capable d’apprendre et de s’adapter à leur environnement. Exactement comme le fait l’être humain ! Une idée m’est alors venue en tête. Cet oiseau si prodigieux ne serait-il pas capable de s’adapter à une situation soudaine et inattendue, de développer des moyens d’améliorer leur quotidien, en un mot… de penser ? »

Un manchot transformé en génie capable de révolutionné le monde scientifique et militaire ! C’était la théorie avancée par le professeur Ivan Kowalski. Ça vous paraît absurde ? C’est pourtant le rêve qu’Igor Bolotine et son équipe de scientifiques ont passés leur vie à réaliser. C’est pourtant l’expérience dont j’ai moi-même été le cobaye. Conditionné depuis mon état d’œuf à avoir le cerveau le plus brillant de ce monde, je grandis et m’épanouis en laboratoire. Présenté dès mon plus jeune âge à des militaires avides de trouver une arme du futur, je me suis changé en véritable bête de cirque. Pourtant personne ne croit qu’un poussin âgé de quelques semaines, capable de résoudre des calculs à fraction et à racine carrée, fera un jour un bon génie. Cela décourage-il pour autant les scientifiques ‘ Absolument pas !

Chaque soir c’est la même rengaine ! Après avoir démontré l’étendue de mon génie, je rejoins ce laboratoire qui me sert de maison. Je déteste ces murs d’un blanc immaculé et l’odeur de l’éther entrant dans mon bec sans même me demander la permission. Je suis recroquevillé sur moi et tout mon corps tremble. J’essaie de rester droit et de ne plus rien ressentir. Pas même ces brûlures d’estomac atroces qui m’empêchent de dormir. Mas rien à faire ! Les électrochocs sont trop forts, les mixtures qu’on me fait avaler sont bien trop amères. Comme tous les soirs, je suis seul dans cette pièce froide et humide. C’est le souhait du professeur Bolotine. Il prétend que si je suis chouchouté et aimé cela ne pourra que biaiser son expérience adorée !

Je voudrais tellement comprendre la raison de ma présence dans ce laboratoire. A quoi un manchot doté d’une super intelligence pourrait bien intéresser des militaires ? Qu’espèrent-ils réellement de moi ? J’ai subi docilement des tortures indescriptibles pendant des années, étudier des sujets aussi variés que la chimie, la physique, l’art de la stratégie militaire ou encore l’ingénierie de l’armement. Pour quelle raison ? Un début de réponse m’est enfin apporté lorsque j’atteins mes 3 ans (12 ans pour un humain). C’est l’heure de passer de la théorie à la pratique. Mes capacités intellectuelles sont testées au cours de simulations. Je pénètre dans des lieux fictifs hautement sécurisés, je développe des stratégies très rapides et créer des armes de fortunes pour me défendre de nos ennemis. Je suis plutôt bon dans ses exercices et mon créateur encouragé par ces bons résultats choisit de passer à la prochaine phase de son projet. Bolotine a besoin de récupérer des informations très secrètes détenues par l’armée russe. Il choisit donc d’envoyer son petit protégé dans les premières lignes.

Le soir de l’opération tout semble se passer comme prévu. Après avoir franchi sans trop de difficultés les systèmes de sécurité, je pénètre dans la salle où se trouvent les plans. N’ayant pas rencontré de résistance majeure en pénétrant dans le bâtiment je m’attends à ce qu’il en soit de même lorsque j’en sortirais. Mais il y a un détail que je n’avais pas pris en compte. A peine ai-je le temps de tourner les talons que je me retrouve bec à bec avec l’un des soldats de la base. Je suis alors très surpris par l’aspect physique du jeune guerrier. Il faut dire que c’est la première fois que je me retrouve en présence de l’un de mes congénères. Il a beau mesuré une tête de moins que moi, la santé physique dont témoigne son corps musclé lui donne un grand avantage combatif par rapport à moi. C’est tout du moins ce que je peux constater lorsqu’il se jette sur moi pour m’empêcher de sortir. Pour m’en sortir, je ne peux compter que sur la supériorité de mon intelligence. Après de longues minutes, je finis finalement par maîtriser l’animal, finissant par le jeter à terre. Il est à ma merci et je pourrais sans aucun mal l’achever avant de m’éclipser. Cependant je refuse de m’abaisser à cela. Je n’ai rien d’un assassin ! Je m’échappe alors ma mission brillamment accomplie, ma tête remplie du souvenir de ma première rencontre avec un manchot.

Agé de cinq ans, les scientifiques estiment que mon cerveau a atteint le maximum de ses capacités. Mes maîtres souhaitent alors gelés mes neurones  afin que je n’en perde pas une miette. On me fait alors subir une opération délicate sous anesthésie. Je ne saurais sans doute jamais ce qu’ils m’ont fait endurés. Quelques semaines après l’opération, je découvre enfin ma raison de vivre. Dans l'époque troublée dans laquelle nous vivons, les rumeurs se multiplient concernant les Russes rouges. Ces révolutionnaires insensés qui veulent renverser la monarchie pour instaurer une démocratie en Russie. Il leur faut des armes pour surprendre l’ennemi et je suis sans doute la plus dangereuse de toutes. C’est donc pour cette raison que je suis ici ? Pour faire arrêter ou tuer la famille impériale ? Ce n’est pas possible. Je refuse de me plier à leurs ordres ! Mais que peut faire un petit manchot face aux scientifiques qui l’ont eux-mêmes entraînés ?

Heureusement je ne suis pas seul dans mon combat. Le professeur Nikolaï Ilinski refuse de trahir son monarque tente d’avertir l’armée russe du danger que je représente. Il faut attendre l’intervention du jeune capitaine de marine, Igor Ivanovitch, pour que l’armée se décide à agir. Igor croit en cette théorie pour la simple et bonne raison qu’il a élevé et entraîné Skipper, le manchot que j’avais affronté lors de ma première mission. Aujourd’hui, il ne peut plus se séparer de son jeune coéquipier. Le capitaine n’a donc pas de peine à croire que l’un de ces oiseaux peut devenir un brillant scientifique et tacticien militaire. Grâce à l’appui de Nikolaï il conçoit un plan afin de venir me libérer de ma cage. Pour plus de discrétion, il décide que ce sera Skipper lui-même qui mènera à bien cette mission délicate.

- Je t’avais bien dit que je finirais par te retrouver !

Allongé dans ma cage, je me relève subitement. Cette voix je la reconnais mais j’ai du mal à y croire. Pourtant lorsque je me retourne c’est bien le soldat manchot que je vois dans le laboratoire. Intrigué par sa présence en ces lieux je ne peux m’empêcher d’exprimer ma surprise.

- Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu fais ici ?
- On m’a envoyé en mission de récupération !
- C’est donc pour les plans que tu es revenu ? Si c’est le cas j’ai bien peur que ta mission soit un échec cuisant. Si tu veux les récupérer, le seul moyen de le faire serait de m’ouvrir la boîte crânienne.
- Cela pourrait être une bonne idée mais il se trouve que j’ai besoin de ta cervelle.
- Que veux-tu dire par là ?
- Je ne suis pas venu pour récupérer les plans mais pour te sortir de cet enfer !

A cet instant je reste sans parole. Ai-je bien compris ce qu’il vient de me dire ? Mon rêve le plus cher pourrait-il donc enfin se réaliser ? Je ne sais si je dois le croire ou non. Mais mon congénère a l’air si convainquant que je me laisse à rêver sans réfléchir. Je le suis sans discuter jusqu’au dehors du laboratoire. Ce n’est pas chose facile mais nous y parvenons en unissant nos forces. Nous ne sommes qu’aux débuts de notre collaboration et déjà je sens qu’ensemble nous pourrions former le plus incroyable des duos. Cette idée a bien évidemment traversé l’esprit de Skipper. A peine sorti de ma cage, il décide de me rebaptiser comme s’il m’avait déjà adopté. Dorénavant et jusqu’à la fin des temps, je m’appellerais Kowalski. C’est une belle façon de rendre hommage au chercheur qui a inspiré la réalisation de mon expérience.

C’est alors que Skipper me parle d’un projet personnel, du rêve de sa vie. Il souhaiterait créer un commando de mercenaires uniquement composé de manchots. Une unité parallèle à l’armée humaine russe qui aurait pour but de défendre les animaux en détresse. Sa proposition semble très belle. Trop belle peut-être pour vraie. N’a-t-il pas conscience des dangers qu’il va encourir en m’ayant dans son unité ? Bolotine n’en restera pas là. Il passera sa vie à nous traquer pour me récupérer. Je ne souhaite pas retourner dans un laboratoire mais je ne voudrais pas faire courir le moindre risque à mes compagnons. Pourtant cet appel à la liberté, le bonheur que je ressens à l’idée de pouvoir mettre mon intelligence au service du bien commun…

- Kowalski je ne garantis que se sera facile tous les jours. Je ne sais pas si ces savants complètements tarés finiront par nous retrouver. Mais je te promettre que quoiqu’il arrive je serais à te côtés lorsque cela arrivera. Tu ne nageras plus jamais tout seul !

Que puis-je rajouter à cela ? J’accepte bien évidemment. Skipper peut m’offrir tout ce que j’ai toujours désiré sur un plateau d’argent. Le capitaine Ivanovitch appuyant le projet de son jeune protégé nous devenons mercenaires au service des plus démunis.

Notre duo se transforme cependant très rapidement en quatuor. Rico, notre expert en explosifs et notre fourrier ainsi que notre adorable petit Private rejoignent notre unité. Notre petite troupe réunie, nous accomplissons ensemble de très nombreuses missions. Unis comme les 4 doigts d’une main nous nageons littéralement dans le bonheur. Je découvre enfin ce qu’est l’amour et le plaisir d’avoir une famille. Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes. Néanmoins, je constate déjà des changements dans mon attitude et la menace de ma folie naissance plane déjà au-dessus de ma tête.

Je ne sais pas vraiment comment tout à commencer. Ma carrière de soldat me plait mais mon esprit scientifique ne peut se contenter de développer des armes et des stratégies d’attaque. Il m’en faut plus pour me sentir à nouveau complet. Mon génialissime cerveau me permet d’accomplir bien des prouesses. Malheureusement, même mes inventions les plus inoffensives se transforment en armes meurtrières. Cela ne devrait guère m’étonner ! Mon cerveau a été conçu pour détruire l’humanité plutôt que d’en assurer la pérennité Skipper en a tout à fait conscience et a tendance à se montrer méfiant face à mes expériences. Heureusement que Rico est là pour me soutenir. J’adore Rico ! Bien que j’entretienne de très bonnes relations avec Skipper et Private ma préférence va pour Rico. J’imagine que sa folie, son mutisme et sa tolérance à la douleur sont les principaux motifs de cette affection ! Il m’assiste très souvent dans mes expériences et bien souvent comme cobaye. Skipper et Private ne s’en doutent pas bien évidemment. C’est le genre d’information que nous préférons garder secrètes. Le mutisme de Rico est d’ailleurs un allié de poids dans ces cas-là ! Skipper ne se doute pas de mon changement de comportement. Pour lui je reste sa fidèle et loyale nageoire droite qu’il a sauvée de ce maudit laboratoire !

Et puis un jour sans prévenir la guerre vient frapper à notre porte ! Nous rejoignons les rangs des régiments du colonel Ivanovitch. Nous sommes prêts à nous illustrer brillamment sur les champs de bataille. Unis comme un seul manchot, nous avançons sur l’ennemi aux côtés de nos alliés animaux. Notre sentiment de peur disparaît pour ne laisser place qu’au courage et la témérité.

Je n’ai jamais été aussi fier de faire partie de cette unité ! Je suis particulièrement fier de notre petit Private. Bien qu’il reste souvent à mes côtés afin que je le protège il démontre des qualités martiales insoupçonnées jusque-là. Rien ne semble pouvoir nous arrêter ni même résister à la force de notre petit groupe. Pourtant, un jour, notre plan d’attaque pourtant si bien préparé dérape complètement. Nous payions le prix pour une simple erreur de jugement et nous perdons un homme dans la bataille. Rico s’en est allé !



On échappe jamais à son destin
La fin de l'insouciance
Skipper ne s’est jamais remis de la disparition de notre ami. Craignant de perdre encore l’un de ses hommes, il prend la décision de quitter les rangs de l’armée. Nous repartons donc tous les trois en direction de Saint-Pétersbourg. En ces temps troublés, le danger surgit de toutes parts. Comme si la guerre ne suffisait pas, des rumeurs courent sur la future destitution de la monarchie des Romanov. Combattre la menace représentée par le mage Raspoutine et celle des russes rouges qui ne rêvent que de revanche représente des dangers devient notre principal objectif. En soldat loyal qu’il est, Skipper a toujours fait partie des défenseurs du tsar. Il déclare donc que nous devons trouver un moyen de défendre le tsar et sa famille.

C’est alors que son cerveau, c’est-à-dire moi-même, trouve une idée des plus lumineuses. Compte tenu de nos corps petits et chétifs, il sera bien difficile de convaincre le tsar et la tsarine de nous confier la charge de gardes du corps. Leurs enfants en revanche seront beaucoup plus faciles à séduire. Nous pourrons nous faire passer pour d’adorables animaux de compagnie tout en assurant leur sécurité. Comme toujours Skipper approuve mon idée et Private se réjouit de pouvoir se faire de nouveaux amis. L’opération est donc lancée ! Séduits par notre charme naturel, les jeunes princesses nous adoptent très vite et nous devenons leur première ligne de défense face à leurs ennemis.

Afin d’améliorer le succès de notre opération d’infiltration, chacun de nous se voit attribuer deux des enfants à encadrer durant notre séjour. Je me chargeais des princesses Olga et Anastasia. J’aime beaucoup ces jeunes filles en devenir et je participe aussi bien que je peux à leur éducation. Je souris intérieurement en songeant qu’il fut un temps où m’avait destiné à tuer ces mêmes personnes que je protège aujourd’hui. Ce séjour au Palais d’Hiver est également l’occasion de rencontrer le fameux mage Raspoutine dont toute l’aristocratie russe parle. Dès notre première rencontre, Skipper le voit comme un psychopathe guettant le moindre instant de faiblesse du Tsar pour s’emparer du pouvoir. La paranoïa de mon commandant me semble alors déplacée et les rumeurs sont pour moi bien loin d’être le reflet de la réalité. Comment un homme aux mœurs si légères et haït par une bonne partie de la cour pourrait-il bien représenter une menace pour la famille impériale ? Néanmoins je suis les directives de Skipper, protégeant aux mieux les princesses de ce personnage énigmatique. Entouré par mes amis, étant choyé et écouté par de si merveilleuses petites filles, il me semble que l’enfer que j’avais vécu autrefois n’est plus qu’un lointain souvenir. Pourtant, je franchis une nouvelle fois la frontière de la folie allant jusqu’à commettre l’irréparable.

Tout commence par un murmure. Par une petite voix qui me rappelle qu’il manque quelque chose pour que mon bonheur soit total. Il est vrai que si mon cœur est comblé mon esprit lui semble s’enliser irrémédiablement. Les exercices d’arithmétique ou de logique des fillettes ne me satisfont pas pleinement. Non moi ce que je désire c’est de me livrer à de véritables expériences, à concevoir de nouvelles inventions. J’avais servis loyalement durant des années aux côtés de Skipper, je mérite bien un peu de liberté, non ? J’inaugure donc un laboratoire secret dans une pièce abandonnée du château. Je conçois tout d’abord des jouets et des boîtes à musique pour mes deux princesses. Je suis plutôt fier de mes créations et les grandes duchesses y jouent avec plaisir avec leurs frère et sœurs. Cependant il vient un moment où les jouets ne me satisfont plus intellectuellement. Je me découvre alors une passion pour la biologie. D’apparences anodines, mes expériences commencent par de simples observations pour finir par des expériences cruelles sur les animaux. Je ne réponds plus alors à ma propre volonté mais à celle du démon qui hante mes nuits d’insomnie et mes cauchemars. Il me pousse à cette cruauté qui m’offre à la fois plaisir et dégoût. Il prend peu à peu le dessus sur moi en me rendant insensible au sort des autres. Et puis un jour survint la catastrophe.

Les années passent, la révolution n’est alors plus seulement une menace. Elle devient bien réelle et les russes rouges arrivent finalement au palais royal. De mon côté, je me réveille dans mon laboratoire. Une scène cauchemardesque se déroule alors devant mes yeux. La pièce et sens dessus-dessous. Les murs sont recouverts de sang et une odeur intenable de chair calcinée me donne littéralement la nausée. Ce sang n’appartient pas à un de mes cobayes ordinaires. Non ! Le corps découpés que je retrouve n’est autre que celui de mon jeune assistant. Mon pauvre petit Private, victime malheureuse de mes démons intérieurs ! La peur, la tristesse et le dégoût s’emparent alors de moi ! Je vacille et trébuche. Mes yeux ne pouvant se détacher de mon très cher disparu. Je pleurniche et refuse de croire que j’ai pu commettre une pareille horreur, bien que le sang sur mon plumage et le scalpel que je tiens dans ma nageoire me prouve le contraire.

Et si Skipper découvrait mon secret ? Je me relève dans un premier temps ne songeant qu’à fuir. Cependant la culpabilité finit par me rattraper. Je ne peux pas abandonner mon commandant. Je lui ai promis de rester à ses côtés quoiqu’il nous arrive. Je reviens alors sur mes pas pour le retrouver. Avançant  péniblement parmi la cohue des insurgés je me dirige dans le salon où la famille devait se dissimuler en cas d’attaque. A peine pénétré dans la pièce, je me trouve bec à bec avec Skipper. Son regard et son attitude me glace alors le sang. Jamais encore je ne l’avais vu autant en colère. En un éclair il s’approche de moi et me balance une claque si violente que je m’écroule sur le sol. Il a découvert ce qui s’est passé dans le laboratoire et sa colère est absolument sans limite. Il m’en veut bien naturellement. Private n’était encore qu’un enfant ! Il est partagé entre le sentiment de colère et de tristesse. Colère parce que ma faiblesse face à mes démons intérieurs aura coûté la vie à notre jeune soldat. Tristesse car il croit en mes discours larmoyants et en la sincérité de mon repenti.

Sa colère disparaît subitement lorsque je lui avoue être revenu pour le protéger ! Skipper me tend alors une nageoire que je saisis. J’entends alors la petite voix raisonner dans ma tête. Elle tente de m’écarter de mon meilleur ami. Sa confiance retrouvée ne peut être qu’un mensonge, il tente d’abuser de ma confiance. Il faut que je le tue avant que lui-même ne songe à le faire. Je refuse de me laisser manipuler ou de douter de son honnêteté. Je me jette alors entre ses nageoires en larmoyant.

- Skipper je t’en supplie ! Sauve-moi !

Je vois mon ami se jeter alors devant moi. Tremblant de peur, il trouve encore la force de me prendre entre ses nageoires. Sa voix tremble et je sens couler ses larmes sur mes plumes. L’espace d’un instant, ma douleur s’estompe et la voix dans ma tête ne semble plus être qu’un écho lointain. Je me sens aimé, protégé et même pardonné. Je sens que rien ne peux plus m’arriver et j’écoute avec quiétude la voix de Skipper qui me berce.

- Tout ira bien, je te le promets ! Je… je t’aime Kowalski !

Mon esprit s’enflamme alors. Cette dernière phrase était celle de trop ! Mes démons intérieurs ne pouvant supporter l’idée que mon supérieur puisse prendre autant d’incidence sur moi leur est insupportable. Il leur faut agir et c’est ce qu’ils font. Je sens soudainement le corps de Skipper me glisser entre les nageoires. Je m’écarte alors pour découvrir le corps sanguinolent de Skipper. Je viens de lui enfoncer un couteau dans le ventre et semble étrangement heureux de mon geste. J’affiche un sourire diabolique, satisfait de mon geste. Je me penche alors à son oreille en murmurant ces quelques mots.

- Ne m’en veux pas trop, bébé. Après tout tu savais bien que ça finirait par arriver.

La violence me fait soudainement perdre conscience. Je ne me réveille que pour découvrir le cadavre de mon commandant à quelques pas de moi. Je me précipite alors vers lui et le prend entre mes nageoires. Je le berce alors silencieusement alors que j’éclate en sanglots. J’ai manqué à ma parole ! Je n’ai pas su le protéger comme je l’aurais dû. Les scientifiques prétendaient que j’étais un miracle de la science ? Je ne suis rien de plus qu’un monstre sans le moindre sens moral. Je viens d’assassiner la personne que j’aime le plus au monde. Comment pourrais-je un jour me le pardonner ?

Je ne relâche mon étreinte qu’au moment où j’entends les enfants royaux poussés des hurlements d’épouvante. Les russes rouges sont aux portes du salon et ils ne tarderont plus à les arrêter. Déposant avec douceur le corps de mon ami sur le sol, je me précipite vers leur cachette. Mais le temps que j’arrive, il est déjà trop tard. Une quarantaine de soldats armés jusqu’aux dents les tiennent à présent dans leur main. Il n’y a plus rien que je puisse faire. La prophétie de Raspoutine s’est réalisée et les Romanov seront tués jusqu’au dernier. Je refuse d’assister à une fin aussi tragique sans intervenir ! Je me dirige vers eux et c’est alors que j’entends la voix d’une vieille connaissance surgir derrière moi. Igor Bolotine est arrivé au palais avec ses autres camarades rouges ! Il prétend être heureux d’avoir pu enfin me retrouver. Grâce à moi, la famille des Romanov a pu être arrêtée sans aucune résistance. J’ai échoué dans ma mission ! Un regret de plus à ajouter à la longue liste de ce soir. Ce n’est pas le moment de m’apitoyer sur mon sort. Alors qu’il tente de mettre la main sur moi, je m’échappe du palais aussi vite que possible et j’erre dans la ville durant des heures, ne prenant plus garde au brouhaha alentours. Maintenant qu’il ne me reste plus rien, je ne peux que songer à partir.

Partir oui, mais où ? Que vais-je donc pouvoir faire de ma vie ? J’ai perdu tous mes amis et mes petites protégées. Je suis seul avec moi-même et cette situation me terrorise. J’ai peur de ce monstre qui vit en moi, peur de tout le mal que je pourrais infliger aux autres. Il faut que je trouve un moyen de me débarrasser de lui ! Je suis certain que c’est ce Skipper aurait souhaité ! Mais pour ce faire je devrais fuir, recommencer à zéro dans un monde où la science serait reine, où tous les moyens seraient mis à ma disposition pour m’aider à atteindre mon objectif. N’étant elle-même pas assez efficace pour me permettre de réaliser mon rêve, je prends la lourde décision de me fier à une force bien plus incertaine et contraignante. Celle de la magie !

Quittant à jamais la ville de Saint-Petersbourg je me rends dans la forêt de fer qui est, comme chacun sait, le royaume de la très puissante sorcière Baba Yaga. Le bois sombre n’est pas facile à traverser. Les bêtes sauvages, les chemins trompeurs et les nombreuses ronces sont autant d’obstacles à franchir pour arriver chez la maîtresse de la forêt. Il fait nuit noire lorsque j’aperçois son isba à pattes de poules. Les lieux ne sont guère accueillants. On dit que la maison de la sorcière n’est qu’une frontière entre le monde des vivants et celui des morts. Arrivés devant la maison je récite la formule magique que j’avais entendue de la bouche des conteurs d’histoires.

« Petite isba, petite isba! Tourne le dos à la forêt, le devant de mon côté ! »

La maison se retourne alors tout en pliant ses deux immenses pattes de gallinacé. La porte à peine franchie, la sorcière unijambiste se tourne vers moi, un sourire malicieux et carnassier aux lèvres. Elle me dit ironiquement que je suis le troisième manchot venu taper à sa porte ce soir, mes amis étant arrivés avant moi. Elle sait que je ne crois pas à la magie et s’amuse beaucoup de voir la science capituler devant la force de la magie. Je lui explique alors les raisons qui me poussent à entreprendre mes démarches. Attendrie par mon histoire, elle accepte de m’aider.

Cependant chaque utilisation de la magie a un prix et je n’échapperais pas à cette règle. Elle me fit part alors d’un grand secret. Un secret que bien peu de personnes connaissent, y compris moi-même. Baba Yaga me confie avoir elle-même apporter la touche finale à mon cerveau à la demande des scientifiques. Pour pouvoir le conserver en l’état actuel, elle avait alors changé la chaire de ma cervelle contre de l’or. Bien que j’aie du mal à croire en cette sorcière, je ne peux que me plier à ses exigences. Après tout, m’enlever un petit morceau de ma cervelle me priverait simplement d’un espace d’enregistrement de connaissances dans mon disque dur. J’acquiesce donc tout en voyant la sorcière s’emparer d’un peu de mon précieux trésor. Elle me remet en échange une petite émeraude cubique d’un vert étincelant. Cette pierre précieuse aurait des propriétés magiques qui me permettraient de voyager entre les mondes. Une simple pensée pourrait m’emporter aussi loin que mes rêves le voudront. Elle me guide ensuite vers la porte arrière de sa maison. C’est le cœur à la fois exalté et effrayé que je dis adieux à mon monde glacé pour me lancer confiant dans une toute nouvelle aventure.




Dernière édition par Marvin E. Kandinski le Dim 27 Sep - 12:07, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Dim 20 Sep - 11:39

Histoire
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Le monde n'est ni noir ni blanc... il est fait de nuances !
Beware of Crimson Peak !

La première image que je retiens de ce nouveau monde et celui du regard de ma mère. A la fois interdit et inquiet il se pose cependant sur mon visage avec une certaine fierté. Mon petit corps chétif rejoins ensuite d’autres bras, ceux de ma sœur de cinq ans mon aînée, Lucille. Cette dernière m’adresse un sourire angélique. Quel magnifique tableau familial ! L’espace d’un instant mon cœur se remplit d’espoir et de joie. J’aime ce cocon aimable et protecteur où rien ne peut m’arriver. Malheureusement pour moi, ce rêve n’est qu’une illusion. Un fantasme qui meurt bien vite lorsqu’un homme furieux, que j’identifie comme étant mon père, entre dans la pièce. Avec violence, il m’arrache des bras de ma mère vociférant des insultes à son encontre. Il l’accuse de tromperie et d’infidélité. Il prétend que je ne suis pas son fils et qu’il ne supportera pas ma présence entre ces murs. Il prend la décision de m’enfermer dans la nurserie. Curieusement, ma mère ne se défend pas, ne prend pas la peine de me garder auprès d’elle. Ai-je donc si peu de valeur à ses yeux ?

Refusant ne serait-ce que d’avoir à poser les yeux sur moi, mon père m’enferme dans la nurserie, seule pièce de la maison dont il n’a jamais franchi la porte. Durant mes premières années de vie, je n’ai de contact qu’avec très peu de personnes. Mon père engage une nourrice jusqu’à ce que je sois sevré et la renvoie aussitôt après. Ce sera Lucille qui aura la très lourde tâche de s’occuper de moi. J’aime infiniment cette grande sœur avec laquelle je passe tout mon temps et qui constitue mon seul regard sur l’extérieur. Elle m’apprend que je suis né en Angleterre, dans une région appelée Cumberland. Ma famille Sharpe est issue de la petite noblesse et notre manoir en rénovation appelé Allerdale Hall est la seule véritable préoccupation de notre père. Seule véritable image maternelle dans ma vie, elle me baptisera également du nom de Thomas. Cependant, je devine que ma famille n’est pas heureuse ! Je le vois dans ses yeux de Lucille à chaque fois que j’essaie de lui parler de nos parents. Bien qu’elle soit confinée dans la même pièce que moi, elle a la permission de sortir à des heures fixes pour rendre visite à mes parents. Lorsqu’elle revient dans notre cachette, elle réapparait toujours avec les cheveux ébouriffés, les vêtements déchirés et les yeux remplis de larmes. Cette situation me met mal à l’aise. J’ignore ce qui se passe dans cette maison. Je souhaiterais pourtant plus que tout aider ma sœur.

Lucille et moi partageons tous nos jeux d’enfants et nos talents respectifs. Toujours habité du même esprit vivace, je développe mes petites inventions et créer des jouets que je présente ensuite à ma sœur. Lucille est impressionnée par les merveilles que je réalise et m’encourage à poursuivre sur cette voie. De mon côté j’admire l’artiste et la musicienne de talent qu’elle est. J’aime particulièrement ces moments lorsque au cœur de la nuit, elle vient se blottir tout contre moi dans mon lit me chantant de douces berceuses pour m’aider à m’endormir. J’apprécie énormément ses étreintes chaleureuses qui m’éloignent de l’horreur de ma situation. Les années passent ainsi lentement et bientôt j’atteints l’âge de 12 ans. Rien n’a véritablement changé dans nos vies ! C’est toujours les mêmes jeux d’enfants, les mêmes épreuves douloureuses à traverser. Seule Lucille semble avoir évolué. Nos nuits sont plus douces et plus charnelles qu’autrefois. Ma sœur ne se contente plus de me serrer dans ses bras. Elle me touche, m’embrasse, éveille en moi des désirs et des fantasmes qui m’étaient inconnus jusque alors. Bien que je me doute que ses jeux ne soient pas naturels, je me laisse porter et vient même les réclamer lorsqu’elle n’en prend pas l’initiative. Mon éveil sexuel se fait ainsi entre les bras de ma seule amie d’enfance. Je crois être le seul à profiter de ce privilège mais je me trompe.

La vérité sur le cauchemar de ma sœur, je le découvre lorsqu’un soir la porte de ma nurserie reste ouverte. D’ordinaire, Lucille a pour mission de m’enfermer à chaque fois qu’elle me laisse seule. Cependant, cette fois-ci je peux enfin sortir. Il me tarde tant de découvrir ce monde dont j’ai été si longtemps privé que je me décide à sortir. Soudain, j’entends des cris et des pleurs situé à l’étage en dessous de moi. Cette voix est celle de Lucille et elle est en danger ! Je me précipite pour aller aider ma sœur et découvre alors un spectacle abominable. Un homme d’une cinquantaine d’années, le pantalon baissé sur les chevilles, retient ma sœur contre lui avec force. Lucille à moitié dénudée tente d’échapper à son emprise et criant à l’aide. Soudain, ce monstre se tourne vers moi le regard presque amusé. Ma sœur quant à elle, me supplie de partir, honteuse d’avoir été trouvé en si mauvaise posture. J’apprends alors que cet homme diabolique est en réalité mon père. Comment un homme peut-il faire endurer ses tortures à sa propre fille ? Mon sang bouillonne dans mes veines et la colère s’empare de moi. Sans vraiment réfléchir, je me précipite vers lui et de toutes mes forces, l’écrase contre la fenêtre qui se brise. L’homme s’écrase alors une dizaine de mètres plus bas. Le premier meurtre que j’aurais commis dans ce monde ! Je sens alors Lucille me serrer dans ses bras, reconnaissante de l’avoir enfin délivrée de ce terrible fardeau. Ce que j’ignore en revanche c’est que la fin de son cauchemar, marquera le début du mien.

Attirée à son tour par les hurlements et les bruits de l’étage, ma mère a assisté à toute la scène. Elle est furieuse ! Si elle peut enfin échapper à des années de tortures psychologiques et physiques infligées par son époux, il n’en reste pas moins que notre famille n’auront plus de rentrées financières. C’est désormais à mon tour de subir les humiliations et les tortures physiques. A coup de fouet, de ceinturon ma mère me corrige quotidiennement. Ce cauchemar dure durant des mois jusqu’au jour où un accident fâcheux se produit. Décidée à se débarrasser une fois pour toute de moi, elle tente de me noyer dans la salle de bain. Me débattant de toutes mes forces, je parviens à me libérer mais ma tête vient heurter le bord de la baignoire. Le coup est si violent qu’une partie de la peau de mon crâne est arrachée, dévoilant alors la cervelle d’or que j’ai entraînée avec moi lors de ma métamorphose en humain. Ma mère y voit alors une chance de retrouver notre train de vie et notre statut d’autrefois. L’idée même que ma mère puisse arracher mon bien le plus précieux est insupportable aux yeux de ma sœur. Lucille décide d’intervenir avant que ma mère ne mette au point son terrible projet. Un soir, alors que ma mère prend son bain, ma sœur va la rejoindre une hachette à la main. Sans prendre le temps d’écouter ses supplications, elle lui enfonce la hachette en plein milieu de sa tête.

Ainsi commence notre nouvelle vie. Nous nous protégeons et profitons enfin d’un peu de paix et d’amour dans nos vies. Ma passion pour la science devient très rapidement mon seul intérêt. Je souhaiterais poursuivre mes expériences d’autrefois, pouvoir faire découvrir au monde entier l’étendue de mon génie. Mais je ne peux développer mes inventions sans argent. Lorsque je partage mes inquiétudes avec Lucille, cette dernière trouve une solution toute faite. Pour elle, il est impensable que je puise dans ma propre intelligence pour réaliser mes rêves. Elle m’expose alors son plan. Il nous faudra trouver une riche héritière que j’épouserais. Puis lorsque les papiers de l’héritage auront été signés, nous l’assassineront.

Nous voilà partis sur les terres d’Europe Notre chemins nous conduit jusqu’à la ville de Milan en Italie. Nous rencontrons lors d’un récital une jeune chanteuse d’opérette du nom d’Enola Scotti. Ce n’est pas véritablement une beauté, sa voix n’a rien d’exceptionnelle mais c’est l’une des plus riches héritières d’Europe. Apprenant à fausser mes sentiments, je lui promets monts et merveilles et parvient à la séduire sans trop de difficultés. Le mariage est donc célébré sans jamais avoir été consommé. Je joue les maris intentionnés alors que Lucille empoisonne jour après jour mon épouse en glissant du poison dans son thé. Il ne faut que quelques mois pour qu’Enola meure et que l’argent nous appartienne désormais. Nous sommes à présent libres de nous construire un avenir. Notre partenariat nous aura encore rapprochés. Lucille et moi devenons officiellement amants. Le plaisir et l’excitation que je ressens lorsque je suis dans ses bras sont puissants, si puissants qu’ils me font oublier les règles de la bienséance et de la morale. Nous passons ainsi de nombreuses nuits ensemble jusqu’au jour où Lucille tombe enceinte. Je n’ai jamais vu ma sœur aussi radieuse qu’en ce temps-là. Les yeux pétillants et le sourire aux lèvres, elle prépare la venue de ce bébé. De mon côté, je garde quelques réserve vis-à-vis de cette grossesse. Quelque chose me laisse entendre que cet enfant ne devrait pas venir au monde. Mes doutes se confirmeront avec le temps.La nature à des lois qui ne peuvent être brisées et notre amour illicite donnera naissance à un fils maladif et difforme. Le petit garçon si faible et si chétif ne pourra survivre que quelques temps. Est-il donc juste de le laisser autant souffrir alors qu'il est condamné ? Je prends alors la terrible décision d'abréger ses souffrances. Un soir alors que cette chose est endormie, je l'étouffe dans son sommeil. Lucille ne se doute de rien. Je fais passer sa mort pour une simple mort subite du nourrisson. La mort de cet enfant plonge Lucille dans une très grave dépression. Son monde s’est effondré et elle se referme sur elle-même. Elle refuse que je la touche, elle ne répond plus à mes questions. Elle passe des heures à jouer du piano sans en bouger jusqu’à ce que ses mains en saignent. Lorsqu’elle sort de sa coquille ce n’est que pour se livrer des excès de rage qui la pousse à détruire tout ce qui se trouve sur son passage ou à se faire elle-même du mal. Les semaines passent et l’état de Lucille s’aggrave de jour en jour. Je n’arrive plus à le supporter ma culpabilité et cet environnement va finir par me rendre fou.

Un soir, je quitte le manoir familial pour me rendre en ville où une grande fête est célébrée par mes collègues scientifiques. La fête est splendide et le faste de cette merveilleuse soirée me permet de m’éloigner de mes problèmes d’autrefois. J’étais pourtant bien loin de m’attendre à ce qu’elle m’offrirait. Une vision enchanteresse apparait alors devant moi. Cette délicieuse nymphe au doux regard marron et aux jolies bouclettes blondes se nomme Edith Cushing. Epoustouflé par la beauté ce cette femme, je ne peux prononcer un mot. Pas même lorsque cette dernière se décide à m’aborder. Les choses de l’amour n’ont jamais été faciles pour moi. J’ai soudainement de la peine à trouver mes mots et ne peux m’empêcher de rougir. Edith sourit alors, amusée par le fait qu’elle soit la seule à avoir réussi à me boucler littéralement le bec. Ingénue, c’est donc elle qui me propose notre première danse. Cependant, la sentir si proche de moi me fait perdre toute appréhension. Je passe toute la soirée à danser entre ses bras, profitant de cet avant-goût de paradis qu’elle me fait vivre. Puis lorsque les violons se taisent enfin, mon bel ange s’en va non sans avoir déposé un premier baiser discret sur mes lèvres.

Lorsque je retrouve Lucille ce soir-là je ne peux m’empêcher de penser à Edith. Elle est tout ce que Lucille n’est plus. Belle, assurée pleine de charme et de grâce. Je décide donc de la revoir et je commence à passer beaucoup de temps avec elle. Bals, pique-niques improvisés, balade en calèche se succèdent tandis que nos sentiments grandissent et que nos corps d’apprivoisent. Puis, un soir, notre passion nous amène à consommer notre amour charnellement. Edith est ma première véritable histoire d’amour et je ne peux désormais envisager ma vie sans la partager avec elle. Mais le bonheur ne dure qu’un temps. En effet, ma sœur s’inquiète de mes longues absences répétées et de mes silences impassibles. Elle finit par découvrir notre correspondance amoureuse et enflammée. Très agacée par cette situation, Lucille ne laisse cependant rien paraître. Très compréhensive lorsque je lui explique ma situation, elle me propose d’inviter Edith afin de faire sa connaissance. Tout d’abord méfiant, je me prends à croire aux paroles de Lucille.

Le soir-même, nous retrouvons tous les trois, partageant un bon dîner. Tout semble se passer à merveilles mais ma joie et de courte durée. Après m’être absenté quelques minutes après le dessert je rejoins les deux femmes. Un spectacle terrifiant se déroule alors devant mes yeux. Edith est écroulée sur le sol, suffoquant et crachant du sang. Lucille quant à elle se tient devant elle, un sourire diabolique aux lèvres. Elle lui crie toutes sortes d’insultes lui déclarant que je suis à elle et qu’elle ne laissera jamais une autre femme m’éloigner d’elle. Je réalise alors que Lucille l’a empoisonnée. Sans même adresser un regard à ma sœur, je me précipite vers Edith et la saisit dans mes bras. Je l’entraîne dans ma chambre, refermant la porte à clé derrière moi. Je lui fais prendre l’antidote que j’ai créé pour protéger les éventuelles victimes de Lucille. Je reste à ses côtés toute la nuit à m’occuper d’elle, priant pour qu’elle se rétablisse. Cet incident me fait réaliser à quel point Lucille peut s’avérer dangereuse et machiavélique. Dévorée par la haine et la soif de sang, son âme s’est noircie et sa folie semble irréparable. Il doit pourtant exister un moyen de la sauver d’elle-même. A cet instant je me promets que je trouverais la solution, je la sauverais de sa folie tout en me sauvant de la mienne.

Fort heureusement, Edith s’est sortie de cet incident. Tout en me déclarant que cet incident ne change en rien ses sentiments pour moi, elle me supplie de renoncer à ma vie pleine de secret. Elle prétend que nous pourrions vivre heureux ensemble loin de ma sœur et loin de cette vie que je lui propose. Si seulement cela pouvait être vrai ! Cependant, je refuse de laisser Lucille seule face à sa propre détresse. Ce serait trahir mes engagements ! Avec tristesse, je regarde donc Edith s’en aller. Notre histoire n’est cependant pas terminée. Quelques semaines plus tard, je rencontre le père d’Edith. Lord Cushing m’apprends une nouvelle qui va bouleverser ma vie. Edith est enceinte ! Suffisamment franc pour me déclarer qu’il n’apprécie pas notre famille, il me confie ses crainte de voir sa fille couverte de honte avec une réputation de fille-mère. J’aime sincèrement et profondément Edith et je serais prêt à assumer mes responsabilités paternelles. Il me propose alors un marché. Je pourrais épouser Edith contre l’internement de Lucille, qui est selon lui la source de tous nos problèmes. A ce moment-là, je suis absolument choqué par ce marché odieux qu’il me propose. Je devrais trahir ma sœur, l’arracher à tout ce qui fait sa vie pour l’envoyer dans un de ces mystérieux établissements. Comment pourrais-je la trahir ainsi ? Cependant, rester dans le manoir familial ne le permettra jamais de guérir. Un encadrement plus professionnel que celui que je peux lui offrir, lui permettrait de retrouver son équilibre. Le cœur gros, j’accepte le marché proposé par mon futur beau-père.

Le soir-même, Lucille est emmenée par une équipe de médecins vers sa nouvelle résidence. Craignant que ma sœur ne vienne un jour à nous retrouver, nous décidons Edith et moi de partir de cette ville maudite pour rejoindre la capitale londonienne. Pour plus de sécurité, nous faisons une croix sur notre vie passée ; notre identité, nos relations les plus précieuses… tout nous sera enlevé.
Cependant, avant de dire au revoir à sir Thomas Sharpe, je rejoins Lucille pour lui faire mes adieux. Je lui promets d’être toujours là pour elle et que je trouverais une solution pour la guérir. A partir de cet instant, je ne me bats plus seulement pour combattre la folie qui m’habite, je me chargerais également de celle qui a détruit la vie de ma sœur bien-aimée.




Histoire
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They created a monster
I hate what I have become

Trois années ont passées depuis que j’ai refermé définitivement les portes d’Allerdale Hall. Le nom de Henry Jekyll que j’ai adopté raisonne aux oreilles de tous comme celui d’un médecin reconnu et d’un pionnier en matière de psychiatrie. Je pratique mon art avec passion au sein-même de la communauté scientifique londonienne. Mes théories sur l’esprit humain attisent la curiosité de nombreux collègues. J’aime cette sensation de pouvoir être entendu et compris. C’est un sentiment que je n’ai jamais connu auparavant. Pourtant aujourd’hui, au moment d’exposer mes nouvelles théories, je ressens une très grande réserve de la part de mes condisciples. Me tenant debout devant une grande assemblée, j’expose avec détermination les tenants et les aboutissants de ma nouvelle expérience.

« L’exploration de l’esprit humain m’a permis de parvenir à une conclusion. Il existe en nous deux natures distinctes ; l’une conforme aux règles élémentaires de notre société, l’autre obéissant à ses instincts les plus primaires. Si nous parvenons à séparer la seconde nature de l’autre, nous pourrons éradiquer les maux de la société que sont la folie et le crime. Comme vous pourrez le constater dans les dossiers qui vous ont été transmis, j’ai déjà obtenu des résultats satisfaisant sur les animaux. Il me faut maintenant franchir une nouvelle étape en testant cette drogue sur des êtres humains. »

Les désapprobations ne se font pas attendre. Les membres du conseil hospitalier ne sont pas capables de comprendre que l’on puisse considérer les êtres humains comme de vulgaires cobayes de laboratoire. Pour un manchot ayant passé son enfance à être traité ainsi la remarque et tout d’abord vexante. Mais il y a pire ! Le conseil refuse de me voir poursuivre de telles expériences et me menace de me renvoyer de l’hôpital si je venais à franchir cet interdit. Me voilà donc seul avec dans les mains un véritable miracle capable de changer l’humanité et qui pourtant, ne profitera jamais à personne. Un instant j’hésite à quitter définitivement l’hôpital et me débarrasser de ces conservateurs à l’esprit étriqué. Cependant, je ne peux me priver de ces précieux appuis ou prendre le risque de mettre en danger ma famille.

Heureusement, j’ai la chance de pouvoir vivre dans une famille harmonieuse. Lorsque nous nous sommes installés dans la capitale londonienne, nous étions privés de tout. Edith qui à présent avait changé de nom pour celui de Doris Eva Jekyll, avait accouché d’un magnifique garçon en pleine santé. Notre petit Joseph faisait notre fierté et renforçait chaque jour la force de notre amour. Malheureusement nous n’avions pas beaucoup d’argent. Je souhaitais tellement leur offrir la vie qu’ils méritaient mais je n’en avais hélas pas les moyens. Tout du moins c’est ce que je croyais. Et puis un jour, Doris passant avec amour ses doigts dans mes cheveux découvrait le secret de la cervelle d’or. Pourquoi ne pas se servir d’un morceau pour payer notre maison et assurer une bonne éducation pour Joseph ? Je paie donc de ma personne pour offrir les plus beaux des refuges au grand amour de ma vie. J’en arrache encore une lorsque nous achetons vêtements et jouets pour Joseph. Rien n’est trop beau pour ma belle aux yeux de velours. J’obéis à tous ses caprices et dilapide ma cervelle en leur offrant des cadeaux somptueux. Nous écoulons des jours heureux dans la bonne société londonienne. Notre ancienne vie éradiquée, personne ne remet en doute nos origines et nous ne nous en plaignons pas.

Cependant un jour, la vérité me revient en pleine figure. Je participe un jour à une visite de Bethlem Royal Hospital, hôpital réputé dans les soins psychiatrique de Londres. Ma surprise est alors complète lorsque je découvre parmi tous les visages des patients celui de ma sœur Lucille. Cette vision me remplit d’horreur ! Les yeux vitreux, le corps squelettique, elle est dans un tel état de faiblesse que j’ai de la peine à la reconnaître. Je ne suis d’ailleurs pour elle plus qu’un étranger. La culpabilité s’empare alors de moi. J’ai honte de la voir finir dans cette prison où les patients sont si mal traités. J'ai honte d'être responsable de son état. Si je n'avais pas tuer notre enfant, jamais Lucille n'aurait vécu cette dépression. Je me promets alors de m’occuper d’elle à nouveau en devenant son psychiatre. Sans révéler ma véritable identité, je lui rends visite très souvent prétextant que son cas m’intéresse particulièrement. Soigner Lucille devient alors une obsession et je m’éloigne de ma famille. Lorsque Doris me pose des questions sur ce fameux patient mystère, je lui invente une histoire afin qu’elle ne se doute de rien. Finalement, ma volonté de guérir Lucille me conduit à vouloir la faire sortir de cet hôpital. Afin de mener mon expérience dans de bonnes conditions, j’arrive à convaincre le directeur de l’établissement de la faire sortir. Déterminé à protéger ma famille, j’emmène Lucille à Allerdale Hall et m’éloigne de Londres. Edith n’est cependant pas dupe et une visite dans mon bureau lui fait réaliser à quel point Lucille m’obsède à nouveau. Elle finit alors par me poser un ultimatum, renoncer à ce projet ou perdre ma nouvelle famille. Je ne peux abandonner Lucille une seconde fois et je m’éloigne donc de ma famille le cœur lourd.

Une fois au manoir, je démarre la thérapie résolu à prendre tous les risques pour la soigner. La thérapie porte ses fruits. Je vois Lucille reprendre goût à la vie, ses violentes crises s’estompent et elle semble avoir retrouvé son calme et sa sérénité d’antan. Je suis ravi de retrouver la sœur que je croyais avoir à jamais perdu. Peu à peu, je me laisse prendre à mon propre jeu et renoue volontiers avec mon bonheur passé. Ce n’est que lorsque Lucille pose pour la première fois ses lèvres sur les miennes que je commence à me poser des questions sur ses attentes me concernant. De plus, un courrier inquiétant venant de Londres m’informe que mon épouse a subit différents accidents depuis mon départ. Je connais ma sœur depuis des années et une idée me traverse alors l’esprit. Et si Lucille avait commandité ces incidents ? Choisissant de faire tomber ma sœur dans son propre piège, je la rejoins dans son lit déterminé à découvrir la vérité. Son discours et ses sentiments finissent par la tromper et elle me révèle absolument tout. Saisissant alors la gravité de la situation, je choisis de rejoindre ma famille. Abandonnant Lucille à son propre sort, je prends mes affaires et l’abandonne définitivement sans me retourner. Je retrouve ma femme blessée et en état critique. Je la soigne alors, rallumant jour après jour la flamme qui nous unissaient auparavant. Notre vie de famille reprend son court et j’abandonne mes expériences durant un temps, profitant de ces heures bénie que je passe avec ma famille.

Deux années supplémentaires  passent. Joseph continue à faire notre bonheur et notre fierté. Il grandit en sagesse et en intelligence et possède les traits charmants de sa mère. Nous passons ensemble chacun de nos instants libres. Me voilà encore une fois obligé de sacrifier ma cervelle pour faire le bonheur de mon enfant. Un jour, alors que ma cervelle a été réduite de moitié, nous nous promenons dans le parc zoologique de la ville. Joseph tout excité s’arrête devant un enclos en me montrant les animaux du doigt.

« Papa regarde comme ils sont mignons ces manchots ! Tu sais il paraît que ce sont des animaux très sociaux. Ils restent toujours ensemble quoiqu’il arrive ! »

L’écho de la voix de Skipper raisonne subitement à mes oreilles « Tu ne nageras plus jamais seul ! ». Ce souvenir me fait soudainement réaliser que j’ai trahis la confiance de mon ami. J’ai oublié la promesse que je lui avais faite. Je lui avais promis de faire disparaître ce monstre en moi. Maintenant que j’ai dilapidé la moitié de mon cerveau, que reste-il de Kowalski ? Décidant que mes jeux doivent cesser, je reprends mes études. Je me coupe totalement du monde sous les regards inquiets de ma femme et de mon fils. Cet acte désespéré n’est que le début de ma descente aux enfers. Mes expériences sur la psyché recommencent alors. Condamnés à devoir les accomplir avec une intelligence amoindrie, je crée des drogues qui pourraient permettre d’endormir ce côté néfaste de ma personnalité. Toutes ces années passées dans le confort d’un foyer auront fait disparaître mes anciens patients. Les remèdes ne semblant pas adaptés aux animaux, je prends la lourde décision de les tester sur moi-même. Mes expériences semblent tout d’abord être un succès. En réalité, il n’en est rien. Plutôt que d’endormir ce mauvais côté de ma personnalité, semble au contraire les avoir séparés. Si bien que lorsque j’en absorbe, mon mauvais côté s’approprie mon corps en totalité. Il est à présent une personne propre et se présente à la communauté sous le nom d’Edward Hyde. Chaque nuit, je m’injecte mes médicaments sous formes de piqures. Chaque nuit, je me livre à des atrocités dont je n’ai même pas conscience. Mes démons intérieurs se vengent de les avoir privé de ce plaisir de parvenir à me contrôler. Le fait le plus effrayant est que j’aime me retrouver dans cet état, étranger à tout sentiment de culpabilité et à toute moralité. Comme il est doux de pouvoir s’abandonner dans les bras d’inconnues de passage, d’entendre mes ennemis me supplier de leurs laisser la vie sauve, de goûter aux milles et uns plaisir que seule la drogue peut procurer. Je ne plus me passer de ce sentiment d’extase et ces produits deviennent une addiction. Mes tests détruisent peu à peu tout ce qu’il y a de bon en moi. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même et je n’éprouve plus de sentiments pour personne. Mes brefs moments de sommeil sont hantés par mon autre personnalité qui se gausse de ma naïveté et à mon addiction pour ces remèdes qui resteront à jamais inefficaces. Après des mois de tests, je commence à me haïr et à me répugner. Comment puis-je prendre plaisir à tant de crimes abjects ? Il faut que cela cesse et le plus tôt, il faut que je coupe la tête de ce serpent avant qu’il ne m’entraîne dans les abysses.

Un soir, le soir le plus sombre de toute ma vie, ce démon vient me rejoindre sous mon ancienne forme dans mon sommeil. Il me fait alors comprendre que si je veux un jour être heureux, il me faut le détruire. D’après ses dires, ma seule chance serait de pouvoir l’attraper cette nuit avant qu’une autre piqûre ne me détruise totalement. Me voilà donc somnambule, en train de déambuler dans toute la maison pour essayer de l’attraper. Après une course effrénée, le voilà enfin à ma portée. Je serre alors sa tête de toute ses forces entre mes mains, riant à en perdre haleine, heureux d’avoir enfin pu exercer ma vengeance sur lui. Ce n’est que lorsque j’entends le cri d’horreur de ma femme que je reprends soudainement conscience. Je me rends alors compte que la tête du manchot que je croyais tenir entre mes mains était en réalité la gorge de mon fils. Il est désormais trop tard. J’ai assassiné mon fils tout comme par le passé j’avais tué Skipper et Private. Désespéré, je plonge mon regard dans celui de Doris espérant pouvoir y lire ne serait-ce qu’un soupçon de compassion. Rien n’y fait. Elle ne voit plus que le monstre en moi ! Je regarde alors ma femme se précipiter au dehors de notre maison, les yeux pleins de larmes. Saisissant aux hasards quelques affaires, elle monte dans la première calèche qu’elle trouve en espérant s’éloigner le plus loin possible de moi. Je n’ai pas bougé ! Je n’ai pas tenté de la retenir ! Me voilà à nouveau seul dans cette grande maison, le cadavre de mon fils pour seule compagnie. Une fois de plus, il m’a volé tout ce que je possédais de plus cher ! Je décide alors de l’affronter enfin face à face en me plaçant devant un miroir.

- Ne comprends-tu donc toujours pas ? Tu m’appartiens ! Tant que tu tenteras de construire une vie qui t’éloigne de moi je te traquerais. Je t’aime Kowalski et je veux te garder rien que pour moi !

- Non je ne l’accepterais jamais. Sors de ma tête, va-t’en et fiche moi la paix une bonne fois pour toutes !

Jetant un œil vers la fenêtre la plus proche, je souris enfin ! Je sais de quelle manière je vais me débarrasser de lui ! Je me précipite vers le balcon mais cette personnalité a encore trop d’incidence sur moi. Elle me plaque au sol et m’empêche de me relever. Me voilà donc en train de me débattre avec moi-même tentant de me rapprocher de toutes mes forces de la fenêtre. Un dernier regard vers le corps sans vie de Joseph me donne suffisamment d’énergie pour faire ce qui est juste.

- Je vais faire ce que j’aurais dû faire depuis des années. Adieu mon fils, je t’aime !

Je me relève et ouvre la fenêtre. M’accrochant à la balustrade du balcon, je l’escalade avec peine et grimpe sur cette dernière. Pourtant je me retrouve fauché en plein élan. Incapable de faire le moindre mouvement je regarde l’étrange spectacle qui se déroule devant mes yeux. Une épaisse fumée noire, bien plus sombre que la nuit qui l’entoure s’approche de moi à une vitesse folle. Quel est cet étrange maléfice ? D’où vient-il et pourquoi s’étend-il sur toute la ville ? Est-ce un signe de ma fin prochaine, le jugement dernier qui vient frapper à notre porte ? Je l’ignore mais quoique cette chose puisse être, elle ne pourra que combler mes désirs de mort prochaine. Edward Hyde semble s’être étrangement tu, comme si lui-même craignait cette chose. J’étends alors mes bras au-devant de moi en souriant. Priant pour que ma vie se finisse enfin.




Keep smile and wave. boys!
This world is just an illusion !

- Je suis très satisfait de vos résultats, Mr Kandinski. Votre dernière analyse psychologique montre que vous êtes pratiquement rétabli.

Assis dans un bureau au mur d’un blanc immaculé, vêtu en tout et pour tout d’une longue blouse bleue, je ne prête qu’une attention distante aux propos tenus mon psychiatre. Ils prétendent que je suis interné ici depuis 6 mois, moi il me semble que cela fait une éternité. Je ne me rappelle avoir parcouru les rues de ma propre ville. A quoi ressemblent les habitants de la ville ? Je suis incapable de m’en souvenir. Est-ce que j’ai des amis ou des ennemis qui m’attendent au dehors ? Je ne le sais pas. Est-ce bien naturel ? Les médecins disent que mon amnésie est un effet secondaire de la prise de mes médicaments. Ils prétendent que tout ira mieux une fois que je serais sorti d’ici. Est-ce vraiment la réalité ?

- Vous n’avez plus fait de crises d’anxiété depuis des semaines et vous semblez avoir maintenant repris parfaitement conscience de la réalité qui vous entoure. C’est une excellente chose ! le traitement semble avoir été plus qu’efficace.

Pourquoi m’a-t-on interné déjà ? Mon psychiatre parlait d’hallucinations et de délires paranoïaques. Suis-je donc devenu complètement fou ? C’est bien possible. Tout est embrouillé dans ma tête. Je ne me rappelle que du vacarme assourdissant de coups de feu, des cris de douleur d’hommes blessés, de l’odeur envahissante de la poudre à canon et de la chair brûlée… C’était la guerre je crois. Oui une des infirmières m’a parlé de mes actions victorieuses en Irak et en Afghanistan. Je suis donc un soldat ! Un soldat des plus chanceux selon certains d’entre eux. Je serais effectivement le seul survivant de mon unité. Est-ce donc pour cela que je n’ai pas d’amis qui viennent me rendre visite ? Sont-ils tous morts au champ d’honneur ?

Mais si maintenant que j’y pense. J’ai un ami. Un homme de mon âge qui vient souvent me rendre visite dans ma cellule… Edward… c’est le nom qu’il m’a donné lorsqu’il s’est présenté à moi. C’est un homme d’assez belle allure. Il porte des cheveux noirs mi-longs et à toujours le sourire aux lèvres. Sa présence à mes côtés me rassure, il semble me connaître depuis toujours. Cependant, depuis quelques temps, il semble s’éloigner de moi. Je ne le vois plus que de manière fortuite et très souvent lorsque les médecins ne sont pas là. Mon ami m’a révélé un jour que le personnel soignant ne souhaitait pas qu’il puisse me revoir. N’ont-ils donc pas compris qu’Edward est la seule personne capable de me rassurer, de me rendre heureux ? Pourquoi s’acharner à nous séparer ?

Mon psychiatre m’a souvent déclaré qu’Edward n’existe pas, que tout cela n’existe que dans ma tête. Que peut-il bien en savoir ? Je l’ai vu moi aussi bien que je vois mon praticien en cet instant. Pourtant il refuse de me croire et cherche à me faire démentir cette évidence. Quant à mon traitement… C’est bien simple ! Je ne me rappelle pas avoir un jour autant souffert dans ma vie. Des médicaments de toutes les couleurs, des aiguilles s’enfonçant douloureusement dans ma peau, des électrochocs d’une puissance inimaginable. Suis-je donc leur patient ou leur cobaye ?

Alors que mon docteur me parle de l’évolution miraculeuse de ma « maladie », je tourne mon regard vers la tour de l’horloge. Cette maudite horloge qui se moque de moi en me rappelant l’éternel rituel auquel je suis soumis tous les matins. 8h15 ! C’est l’heure à laquelle je dois supporter les séances de avec mon psychiatre. Cependant une chose me semble étrange ce matin. L’horloge n’affiche plus 8h15. Non il est exactement 8h30 lorsque j’y jette un coup d’œil. Un petit détail sans importance venant troubler mes petites habitudes. Je ne me doute pas encore que le discours de mon médecin va également changer du tout au tout.

- Mon cher Marvin, je crois qu’il est grand temps pour vous de vous réinsérer dans la société.
- Vous… vous voulez dire que je suis libre à présent ?
- N’est-ce pas une grande nouvelle. Oh bien sûr il faudra que nous poursuivions nos séances quotidiennes et je demanderais au docteur Hopper de vous rencontrer également régulièrement. Mais oui vous allez pouvoir retourner chez vous.

Un miracle ! C’est un véritable miracle qui vient de se produire. Je suis enfin libre ! Je vais pouvoir quitter cette prison, cet enfer qui me retient prisonnier depuis des mois. Le jour de ma libération, je regarde la ville qui s’étale autour de moi. Jamais encore le soleil ne m’était apparu si brillant, jamais encore je n’avais croisé autant de visages souriants qu’aujourd’hui. Je suis enfin libre. Oui mais que vais-je devenir ? Je ne sais rien faire de mes dix doigts et les journées vont me sembler bien longues sans occupations aucune. Je mets alors en route quelques petits projets personnels. Durant quelque mois, je rencontre les gens de ma ville et me fais de nouveaux amis. Je ne croise jamais la route d’Edward et j’avoue m’inquiéter de son absence. Je me suis rendu plusieurs fois à son domicile pour entendre le gardien d’immeuble me répondre continuellement que les personnes qui habitaient cet endroit ont déménagés depuis longtemps. Je ne le reverrais donc jamais ? Heureusement je croise sur ma route des personnes fantastiques dont je deviens rapidement très proche. Les visites à mes amis ne sont pas mes seuls passe-temps. J’ai toujours rêvé de posséder ma propre maison et je commence donc la restauration d’une vieille maison laissée à l’abandon. Je suis particulièrement doué en bricolage. Les jours s’écoulent ainsi heureux et insouciants jusqu’à ce que la malédiction qui entourait Storybrooke ait été rompue.

Pouvez-vous imaginer l’horreur qui présente à moi lorsque tous mes souvenirs refont surface ? Tous les cadavres dissimulés dans mes placard, mon souvenir de la vraie nature d’Edward mon pire ennemi qui m’aura berné durant des années… Je me rappelle des noms de toutes ces personnes que j’ai aimés et que j’ai trahi ou assassiné… Skipper… Private… Anastasia... Joseph… Doris… ! Le jour où la malédiction a été rompue aura été le pire de mon existence ! Si seulement il m’était possible d’oublier à nouveau tous ces malheurs. Mais cela m’est impossible ! Il me faut apprendre à vivre avec cette douleur que j’ai tenue éloigné durant les 28 années de ma vie passée dans cet hôpital !

Alors que je pensais avoir enfin pu m’intégrer dans cette ville, il faudra que je reprenne tout à zéro ? Quelle cruelle injustice ! Pourtant l’espoir d’une rédemption n’a pas quitté mon cœur. Je désire par-dessus tout me racheter de mes fautes passées et éradiquer ce monstre vivant à l’intérieur de mon esprit. Je décide alors de reconvertir la maison que je rénovais pour en faire un magasin de jouets. Une boutique où des enfants aussi perdus et tristes que je l’étais dans mon enfance pourraient y chercher ce qu’ils désiraient tous, un ami imaginaire. Je crée donc des robots selon leurs désirs capables d’interagir avec eux. Honorant la promesse que j’avais faite à Skipper il y a de cela des années, je conserve une amitié de façade avec Raspoutine tout en veillant au bonheur et à la protection de ma princesse  adorée, Anastasia, que j’ai pu retrouver à Storybrooke à ma plus grande joie.

Les mois passent et une ombre règne à présent sur la ville. La criminalité et les crises relationnelles se multiplient de manière dramatique. Je finis moi-même pas céder à mes propres pulsions. L’envie de me jeter à corps perdus dans mes expériences passées refait lentement surface. Je créer de nouvelles armes et de nouvelles inventions destructrices dont les plans sont envoyés dans la plus grande clandestinité à l’armée américaine. Je succombe à nouveau à mon addiction. Je veux renouer avec Edward. Le laisser ressurgir à nouveau et le laisser se livrer à ces plaisirs sadiques. Je conçois à nouveau cette potion qui cause ma perte par le passé. Je sais que je ne devrais pas le faire mais je me sens trop faible pour résister à la tentation.

Que va-il advenir de moi maintenant ? Quel enfer la jolie ville de Storybrooke s’apprête-elle à vivre ? Je tremble d’horreur à l’idée que mes penchants deviennent obsessionnels au point que j’en vienne à mettre la vie de mon Anastasia en danger.





Dernière édition par Marvin E. Kandinski le Dim 1 Nov - 23:16, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Dim 20 Sep - 11:49

Comme t'es sexy comme pingouin Potté
Contente de te revoir par ici monsieur super intelligent :D
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Dim 20 Sep - 19:44

Merci pour ton message de bienvenue Neïlina !!!

Le changement de forum m'aura permis de passer de Matthew à Tom... c'était peut-être pas une si mauvaise chose finalement ;)

C'est que j'y tenais à ce perso et e voudrais vraiment voir ce qu'il pourrait donner sur le forum. On verra bien !

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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Dim 20 Sep - 22:26

Dire que je ne suis pas encore passée par ici ! xD
Bienvenue parmi nous, monsieur qui aime les orgies ! Gangnam
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Dim 20 Sep - 22:37

Merci Dag' pour ton accueil !

Pense à ce que je t'ai dit à propos d'agrandir tes parts de marché ;)
(Rappelle-toi surtout que c'est moi qui est suggéré l'idée, on se partagera les bénéfices)
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Lun 21 Sep - 0:04

HAN, et j'suis même pas venue pour te dire bienvenue !
Donc voilà, bienvenue petit pingouin, j'espère que tu te plairas parmi nous Hehe

_________________

je n'ai vu que des ombres. Des ombres géantes à perte de vue et une tempête de flocons noirs. Une neige noire qui recouvre progressivement mes mains, puis mes bras écartés. Des roses rouges semblent pousser tellement le sang gorge la poudreuse. © caius
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Lun 21 Sep - 7:52

Bienvenue à toi. J’aime beaucoup le bouquet de personnage. L’homme à la cervelle d’or... Je suis curieuse. Au risque de passer pour une teubé, c’est une histoire qui existe ou tu l’as inventé ?

En tout cas courage pour ta fiche, vu ce que j’ai fais défilé, c’était du boulot ;)

_________________
Je n’ai eu que mensonges et enclaves. J’aurais du être une princesse et désormais c’est ainsi qu’on me traitera. Trop blessée, il est parfois difficile d’être sincère avec ses propres sentiments, même face à son enfant. ▵ ©endlesslove.
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Lun 21 Sep - 21:02

Merci beaucoup pour votre accueil mesdames ! :)

Elsa
Pourrais-tu au petit pingouin un laboratoire tout en glace comme cadeau de bienvenue ? Please

Briar-Rose
Je te remercie pour ce joli compliment. Pour le petit point culture, l'homme a la cervelle d'or existe bel et bien. C'est une nouvelle assez tragique d'Alphonse Daudet que j'aime beaucoup...

C'est vrai que j'ai passé pas mal de temps à fignoler ma fiche ! J'espère vraiment qu'elle vous plaira :)
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Lun 21 Sep - 21:31

Oh honte à moi je n'étais pas passée sur ta fiche ! Bref, super contente de te revoir par ici, et je ne te vais pas te dire bon courage pour ta fiche vu que tu l'as déjà terminée. Par contre, je suis du même avis que les filles, je suis fan du feat choisi en tout cas bienvenue parmi nous et on s'occupe très rapidement de ta fiche Hug
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   Lun 21 Sep - 22:33

Merci beaucoup Emma pour ton message et merci d'avoir bien voulu donné une deuxième chance à Marvin... Bisou

Je suis super contente d'être de nouveau parmi vous en tout cas ! C'est cool d'avoir pu réserver Tom pour mon vava (c'est tout à fait comme ça que j'imaginais mon Marvin)... J'espère que le perso finira par vous plaire autant que le feat ! Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"   

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Marvin E Kandinski "Welcome in a world in black and white"
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